participation de la société civile

 

  • #UN75 : « Le système est lent et pas du tout agile »

    yolette etienneL’an 2020 marque 75 ans depuis la fondation des Nations Unies (ONU). CIVICUS s'entretient avec des militants, des défenseurs et des praticiens de la société civile sur le rôle que l'ONU a joué jusqu'à présent, les succès qu'elle a obtenus et les défis à venir. CIVICUS en parle avec Yolette Etienne, directrice nationale d'Action Aid en Haïti.

    Dans l'ensemble, quels seraient, selon vous, les plus grands succès de l'ONU en 75 ans d’histoire ? Pourriez-vous citer un exemple en 2019 où l'ONU a fait une différence positive ?

    Parmi les plus grands succès de l’ ONU on pourrait souligner la Déclaration Universelle des Droits Humains en 1948 ; le support aux processus de décolonisation en Afrique et en Asie ; la participation aux accords de paix ; avec une certaine réserve, le déploiement des opérations de maintien de la paix ; l’élaboration des traités sur le contrôle du nucléaire et des armes conventionnelles ; l’établissement de la Cour Internationale de Justice et la Cour Criminelle Internationale ; la mise en place de la Commission sur la Condition des Femmes (CSW) et la création de ONU Femmes pour la promotion de l’égalité. Leur existence, et peut être pas leur impact, est un succès.

    Dans cet ordre d’idées il faut aussi noter l’existence de la Convention sur la Diversité Biologique. De façon générale il y a eu beaucoup d’initiatives porteuses de transformations et reconnaissant le droit au développement, majoritairement situées avant les années 90, comme c’est le cas du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.

    En 2019, il faut souligner le caractère positif de la forte position de l’ONU pour alerter le monde sur la crise de la nature et du climat.

    Quelles choses ne fonctionnent pas actuellement et doivent changer ? Connaissez-vous des initiatives de la société civile poussant à ce type de changement ?

    Il y a trop d’agences humanitaires onusiennes et elles consomment trop d’argent - environ 60% du budget humanitaire global. Une autre entité dysfonctionnelle des Nations Unies est le Conseil de Sécurité qui est paralysé à cause du droit de veto des membres permanents.

    Il y a bien eu les efforts du Sommet Mondial Humanitaire pour aborder la réforme globale du système humanitaire avec l’ancien secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, mais qui n’a pas vraiment eu l’adhésion des grands. Je ne connais pas vraiment d’initiatives de la société civile en ce sens mais ce serait bien d’avoir des mouvements de la société civile pour s’attaquer à ces deux situations.

    Quels défis avez-vous rencontrés dans vos interactions avec le système de l’ONU ?

    C’est la même remarque générale en ce qui a trait à la lourdeur et la lenteur. Le système est lent et pas du tout agile. Le plus simple partenariat requiert beaucoup d’énergie pour maintenir l’engagement des agences, sans parler de la bureaucratie paralysante.

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