Burundi: Les violations généralisées des droits de l'homme persistent

Déclaration à la 44e session du Conseil des droits de l'homme des Nations unies

Dialogue interactif avec la Commission d'enquête des Nations unies sur le Burundi


Je vous remercie, Madame la Présidente ;

CIVICUS et les organisations indépendantes de la société civile burundaise saluent le travail important de la Commission d'enquête, et remercient la Commission pour sa mise à jour, en notant le refus continu du gouvernement du Burundi d'accorder l'accès au pays.

Nous félicitons le Burundi pour ses élections, et le nouveau président Évariste Ndayishimiye, et les nouvelles possibilités d'engagement qu'elles offrent. Toutefois, les processus électoraux ont été caractérisés par un rétrécissement de l'espace démocratique et des violations de la liberté d'expression, d'association et de réunion pacifique. Les fermetures d'Internet et les blocages des réseaux sociaux ont sapé l'accès à l'information. Nous sommes également profondément déçus par la nomination de personnes faisant l'objet de sanctions internationales pour des violations flagrantes des droits de l'homme à des postes clés du gouvernement, notamment le Premier ministre et le ministre de l'intérieur. 

Nous sommes sérieusement préoccupés par le fait que les membres de la ligue des jeunes du parti au pouvoir, l'Imbonerakure, souvent avec des fonctionnaires locaux, le service national de renseignement et la police, continuent de commettre des violations généralisées des droits de l'homme, notamment des meurtres, des arrestations arbitraires, des extorsions, des passages à tabac et des intimidations, qui visent souvent les opposants politiques et leurs familles. La société civile et les médias indépendants ont été interdits, contraints de fermer ou empêchés de critiquer le gouvernement. Les journalistes qui enquêtent sur des questions de sécurité ou de droits de l'homme sont victimes d'intimidations, de surveillance et de poursuites, tandis que les médias font l'objet d'interdictions, de suspensions et de réglementations indûment restrictives qui étouffent les reportages indépendants.

Le 5 juin, la cour a rejeté l'appel des journalistes Christine Kamikazi, Agnès Ndirubusa, Égide Harerimana et Térence Mpozenzi du groupe de médias Iwacu, qui avaient été arbitrairement arrêtés alors qu'ils enquêtaient sur les activités des rebelles en octobre 2019. Ils continuent leur peine de deux ans et demi de prison.

Nous appelons le nouveau gouvernement du Burundi à coopérer pleinement avec la Commission d'enquête de l'ONU et à lui accorder l'accès nécessaire. Nous appelons également le gouvernement à libérer sans condition toutes les personnes détenues pour des raisons politiques, y compris les militants et les défenseurs des droits de l'homme.

Nous demandons à la Commission de s'engager avec le nouveau président sur les crimes perpétrés pendant la dernière présidence afin de garantir la vérité et la justice pour les victimes ; et si la Commission identifie des opportunités à la lumière de la nouvelle présidence, pour un engagement renouvelé avec le gouvernement pour la mise en œuvre de ses recommandations passées et l'amélioration des droits de l'homme dans le pays. 


L'espace civique au Burundi est actuellement classé comme fermé par le CIVICUS Monitor.

Membres actuels du Conseil :

Afghanistan, Allemagne, Angola, Argentine, Arménie, Australie, Autriche, Bahamas, Bahraïn, Bangladesh, Bulgarie, Burkina Faso, Cameroun, Chili, Danemark, ErithréeEspagne, Fidji, Inde, Indonésie, Italie, Libye, Iles Marshall, Mauritanie, Mexico, Namibie, NépalNigeriaPakistan, Pays-BasPérou, PhilippinesPologneQuatar, République de CoréeRépublique démocratique du CongoRépublique tchèque, Sénégal, Slovaquie, Somalie, Soudan,Togo, Ukraine, Uruguay, Venezuela

Classement de l'espace civique par le CIVICUS Monitor

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