Balkans

 

  • LGBTQI Rights in the Balkans: A Perpetual Struggle

    By Mawethu Nkosana, Crisis Response Fund Administrator at CIVICUS

    Romanian Adrian Coman and his American-born partner Clai Hamilton had two major reasons to celebrate when they tied the knot last June. One of course, was their marriage. The other was the historic legal victory they scored when their case before Court of Justice of the European Union (CJEU) led to the recognition of same sex marriage for the purpose of freedom of movement in the European Union (EU). The case, challenging current law, represented a significant victory for LGBTQI rights, in particular in Eastern Europe.

    Read on: Inter Press Service

     

     

  • MIGRATION : « La propagation du COVID-19 n’est pas une excuse pour traiter les personnes vulnérables avec plus de violence »

    CIVICUS s’entretient avec Maddalena Avon, coordinatrice de projet au Centre d’études sur la paix (CPS), sur la situation des migrants et des réfugiés en Europe dans le contexte de la pandémie et sur la manière dont la société civile répond à la pression croissante des gouvernements européens hostiles aux frontières.

    Le CPS est une organisation de la société civile (OSC) qui promeut la non-violence et le changement social par l’éducation, la recherche, le plaidoyer, les campagnes et l’activisme. Fondée en 1996, elle travaille dans trois domaines : l’asile, l’intégration et la sécurité humaine ; l’éducation à la paix et l’affirmation de la non-violence ; et la lutte contre les inégalités. Le CPS est un membre actif du Border Violence Monitoring Network, un réseau indépendant d’OSC basé principalement dans les Balkans et en Grèce, qui surveille les violations des droits humains aux frontières extérieures de l’Union européenne et plaide pour la fin de la violence à l’encontre des personnes déplacées.

    Maddalena Avon

    Quelles ont été les principales tendances migratoires en Europe, et plus particulièrement dans les Balkans, pendant la pandémie ?

    Le paysage de l’accès à l’asile a radicalement changé depuis l’entrée en vigueur des restrictions mises en place en réponse à la pandémie. Le Border Violence Monitoring Network (BVMN) avait déjà publié des rapports faisant référence à l’asile comme à un ensemble de droits érodés, mais la procédure régulière pour les demandes de protection internationale a été davantage remise en question dans le contexte de l’urgence sanitaire de ces derniers mois.

    Premièrement, les mesures de refoulement persistantes aux frontières continuent de priver les personnes de l’accès à la protection internationale, les États procédant à des expulsions collectives. Deuxièmement, les décisions gouvernementales de suspendre ou de fermer les bureaux d’asile sans offrir d’alternative ou de recours efficace ont placé les réfugiés et autres migrants dans une situation de flou et de risque de refoulement. De même, la mise en œuvre de mesures anti-COVID-19 a donné la possibilité à des pays comme la Croatie, la Grèce et la Hongrie de restreindre davantage l’accès aux protections garanties au niveau international.

    Au milieu de l’escalade de l’épidémie de COVID-19, l’Union européenne (UE) a lancé son plan d’action conjoint pour les droits humains. Cependant, l’esprit de cette déclaration diverge fortement de la réalité sur le terrain. En particulier, les violations des droits fondamentaux par les États membres de l’UE et les pays tiers qui ont conclu divers accords avec l’UE sur la migration, l’asile et la sécurité des frontières, ainsi que des systèmes de camps financés, se poursuivent. Au lieu d’aider les communautés vulnérables en cette période de précarité, les politiques et les réglementations ont permis le renforcement des frontières de la plupart des États membres, ce qui a eu pour effet d’éroder encore davantage les droits à l’asile, à des procédures régulières et à un traitement humain.

    Selon un récent rapport du BVMN, en mars et avril 2020, la Slovénie a connu une diminution du nombre de franchissements irréguliers de la frontière par rapport aux deux premiers mois de 2021 et à la même période en 2019, ce qui s’est traduit par un nombre beaucoup plus faible de personnes détenues dans les postes de police en raison de franchissements irréguliers de la frontière. Toutefois, le nombre d’expulsions collectives vers la Croatie est resté constamment élevé. Début 2020, pendant l’épidémie de COVID-19 et les restrictions qui ont suivi, la Slovénie a continué à refuser systématiquement le droit d’asile et a utilisé son accord de réadmission avec la Croatie - qui l’autorise à remettre des personnes à la police croate s’il existe des preuves qu’elles ont franchi illégalement la frontière au cours des dernières 48 heures - pour expulser un grand nombre de personnes, bien que l’accord de réadmission ne s’applique pas si la personne a demandé l’asile ou est un demandeur d’asile potentiel. Elle a continué à le faire en pleine connaissance du risque élevé de torture et de nouvelles expulsions illégales vers la Bosnie-Herzégovine.

    En Croatie, comme ailleurs, la pandémie a changé beaucoup de choses, mais certains éléments, comme le régime d’expulsion, sont malheureusement restés les mêmes. La seule différence est que ces expulsions collectives violentes attirent désormais moins l’attention, car tous les regards sont tournés vers la pandémie et les observateurs des droits humains n’ont pas été autorisés à rester sur le terrain en raison de restrictions sanitaires. Les expulsions et les violences aux frontières ont persisté : dans un cas sur les centaines documentés par le BVMN, un groupe comprenant une personne gravement blessée et un mineur a été battu à coups de matraque par des officiers croates, qui ont également brûlé leurs vêtements, et le groupe a été renvoyé en Bosnie-Herzégovine.

    Un phénomène relativement nouveau dans les pratiques de refoulement est le marquage de groupes de personnes avec des bombes de peinture orange, comme le rapporte No Name Kitchen, une organisation de base et membre du BVMN qui fournit une assistance directe aux personnes en déplacement dans les villes frontalières le long de la route des Balkans. Les refoulements en série se sont également poursuivis de la Slovénie à la Croatie, renvoyant les migrants sur le même chemin par lequel ils sont arrivés.

    Les rapports faisant état d’une brutalité accrue dans le contexte des refoulements sont inquiétants, compte tenu de l’autonomie accrue que les autorités étatiques ont acquise grâce à la pandémie. Les refoulements sont illégaux et la propagation de la COVID-19 n’est pas une excuse pour traiter les personnes vulnérables avec plus de violence.

    Comment le CPS et le BVMN répondent-ils à ces tendances ?

    La valeur du travail effectué par le BVMN réside dans l’interconnexion de différentes méthodes : le travail de terrain, qui comprend l’établissement de relations de confiance avec les personnes situées dans les zones frontalières, la collecte de témoignages, et le travail de plaidoyer, qui consiste à demander clairement aux institutions de rendre compte de certaines actions. Le travail juridique est également essentiel lorsque les victimes de violations des droits humains veulent réclamer justice. Chaque membre du BVMN présente une compétence propre dans l’une ou plusieurs de ces méthodes de travail, et notre force collective est de les combiner toutes dans une approche holistique.

    Au sein du réseau, le CPS mène des recherches qui alimentent nos efforts de sensibilisation et de plaidoyer sur l’accès au système d’asile, la protection des droits humains des réfugiés, les comportements policiers illégaux, la criminalisation de la solidarité et l’intégration, en mettant l’accent sur l’emploi et l’éducation.

    En termes d’intégration, deux de nos grandes réussites ont été le Danube Compass, un outil web qui comprend toutes les informations pertinentes pour l’intégration des migrants et des réfugiés dans la société croate, et notre programme d’éducation non formelle pour les demandeurs d’asile, « Let's Talk about Society » (Parlons de la société), qui offre aux nouveaux membres de notre communauté une introduction à la société et aux institutions croates, les informe sur leurs droits et encourage leur participation active dans la société.

    Au sein du réseau, le CPS est un acteur juridique fort, puisque nous avons jusqu’à présent déposé 12 plaintes pénales contre des auteurs inconnus en uniforme de police. Grâce à un contentieux stratégique, nous avons empêché une extradition et réussi à déposer deux plaintes contre la République de Croatie devant la Cour européenne des droits de l’homme. Grâce à notre travail de plaidoyer, plusieurs institutions internationales et européennes, dont l’Agence des Nations unies pour les réfugiés, ont commencé à remettre en question et à condamner les pratiques des autorités croates.

    En raison de notre dénonciation publique des pratiques illégales à l’égard des réfugiés, nous avons subi de fortes pressions et avons été interdits d’accès et de travail dans les centres d’asile. Cela a rendu notre travail plus difficile, mais n’a pas compromis notre autonomie.

    Pensez-vous que des progrès ont été réalisés pour tenir Frontex, l’agence européenne des frontières, responsable de son incapacité à protéger les droits humains ?

    Frontex a fait face à de graves allégations de violations des droits humains de la part de divers acteurs et institutions, et la société civile s’est unie autour de multiples campagnes et actions sur la question, notamment #DefundFrontex. Avec le soutien de 22 OSC et réseaux de la société civile, dont le BVMN, cette campagne appelle à la suppression de l’agence et à la réorientation de son budget vers la création d’un programme civil européen de sauvetage en mer géré et financé par les gouvernements.

    Le principal problème est que Frontex opère dans une zone grise juridique et est considérée comme n’ayant aucune responsabilité pour ses actions : la responsabilité incombe toujours à l’État membre dans lequel Frontex opère. Les règles de l’agence sont rédigées de telle manière qu’elles lui permettent de ne pas avoir à rendre de comptes. Cependant, nous constatons de petits pas vers un changement dans cette direction, par exemple avec l’implication active du bureau du Médiateur européen.

    Comment la société civile peut-elle faire pression sur l’UE pour que celle-ci étende son engagement en faveur des droits humains aux migrants et aux réfugiés, et comment peut-elle encourager les États membres à respecter leurs droits ?

    L’un des moyens que les membres du BVMN ont trouvé pour unir des forces multiples et faire entendre leurs voix sur des demandes clés est de construire des réseaux transfrontaliers. Nous sommes convaincus que l’implication active de la société civile dans chaque zone frontalière, pays et village peut faire une réelle différence quant à l’influence des citoyens. Il est très important de parler haut et fort des droits des réfugiés et des migrants. Il est également important de relier une variété de luttes qui sont fortement interconnectées et se déroulent au-delà des frontières, comme les luttes liées au changement climatique et aux droits des femmes.

    L’espace civique en Croatie est classé « rétréci » par leCIVICUS Monitor.

    Contactez le Centre d’études sur la paix (CPS) via sonsite web ou sa pageFacebook, et suivez@CMSZagreb sur Twitter.
    Contactez le Border Violence Monitoring Network (BVMN) sur sonsite web ou sa pageFacebook, et suivez@Border_Violence sur Twitter. 

     

  • MIGRATION: ‘The spread of COVID-19 is no excuse to confront vulnerable people with more violence’

    CIVICUS speaks with Maddalena Avon, project coordinator at the Centre for Peace Studies (CPS) about the situation of migrants and refugees in Europe under the pandemic and the ways in which civil society is responding to increasing border pushbacks from hostile European governments.

    CPS is a civil society organisation (CSO) that promotes non-violence and social change through education, research, advocacy, campaigning and activism. Founded in 1996, it works in three areas: asylum, integration and human security; peace education and non-violence affirmation; and combating inequalities. CPS is an active member of the Border Violence Monitoring Network, an independent network of CSOs based mostly in the Balkans and Greece, monitoring human rights violations at the external borders of the European Union and advocating to stop the violence against people on the move.

    Maddalena Avon

    What have been the key trends in migration in Europe, and specifically in the Balkans, under the pandemic?

    The landscape of asylum access has changed drastically since pandemic restrictions came into force. The Border Violence Monitoring Network (BVMN) had already reported on asylum as an eroded set of rights, but due process for international protection claims has been further challenged in recent months under the health emergency.

    Firstly, persistent pushbacks from borders continue to deny people access to claim international protection, with states performing collective expulsion. Secondly, government decisions to pause or close asylum offices with no effective alternative or remedy have placed refugees and other migrants in an effective limbo and at risk of pushback. Accordingly, the development of COVID-19 measures has allowed countries such as Croatia, Greece and Hungary to further restrict internationally mandated access to protection.

    In the midst of the escalating COVID-19 outbreak, the European Union (EU) launched its Joint Action Plan for Human Rights. However, the intention of this communication exhibits acute divergence from the reality on the ground. Most notably, violations of fundamental rights continue by EU member states and non-EU countries that have various EU agreements on migration, asylum and border security, alongside funded camp systems. Rather than assisting vulnerable communities in this precarious period, policy and guidance have allowed the strengthening of borders across a majority of member states to erode further the rights to asylum, due process and humane treatment.

    According to a recent report by the BVMN, in March and April 2020 Slovenia saw a decrease in the number of irregular border crossings compared to the first two months of 2021 and the same period in 2019, and this was reflected in the much lower number of people detained at police stations due to irregular border crossings. The trend of collective expulsions to Croatia, however, remained consistently high. In early 2020, during the COVID-19 outbreak and subsequent restrictions, Slovenia continued to systematically deny asylum rights and used its readmission agreement with Croatia – which allows it to hand people over to the Croatian police if there is proof that they illegally crossed the border within the last 48 hours – to deport large numbers of people, although the readmission agreement does not apply if the person has asked for asylum or is a potential asylum seeker. It has continued to do so despite full knowledge of the high risk of torture and further illegal pushback to Bosnia and Herzegovina.

    In Croatia, as elsewhere, the pandemic has changed many things, but some aspects, such as its pushback regime, have unfortunately stayed the same. The only difference is that these violent collective expulsions now attract less attention, as all eyes are on the pandemic and human rights monitors have not been allowed in the field due to health restrictions. Pushbacks and violence at borders have persisted: in one case out of the hundreds documented by the BVMN, a group including a severely injured person and a minor was beaten with batons by Croatian officers, who also burnt their clothes, and the group was pushed back into Bosnia and Herzegovina.

    A relatively new development in pushback practices is the tagging of groups with orange spray paint, as reported by No Name Kitchen, a grassroots organisation and member of the BVMN that provides direct assistance to people on the move in border towns along the Balkan Route. Chain pushbacks from Slovenia via Croatia, with migrants being sent back the same way they came, have also continued.

    Reports of increased brutality during pushbacks are worrying due to the increased autonomy that state authorities have gained under the pandemic. Pushbacks are illegal and the spread of COVID-19 is no excuse to confront vulnerable people with even more violence.

    How are the CPS and the BVMN responding to these trends?

    The value of the work done by the BVMN lies in the interconnection of a variety of methods: field work, including trustful contact with people in border areas, testimony collection and advocacy work with clear demands being presented to institutions to hold them accountable for certain actions. Legal work is also essential, when people who have survived human rights violations want to seek justice. Each of the BVMN’s partners has its own strength in one or more of these working methods, and our collective strength is to combine all of them with a comprehensive approach.

    Within the network, CPS conducts research that feeds into our awareness-raising and advocacy efforts on access to the asylum system, protection of refugees’ human rights, illegal conduct of the police, the criminalisation of solidarity and integration, with a focus on employment and education.

    On integration, two of our big successes has been the Danube Compass, a web tool including all information relevant to the integration of refugees and migrants into Croatian society, and our non-formal education programme for asylum seekers, Let’s Talk about Society, which introduces our new community members to Croatian society and institutions, informs them of their rights and encourages their active participation in society.

    Within the network, CPS is a strong legal actor, as we have so far filed 12 criminal complaints against unknown perpetrators in police uniforms. Through strategic litigation, we prevented an extradition and succeeded in filing two lawsuits against the Republic of Croatia at the European Court of Human Rights. As a result of our advocacy, several EU and international institutions, including the United Nations Refugee Agency, started questioning and condemning the practices of the Croatian authorities.

    As a consequence of our public exposure of illegal practices towards refugees, we experienced a lot of pressure, and were banned from entering and working in asylum centres. This made our work more difficult but has not compromised our autonomy.

    Do you see any progress in holding Frontex, the European border agency, accountable for its failure to protect human rights?

    Frontex has faced severe allegations of human rights violations coming from different actors and institutions, and civil society has come together around multiple campaigns and actions on the matter, including #DefundFrontex. Supported by 22 CSOs and networks, including the BVMN, this campaign calls for the agency to be defunded and its budget redirected towards building a government-led and funded European civil sea rescue programme.

    The main challenge is that Frontex operates in a grey legal zone and is perceived to have no responsibility for its actions – responsibility always lies with the member state in which Frontex operates. The agency’s rules are made in a way that allows for it to be largely unaccountable. However, we are seeing small steps towards a change in that regard, for example with the active engagement of the European Ombudsman.

    How can civil society put pressure on the EU so that its commitment to human rights extends to migrants and refugees, and how can it encourage member states to respect their rights?

    One of the ways that BVMN members found to bring together multiple strengths and be louder on key demands is the building of transborder networks. We believe that the active involvement of civil society in each border area, country and village can make a real difference on the public’s influence. Being loud on the rights of refugees and migrants is extremely important. It’s also important to connect a variety of struggles that are highly interconnected and take place across borders, such as struggles on climate change and women’s rights.

    Civic space in Croatia is rated ‘narrowed’ by theCIVICUS Monitor.
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