25. Arménie: les femmes donnent une voix à la «Révolution de Velours» et portent une réflexion sur celle-ci

Entre avril et mai 2018, l'Arménie a connu une mobilisation massive des citoyens. Des centaines de milliers d'hommes et de femmes sont descendues dans les rues frustrées par des décennies de monopolisation du pouvoir politique. On a inventé le terme «Révolution de Velours» pour designer ces actions de protestation pacifiques qui ont entraîné le changement de gouvernement. Tout le monde reconnait (document en anglais) que les femmes ont joué un rôle de premier plan dans les manifestations. Plus de six mois plus tard, les arméniennes ont-elles pour autant assisté à une ‘révolution de velours’ au niveau des mentalités, à une redéfinition de leur propre rôle dans une société encore perçue comme hautement patriarcale? Ou faut-il une révolution distincte pour que la société reconnaisse, apprécie et considère la contribution, le rôle et la position significatifs des femmes dans la création du changement et l’instauration du progrès?

24. D’un mot à la mode à une menace: la tendance des « fausses nouvelles » en Asie

Par Kirsten Han

Au Cambodge, le Premier ministre Hun Sen a déjà ouvert la voie à sa propre victoire aux urnes plus tard ce mois-ci: le seul parti d’opposition viable a été dissous, parallèlement à la fermeture de nombreuses stations de radio et publications d’information indépendantes. Son gouvernement a également mis en place des mesures contre les « fausses nouvelles » - ceux qui sont reconnus coupables d'avoir produit ou diffusé de fausses informations pourraient être emprisonnés jusqu'à deux ans ou recevoir une amende maximale de 1.000 USD.

23. Les journalistes luttent contre la vague de répression médiatique en Égypte

Par Khaled El-balshy

Après avoir été incarcéré pendant cinq ans pour avoir photographié un massacre par une manifestation des forces de sécurité égyptiennes, mon collègue et ami photojournaliste Mahmoud Abu Zeid, aussi connu sous le nom de « Shawkan », pourrait enfin connaître son sort. Un tribunal égyptien devrait rendre son arrêt dans cette affaire le 28 juillet. S’il est reconnu coupable, il risque la peine de mort.

22. Le club des « cent présidents » ou comment mettre le sport au service de la société civile

Par Andrzej Kostek et Jan Wąsiński

Parmi les nombreuses activités humaines, le sport en est une qui suscite de grandes émotions. D'une part, il motive les gens à participer à des événements et encourage une saine compétition, tempère les passions et crée un esprit d'équipe et une identité de groupe. Il est aussi important dans les processus de consolidation de la société. Lors d'événements sportifs internationaux, les supporters manifestent leur soutien en direct, d'une manière très émotionnelle – certains parcourent des milliers de kilomètres simplement pour encourager leur équipe ou leur joueur.

21. Quand la blockchain rencontre la société civile

La technologie blockchain est un grand registre numérique décentralisé et protégé contre la falsification qui permet le transfert des données, des transactions et des enregistrements. Ces transferts sont connus sous le nom de blocs et ne peuvent pas être copiés ou manipulés, ce qui signifie que toutes les transactions sont transparentes et vérifiables au sein du réseau. La blockchain offre à la société civile des avantages évidents pour la participation citoyenne.

20. Le Nouveau Rapporteur Spécial sur les droits à la Liberté de Réunion et d'Association pacifiques souligne les menaces qui existent à l’encontre de ces derniers.

Les droits à la liberté de réunion et d'association pacifiques sont des piliers fondamentaux de la gouvernance démocratique et des sociétés ouvertes tout en faisant partie du droit international en matière des droits de l'homme. Grâce à la jouissance de ces droits, des progrès considérables peuvent être accomplis dans la réalisation des Objectifs de Développement Durable des Nations Unies, dans la mesure où elle permet la participation des individus et des organisations de la société civile.

19. 25 ans après, la société civile sud-africaine combat encore le gouvernement dans l’intérêt de la population

Par William Gumede

Imaginons un instant que des extraterrestres se soient rendus en Afrique du Sud à la fin de 1993, ont enlevé un(e) sud-africain(e) ordinaire, puis l’ont ramené(e) chez lui ou chez elle exactement 25 ans plus tard.

18. Ce que les activistes plus âgés peuvent apprendre des jeunes à travers la campagne Marche pour Nos Vies/ March for Our Lives

Par Michael Silberman

Comment les survivants des fusillades dans les écoles aux États-Unis et dans d’autres pays sont en train de tourner la situation à leur avantage en poursuivant des grands rêves et en créant des mouvements citoyens qui s’adaptent au rythme rapide du changement d’aujourd’hui

17. Repenser un nouveau cadre d'inclusion pour les droits des LGBTI

Partout dans le monde, l’espace civique se retrouve dans le collimateur des  gouvernements et des acteurs non étatiques cherchant à restreindre la capacité des individus et des organisations à remettre en question le statu quo, phénomène qui se trouve aggravé lorsqu’un système patriarcal, une misogynie et une politique d’exclusion l’accompagnent. Malheureusement, pour les groupes LGBTI et les défenseurs des droits de l'homme, la réalité sur le terrain est souvent très différente de celle des promesses faites sur papier. Bien qu'au plan  international il y ait eu d'importantes réalisations des politiques en matière des droits de l’homme, celles-ci sont souvent contredites par des données issues de recherches communautaires et d'expériences basées sur la réalité vécue qui montrent comment les personnes de la communauté LGBTI continuent à subir des violations flagrantes des droits humains et des injustices.

16. Sept stratégies dont les bailleurs de fonds et les bénéficiaires de droits de l'homme devraient tenir compte dans le climat instable d'aujourd'hui

Selon Freedom House (en anglais), 2017 était la douzième année de déclin général de la liberté mondiale, avec un chiffre alarmant de 71 pays subissant des reductions nettes des libertés politiques et civiles, pour seulement 35 pays ayant enregistré des progrès. Mais au-delà des statistiques, il y avait un sentiment palpable d'incertitude au moment où les États-Unis ont renoncé à leur rôle de défenseur de la démocratie et que d'autres démocraties qui avaient soutenu fermement les mouvements démocratiques à l'étranger ont assisté à une montée du scepticisme à l’égard de leurs propres institutions nationales.

15. Penser à un nouvelle façon de réaliser la démocratisation en Asie

On a observé dans les années 1990 en Asie, une tendance internationale à la démocratisation, souvent appelée «troisième vague», et des pays comme le Népal, l'Indonésie et les Philippines ont servi de modèles dans une région encore dominée par les gouvernements autocratiques. Le Réseau Asiatique pour les Élections Libres/ Asian Network for Free Elections (ANFREL) a été créé en 1997 en tant que réseau d’organisations chargées de la surveillance des élections et des droits de l’homme en Asie. Il a été conçu pour encourager des élections libres et équitables et veiller à ce que davantage de personnes aient accès au suffrage universel, un droit fondamental reconnu dans le Pacte International relatif aux Droits civils et Politiques.

14. Au Pakistan, sensibilisation aux différents enjeux au moyen d'un smartphone

Asifa Khan est une avocate qualifiée et activiste sociale qui travaille avec l'organisation de la société civile Accountability Lab (AL) Pakistan en tant que « accountapreneur » dans leur Programme d'Incubation de Responsabilité. Il vise à aider les jeunes leaders de la société civile à créer des outils viables et efficaces de reddition des comptes, de participation et d'impact social. Accountapreneur, une combinaison de deux mots – « redevabilité (accountability en anglais) » et « entrepreneurs » - est un terme qui a été inventé par Accountability Lab.

13. Les responsables politiques d'Asie du Sud-Est ne tirent toujours pas profit du potentiel de la génération Y

Selon une prévision d’Accenture, une entreprise globale de conseil, dans deux ans près de la moitié de la population de l’Asie du Sud-Est aura moins de 30 ans et plus de 55% de la population en âge de travailler appartiendra à la génération Y (dite du millénaire), génération très avertie des choses techniques.

12. « Qu’est-ce que c’est que d’être un jeune militant dans votre pays? »

Pour célébrer la Journée Internationale de la Jeunesse le 12 août, CIVICUS a interrogé six jeunes militants issus des quatre coins du monde sur leurs expériences et ce que la société civile et la «réinvention de la démocratie» signifiaient pour eux.

11. 25 ans plus tard, le pendule oscille dans l'autre sens. Des leçons pour une société civile mise à rude épreuve

Beaucoup d'entre nous à la Fondation Mott ont entendu l'histoire de la fondation de CIVICUS de la bouche de notre président, Bill White. Il se souvient avec attachement de s'être assis dans une salle de classe «faiblement éclairée» il y a près de trois décennies, élaborant un plan avec quelques autres leaders de la société civile pour créer un nouveau mouvement à caractère mondial.

10. La révolution ne sera pas retransmise à la télévision : les ONG peuvent-elles apprendre à s'adapter?

Les ONG vivent des moments difficiles. Tandis que les États mettent au point de nouvelles méthodes de répression des voix contestataires, les organisations non gouvernementales (ONG) doivent changer d’attitude pour survivre aux 25 prochaines années. Quelles leçons pouvons-nous tirer des mouvements sociaux?

9. Les employés activistes remettent en cause les valeurs éthiques des entreprises

« Nous faisons partie d'un mouvement en pleine croissance, composé de nombreux acteurs de l'industrie qui reconnaissent la lourde responsabilité qu’ont ceux qui créent une technologie performante de s'assurer que ce qu'ils construisent est utilisé pour le bien et non pour le mal. »

8. Leçons sur le plaidoyer numérique pour que les jeunes soient les architectes de leur propre destin

Jeunes Diplomates du Canada (JDC) est un réseau national entièrement dirigé par des jeunes bénévoles visant à promouvoir le leadership en matière diplomatique et à procurer aux jeunes canadiens de l’expérience en plaidoyer international. À la base, nous sommes animés par la conviction que, pour le succès à long terme de notre société, on doit véritablement prendre en compte les points de vue des jeunes à tous les niveaux de la prise de décision.

7. «Nous nous élevons grâce aux arts»

Pendant des siècles, les arts ont été une manière de s'exprimer et de communiquer l’un avec l’autre. C'est l'expression sincère de l'âme à travers la parole, la vue et le son. Nous utilisons l'art comme une façon de partager des histoires et de créer des changements. L’usage de l’art en tant que forme d'activisme est en hausse. Mais pour quels résultats?

Nous devons nous demander quel rôle ont joué les arts dans la lutte pour la liberté, les droits de l'homme et la démocratie? La démocratie qui devrait être du peuple, par le peuple, pour le peuple. La démocratie nous permet-elle aujourd'hui de nous exprimer librement sans qu’il y ait des conséquences? Les arts, en tant que philosophie de l'action, suscitent chez les activistes une introspection et leur permettent d'avoir une vue d'ensemble. L'art parle. Cela permet aux activistes de s'exprimer de la manière dont ils se sentent le plus à l’aise. Mais les lois y mettent des obstacles. Nous laisser la liberté de nous exprimer à travers l'art nous permet d'être des agents du changement. Nous sommes les guides et la source d’inspiration des moyens originaux par lesquels la société civile peut impliquer les gens.

Selon la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (DUDH), la liberté d'expression est le droit de toute personne de détenir des opinions sans restriction. Cependant, ce droit fondamental se trouve souvent entravé par des tactiques telles que la censure, des lois restrictives et le harcèlement. La censure a toujours constitué l'une des principales violations de l'espace civique et le Moniteur de CIVICUS l’a signalée dans son rapport.

En 2013, Farida Shaheed, Rapporteur Spécial des Nations Unies sur les droits culturels, a souligné le droit à la liberté d'expression et de création artistiques. Cela inclut le droit pour une personne d'expérimenter en toute liberté les différentes  expressions et créations artistiques, d’apprécier et de diffuser des œuvres artistiques. Il ne s'agit pas seulement de s'exprimer librement mais de voir comment les citoyens ont accès et peuvent prendre part à des expériences culturelles. La liberté artistique peut être d’une grande importance pour toute nation. C'est l'un des enjeux essentiels de la démocratie.

En 2015, CIVICUS et cinq autres partenaires ont organisé une «rencontre hétéroclite improvisée de 72 heures» pour tenter de recréer une expérience de l'Institut de Beaux-Arts à Paris qui a eu lieu il y a un demi-siècle de cela. Des artistes du monde entier se sont rassemblés en Afrique du Sud et ont travaillé pendant 72 heures - sans dormir - pour voir ce qu'ils pouvaient créer. Certains des objectifs étaient de permettre un travail interculturel et de réfléchir sur des questions de portée mondiale. L'événement a donné lieu à la production d’une série de travaux qui sont sources d’inspiration.

Portant une reflexion, plus tôt dans l'année,  sur l'événement, le Secrétaire Général de CIVICUS, Danny Sriskandarajah, a déclaré : "mélanger ensemble ces gens ainsi que cette énergie créatrice étaient tout simplement incroyables. Nous devons déployer tous les moyens à notre disposition pour promouvoir la justice sociale. "

Aujourd'hui, cependant, nous voyons partout dans le monde les arts et les artistes subir des menaces. En janvier, Naema Ahmed Ibrahim, poète somalienne, a été arrêtée et inculpée pour son travail en faveur de l'unité somalienne. Une opinion qui n’a pas les faveurs du public ne constitue pas un discours de haine et ne devrait pas être une cause d'arrestation. Naema fit entendre sa voix d'une manière qui lui convenait. Nous ne pouvons pas tenir un artiste responsable de la façon dont les gens réagissent à leur travail.

Dans un monde où des voix sont réduites au silence, nous trouvons les buts (de nos existences)  dans les arts. Le 16 juin, CIVICUS et ses partenaires ont organisé le Symposium des Arts Créatifs des Jeunes d'Afrique Australe à Johannesburg. Neuf activistes se sont réunis et participé à un débat autour du thème de la «réinvention de la démocratie». Ils ont réaffirmé que nous ne devrions pas sous-estimer la force de la voix des jeunes et le pouvoir de la parole par le biais de l'art.

Cay-Low Mbedzi, 22 ans, est un artiste sud-africain en arts visuels, qui a été présélectionné pour prendre part au symposium pour son travail d'art visuel appelé «unité». Comme il l'a dit, «Il (art) permet une démocratie participative dans laquelle la voix des jeunes peut être utilisée comme un outil pour changer et façonner la politique et la direction».

Mbedzi a souligné que les arts peuvent être utilisés comme «contributions et solutions pour influer sur les sociétés.»

En outre, étant aussi un jeune activiste, il a dit que «quand la jeunesse décide de son sort, la démocratie s'en sort grandie.»

Tenir un débat sur" la réinvention la démocratie «signifie que nous sommes d'accord que nous ne sommes pas satisfaits des démocraties actuelles.

Comme l'a fait remarquer un intervenant,

«l'art est la conscience sociale de la société. Nous nous exprimons dans les arts. La parole, le son, les éléments visuels et la narration sont capables d'éclairer notre but. Nous sommes des artistes, nous sommes courageux et nous avons des choses à dire.»

Protéger le droit à la liberté d’expression des artistes est important pour le développement de la démocratie. Ce sont les artistes qui, par leur travail, sont les plus proches des millions de personnes, dont certaines sont incapables de lire et n'ont aucun moyen de s'exprimer. Beaucoup pensent que les arts sont un luxe. Cela n’est pas vrai. C'est un moyen pour nous d'exprimer notre humanité. Quand nous limitons, censurons ou restreignons les expressions artistiques, nous mettons des entraves à un aspect de l'expression de l'humanité.

Regardez la «liberté fugace» de l'art de rue iranien. Le graffiti a été une forme de protestation pendant de nombreuses années. Bien que les œuvres soient remarquables au plan visuel, elles démontrent également une vision alternative des dialogues sociaux et politiques sur la paix, les droits et la liberté d'expression. Pendant ce temps, certains gouvernements censurent les plateformes en ligne, mais pas les sites de streaming de musique, comme le site Uncensored Playlist (Liste non censurée de chansons) l'a souligné.

Dans un monde qui change et qui essaie constamment de nous dire qui nous devons être, nous nous élevons  grâce aux arts, à travers nos moyens d’expressions et trouvons des moyens créatifs pour faire entendre notre voix. Nous trouvons partout de nouvelles façons de défendre les libertés civiques fondamentales telles que les libertés d'association, de réunion pacifique et d'expression.

Tarryn Booysen est l'Administrateur chargé des Adhésions  à CIVICUS.

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6. Se battre aux premières loges de la crise climatique du Pacifique

Les pays insulaires du Pacifique souffrent des effets dévastateurs du changement climatique. Mais comme le souligne Betty Barkha de l'équipe CIVICUS Youth Action,  ils sont incroyablement résilients.

«La mer se rapproche de la maison, nous n'avons plus besoin d’aller à la lagune.» Les paroles obsédantes d'un enfant de quatre ans jouant avec ses amis près du village de Bonriki, sur l'île principale de Tarawa à Kiribati, me donnent encore des frissons. Il ne se doutait pas que l'océan qui le rendait si heureux, lui et ses amis, était de sortie pour s’emparer de leur foyer.

Ce n'est pas une histoire extraordinaire, mais une réalité pour de nombreux villages côtiers du Pacifique Sud. Chaque pays est actuellement affecté par le changement climatique. Pour certains, cela restera un défi pour la croissance économique et le développement durable. Pour d'autres, en particulier les Petits États Insulaires en Développement du Pacifique  (PSIDS), le changement climatique est devenu une question de survie pour la population.

Les Petits États Insulaires en Développement du Pacifique forment une coalition composée de 14 États insulaires du Pacifique , coalition qui permet aux délégations des États de consolider et de défendre les priorités du Pacifique aux Nations Unies. Ensemble, ils occupent une superficie d'environ un demi-million de kilomètres carrés éparpillés dans le plus grand océan du monde, dont une grande partie est constituée d'atolls de basse altitude qui ne dépassent pas quelques mètres au-dessus du niveau actuel de la mer.

 La combinaison des caractéristiques physiques, de l'éloignement et d'une infrastructure médiocre rend les PSIDS intrinsèquement vulnérables, et le changement climatique a un impact profond sur leur développement et leur sécurité. L'élévation du niveau de la mer, les changements climatiques, l'érosion des sols, la perte des récifs coralliens, les migrations, la sécurité alimentaire et de nombreux autres défis font partie des impacts du changement climatique. L'intensité et la fréquence croissantes des catastrophes naturelles ont été directement liées au changement climatique et reconnues comme une menace pour la paix et la sécurité mondiales.

Crédit: 350 Pacific

La migration de masse est inévitable. L'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) estime que les déplacements induits par les changements climatiques concerneront entre 25 millions et 1 milliard de personnes d'ici 2050. Mais pour beaucoup, surtout dans la situation géopolitique actuelle, cela devient très difficile pour les citoyens de ces pays. . Au cours de la dernière décennie, divers efforts ont été déployés par les dirigeants et les militants de la cause du Pacifique pour attirer l'attention sur la crise.

Il y a divers acteurs sur place qui travaillent à l'adaptation aux changements climatiques, à l'éducation et à l'atténuation de leurs effets, et même si nous continuons de compter sur la résilience tenace de nos populations, cela reste bien loin de ce que nous devons faire en fin de compte. Une grande partie des ressources consacrées à l'action contre le changement climatique doit être orientée vers la reconstruction et la restauration après la catastrophe. Les îles Fidji ont été frappées par le cyclone tropical Winston en 2016 et les évaluations post-catastrophe ont révélé des dégâts de 2,8 milliards de dollars de Fidji  (environ 1,4 million de dollars).

De même, en 2015, le Cyclone Pam a coûté au Vanuatu environ 449,4 millions USD, soit près de 64% du PIB du pays. Les dommages ne sont pas limités qu’à notre économie, il faut des mois pour reconstruire. Mais les gens du Pacifique sont résilients et je les ai vus se lever, toujours avec le sourire. Malgré les maisons inondées, l'eau contaminée (ou absence d'eau) pendant des semaines, les fermes endommagées, les routes en ruines et des écoles emportées, nous n'abandonnons pas. Les Fidji sont l'une des plus grandes et plus forte économies des Petits États Insulaires en Développement du Pacifique (PSIDS) mais elles ont encore du mal à trouver des ressources pour soutenir une reprise rapide de la croissance. Mais comme l'un de mes groupes préférés d'activistes du Pacifique, les « Pacific climate warriors”  de 350.org aiment dire: «Nous ne sommes pas en train de nous noyer. Nous  sommes en train de nous battre".

Plus tôt en 2018, Fidji a été frappé par le cyclone tropical Keni et le cyclone tropical Josie.  Deux dans une semaine. Cette fois, les choses étaient différentes. Vous ne pouvez bien sûr jamais être entièrement prêt pour un cyclone. Mais les gens avaient fait des provisions, avaient déménagé dans des zones plus élevées, scellé leurs maisons et étaient restés à l'intérieur. L’après cyclones était toujours aussi sale à voir et catastrophique et a atteint de nouveaux sommets, mais les Fidjiens se mirent au travail dès le lendemain. Les écoles et les bureaux ont été fermés pour aider dans le tri entre familles et des communautés avant la reprise des jours de travail habituels. Dans le cadre de son leadership pour la COP 23, Fidji élaborera les toutes premières lignes directrices nationales sur la réinstallation (qui seront finalisées plus tard dans l'année), afin de soutenir la migration de masse. Alors que la relocalisation est considérée comme un dernier recours, trois villages des îles Fidji ont été entièrement réinstallés sur des terrains plus élevés et 45 autres ont été indexés pour être réinstallés dans les années à venir.

Une brillante femme fidjienne, que j'admire beaucoup m'a récemment dit: "ce n'est plus le temps de jouer à se rejeter la responsabilité les uns sur les autres, il y a maintenant une conscience morale croissante qui reconnaît cette menace et nous devons agir par rapport à ça". Donc nous le devons. Parce que, malgré les preuves accablantes, les gouvernements continuent de protéger les intérêts des grandes entreprises qui peuvent tirer profit de la destruction de l'environnement. Nous devons cesser de réagir aux situations de crises et de catastrophes et œuvrer à leur prévention. Nous ne pouvons plus travailler en vase clos, nous devons agir concrètement. Rejoignez le mouvement, consultez vos politiques environnementales locales, parlez à quelqu'un qui en sait plus! Ce n'est pas seulement la crise d'une nation, c'est une crise mondiale et nous avons besoin de la contribution de chacun pour nous aider à rester en vie.

Betty Barkha est une militante des îles Fidji et une récente recrue de l'équipe d'action jeunesse de CIVICUS. Elle est également conseillère du FRIDA Young Feminist Fund et ancienne du programme Women Deliver Young Leaders (2016). Betty tweets via @BettyBarkha.

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5. « Je vous prie de libérer ces personnes en Zambie. Ainsi que le reste des « freedom fighters » (combattants de la liberté) dans le monde : ne vous découragez pas » – un message de la part d’un militant et artiste Africain emblématique

Echange avec Thomas Mapfumo

Le célèbre musicien Thomas Tafirenyika “Mukanya” Mapfumo a fui le Zimbabwe, son pays d’origine, en 2000 après que ses critiques ciblées aient fait de lui une cible du régime de Robert Mugabe. Les arts ont toujours joué un rôle important dans la lutte pour la liberté, les droits de l’hommes et la démocratie. Mais les artistes dans le monde, en Uganda, en Afghanistan et ailleurs, subissent toujours des attaques. En Zambie, six militants, dont des musiciens ainsi que des leaders de la société civile, ont été inculpés pour avoir participés à une manifestation pacifique en Septembre 2017. Avant leur procès le 25 juin à Lusaka, la capitale du pays, et pour marquer les 25 ans de CIVICUS et des actions de la société civile, dont les arts font partie, Mapfumo, 72 ans, appelé le « Lion du Zimbabwe », s’est confié à CIVICUS :

4. Les quotidiens des refugiés ont changé suite aux efforts des « citoyens ordinaires »

Par Tola Akindipe 

Flüchtlinge Willkommen («Refugees Welcome/Refugiés Bienvenue») est une plateforme numérique qui unit cohabitation et réfugiés. Pour marquer la Journée Mondiale des Réfugiés, le 20 juin, Bienvenue Refugiés nous parle à l’occasion du succès d'une organisation locale qui s'est développée à l'échelle internationale sur la base d'une «idée simple» et de la bonté des personnes désireuses d'agir.

3. 25 façons d’aider les mouvements sociaux si vous êtes un donateur

Chers donateurs, vous souhaitez offrir votre soutien aux mouvements sociaux ? Voici en gros l’essentiel de ce que vous devez faire:

2. Les anciens responsables de CIVICUS reviennent sur 25 ans d'action citoyenne

Pour célébrer ce quart de siècle dédié à l'organisation, à la mobilisation et à la participation, deux de nos anciens secrétaires généraux partagent ce qu'ils ont appris pendant leurs mandats afin de mettre à profit ces enseignements pour les 25 prochaines années à venir. De même, ils nous livrent leurs espoirs concernant « la réinvention de la démocratie».

« Il n'y a pas de recette facile »

1. L'aube d'un activisme civique nouveau

Le nom « CIVICUS » est inspiré d'un mot latin faisant allusion à la communauté. Aujourd'hui, alors que nous célébrons le 25ème anniversaire de notre alliance, la communauté est plus importante que jamais. Qu'il s'agisse de résoudre des problèmes locaux ou de relever les plus grands défis mondiaux, nous avons besoin que les gens se rassemblent pour s'exprimer, pour s'organiser et pour agir. Nous devons adopter une idée plus collective de l'humanité ainsi qu'une vision plus sophistiquée de la solidarité. Nous devons également déployer tous les moyens possibles pour promouvoir la justice sociale et le développement durable.

Le présent peut ressembler à une période sombre de l'histoire de l'humanité. Même un coup d'œil rapide sur le Monitor CIVICUS nous rappelle âprement à quel point les libertés civiques – éléments fondamentaux pour le fonctionnement d'une communauté – sont attaqués presque partout.

Pourtant, le travail accompli dans l'ensemble de notre alliance m'inspire. Des ONG établies aux militants, des coalitions de la société civile aux mouvements sociaux, des organismes bénévoles aux plates-formes de campagne en ligne, des groupes confessionnels aux syndicats, des fondations philanthropiques aux leaders de la jeunesse, nos membres et nos partenaires continuent à travailler sans relâche sur un large éventail de questions. Dans leur travail je vois déjà pointer l'aube d'un activisme civique nouveau.

Prenez, par exemple, les campagnes #MeToo et Time's Up. Très peu d'entre nous, parmi ceux ayant travaillé pour l'égalité des sexes au sein d'institutions traditionnelles et avec des outils conventionnels, depuis des décennies dans certains cas, auraient pu prédire l'élan qui anime actuellement la campagne mondiale pour l'égalité des sexes. Cela n'a pas seulement donné lieu à de nouveaux débats dans les pays du nord. Au Sénégal, pays où la violence sexuelle est omniprésente, on a signalé que certaines femmes ont déclaré que ce mouvement avait déclenché les premières conversations qu'elles avaient eues à ce sujet.

Et ce résultat a été accompli non seulement en distribuant des tracts et en envoyant des communiqués de presse, mais aussi en employant de nouveaux moyens : grâce à un hashtag, à des célébrités et à la mobilisation des citoyens.

Il y a eu aussi les rassemblements de la Marche pour nos vies aux États-Unis (The march for our lives, en anglais) et la légalisation du mariage pour les couples du même sexe en Australie. Le Salvador a écrit un nouveau chapitre dans l'histoire lorsqu'il est devenu le premier pays au monde à avoir interdit l'exploitation des mines de métaux. Il a fallu des années de revendications de la société civile. Le Kenya a été témoin d'une surprenante et rare démonstration d'indépendance judiciaire lorsque la Cour suprême du pays a statué sur la tenue d'une nouvelle élection présidentielle. Lorsque des tremblements de terre dévastateurs ont frappé le Mexique et les Caraïbes, ce sont les groupes d’intervention immédiate de la société civile qui sont passé à l'action. En Corée du Sud les manifestants se sont mobilisés en grand nombre contre la corruption et ont eu gain de cause.

C'est à ces moments-là, comme à tant d'autres, que l'on observe qu'en dépit des actions des gouvernements et d'autres forces pour étouffer la voix des citoyens, de nouvelles formes d'organisation et de mobilisation aux effets imprévisibles et inattendus voient le jour. Cela doit nous donner espoir sur notre capacité à exiger et obtenir un changement social progressif sur un certain nombre de questions à l'aide de différents moyens.

Il incombe maintenant à ceux d'entre nous qui se soucient de l'action citoyenne et de la communauté de réclamer ce qui revient de droit à la société civile. Beaucoup considèrent que notre travail consiste simplement à fournir des services, en comblant discrètement les lacunes laissées par l'État ou le marché. Cette tâche est importante, mais pas suffisante. Nous devons protéger et investir le rôle de la société civile dans la construction de la démocratie et dans la promotion du changement systémique. Cela peut nécessiter de nouveaux modèles économiques pour les organisations de la société civile, que nous soyons plus « politiques » ou que les donateurs financent les forces fondamentales des organisations de la société civile. Il s'agit de voir la société civile comme un bien en soi et non comme un moyen d'atteindre d'autres fins.

Finalement, pour marquer notre 25ème anniversaire, nous lancerons 25 Years: Reimagining Democracy, une série de 25 récits recueillant les voix et perspectives de la direction, du personnel, des partenaires et des membres de CIVICUS, et réfléchissant sur divers aspects de la société civile alors que nous attendons avec impatience le prochain quart de siècle à venir. Chaque partie sera consacrée à un thème spécifique et sera tirée de l'expérience de CIVICUS et de la société civile au cours des 25 dernières années : ce qui a été appris, comment les choses ont changé ou pas, ainsi que les défis pour les 25 années à venir.

Tous mes remerciements à nos membres, à nos partenaires, aux membres du conseil d'administration et aux collègues – d'hier et d'aujourd'hui – qui ont contribué à façonner CIVICUS au cours des 25 dernières années. De nombreuses années pour renforcer l'action citoyenne à travers le monde nous attendent!

Danny Sriskandarajah est le Secrétaire général de CIVICUS. Cet article fait partie d'une série pour célébrer le 25ème anniversaire de CIVICUS et vise à fournir des perspectives et des aperçus sur l'action citoyenne dans le monde.

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