
Militant·e·s de Mother Nature Cambodia
Nous, Long Kunthea, Phuon Keoraksmey, Thun Ratha, Yim Leanghy et Ly Chandaravuth, sommes des militant.e.s écologistes et membres de Mother Nature Cambodia (MNC), un mouvement de défense des droits environnementaux. Nous sommes emprisonné.e.s depuis juillet 2024 en raison de notre engagement pour la protection de l’environnement au Cambodge. Cinq autres membres du groupe ont également été condamnés le même jour, par contumace.
Le 2 juillet 2024, Yim Leanghy a été condamné à huit ans de prison pour « insulte au Roi » et « complot contre l’État » au titre du Code pénal. Thun Ratha, Long Kunthea, Phuon Keoraksmey et Ly Chandaravuth, ainsi que trois autres membres de MNC, ont quant à eux été condamnés à six ans de prison pour « complot contre l’État ».
Les accusations de « complot » portent sur la période 2012–2021 et couvrent un large éventail des activités militantes de Mother Nature, tandis que celles d’« insulte au Roi » sont liées à des propos tenus lors d’une réunion en ligne en mai 2021.
Depuis plusieurs années, nous faisons l’objet d’un harcèlement judiciaire systématique en raison de notre engagement. Trois d’entre nous — Long Kunthea, Phuon Keoraksmey et Thun Ratha — avaient déjà été arrêté.e.s en septembre 2020 pour avoir planifié une marche individuelle vers la résidence du Premier ministre afin de protester contre le remblayage du lac Boeung Tamok. Les autorités nous avaient accusé.e.s de vouloir provoquer un « chaos social ». En mai 2021, Long Kunthea et Phuon Keoraksmey avaient été condamnées à 18 mois de prison, tandis que Thun Ratha avait écopé de 20 mois.
En juin 2021, Yim Leanghy et Ly Chandaravuth ont été arrêtés alors qu’ils prélevaient des échantillons d’eau et documentaient la pollution des eaux usées dans la capitale Phnom Penh. Ils ont été inculpés de « complot contre l’État ».
Aujourd’hui, nous sommes tous les cinq détenu.e.s dans différentes prisons à travers le Cambodge, éloigné.e.s les uns des autres ainsi que de nos proches.
Les recours contre nos condamnations sont retardés depuis juin 2025, ce que des organisations de défense des droits humains considèrent comme une violation de notre droit à un procès équitable.
Nous appelons collectivement la communauté internationale à exhorter le gouvernement cambodgien — qui continue de restreindre l’espace civique et de museler l’activisme — à mettre fin au harcèlement et à l’emprisonnement des personnes militantes, en particulier celles qui dénoncent les atteintes à l’environnement.
L’espace civique au Cambodge est classé comme « réprimé » par le CIVICUS Monitor.