corruption

 

  • Corruption in Zambia: 42 fire trucks for $42m

    By Teldah Mawarire and Laura Miti

    The African Union (AU) will host a heads of state summit in Mauritania on June 25, under the theme Winning the Fight against Corruption: A Sustainable Path to Africa's Transformation. Zambia's President Edgar Lungu will also be at the summit, showing support for its cause. Yet on the very same day his country will be moving further away from the anti-corruption ideals of the AU. As Lungu sits down with other African leaders to talk about possible ways to eradicate corruption, six Zambian activists will sit in a dock in Lusaka to be prosecuted for protesting against corruption.

    Read on: Al Jazeera

     

  • GUATEMALA : « Les manifestations reflètent à la fois l’organisation sociale et l’autonomie des citoyens »

    Sandra MoraenCIVICUS parle des récentes manifestations au Guatemala avec l’activiste pour les droits des femmes et des personnes LGBTQI+ Sandra Morán Reyes. Avec une longue histoire d’expérience dans les mouvements sociaux, Sandra a été l’une des co-fondatrices du premier groupe de lesbiennes guatémaltèques et l’organisatrice de la première Marche des fiertés du Guatemala, qui s’est tenue en 1998 à Guatemala City. En 2015, elle a été élue députée nationale et est devenue la première députée et politicienne homosexuelle à être élue à une fonction d’élection populaire dans l'histoire de son pays, d’où elle a promu diverses initiatives en faveur des droits des femmes et des minorités sexuelles.

    Dans quel contexte les manifestations de novembre 2020 ont-elles eu lieu, et comment ont-elles commencé ?

    En janvier 2020, un nouveau gouvernement a été mis en place, et peu après, la pandémie nous a tous enfermés. Mais vers mai ou juin, certains de nos camarades ont recommencé à descendre dans la rue, en partie pour critiquer l’attitude du gouvernement face aux besoins de la population alors que les effets de la crise générée par la pandémie commençaient à se faire sentir. Soudain, des drapeaux blancs sont apparus, dans les rues, sur les portes des maisons, dans les mains des personnes et des familles qui marchaient dans les rues ou s’asseyaient sur les seuils des portes. Avec le drapeau blanc, les gens indiquaient qu’ils n’avaient pas assez à manger et des actions de solidarité se sont mises en place, comme les pots de solidarité, qui n’existaient pas auparavant ici au Guatemala. Il y a eu un grand mouvement de solidarité entre les gens. Alors que les organisations se consacraient à servir leurs membres, les citoyens ont fait des efforts importants pour apporter un soutien de personne à personne. Il est devenu courant pour les gens de sortir dans la rue pour donner un peu de ce qu’ils avaient à ceux qui en avaient le plus besoin. Cela a ensuite été répété à l’égard des personnes qui ont été touchées par les ouragans et qui ont tout perdu.

    Au niveau de l'État, de nombreuses ressources ont été approuvées pour atténuer les effets de la pandémie, mais ces ressources n’ont pas atteint la population dont les besoins sont restés insatisfaits, de sorte que la question qui a commencé à être posée était « où est l’argent ? »

    Depuis 2017, nous dénonçons ce que nous avons appelé le « pacte de corruption », qui liait des fonctionnaires, des hommes d’affaires et même des représentants de l’église, alliés pour la défense de leurs propres intérêts. En 2015, après six mois de manifestations de masse soutenues, le président et la vice-présidente se sont retrouvés en prison, mais les gouvernements qui leur ont succédé ont fini par réaffirmer le même système. Le gouvernement du président Jimmy Morales a unilatéralement mis fin à l’accord avec la Commission internationale contre l’impunité au Guatemala, et le gouvernement actuel du président Alejandro Giammattei, dans la foulée du précédent, a davantage développé son contrôle de la justice, du Congrès et de toutes les institutions de l’État afin de maintenir la corruption comme forme de gouvernement.

    Outre le manque d’attention portée aux conséquences de la pandémie et des ouragans Eta et Iota, qui ont frappé en octobre et novembre 2020, il y a eu des attaques contre des fonctionnaires du Bureau du procureur général qui continuent à lutter contre la corruption. Le mécontentement s’est accru jusqu’à ce qu’en novembre 2020, le Congrès a approuvé au petit matin le budget national pour 2021. Il s’agissait d’un budget très élevé - le plus élevé dans l’histoire du pays - avec des poches évidentes de corruption, notamment dans le domaine des contrats d’infrastructure, où se concentre l’essentiel de la corruption, mais sans aucune attention pour la santé et l'éducation dans le contexte de la pandémie. Le budget a même réduit le programme de nutrition, dans un pays qui connaît un énorme problème de malnutrition infantile. Ce fut la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Des personnes qui normalement n’ont pas tendance à protester - une chef professionnelle, un artiste, de nombreuses personnes connues dans différents domaines - ont commencé à écrire sur les réseaux sociaux et à s’exprimer contre cette décision. C’est ainsi qu’a été convoquée la première manifestation, et soudain, nous étions environ 25 000 personnes - en pleine pandémie.

    À cette époque, toutes les restrictions pour les déplacements et les réunions avaient été levées, mais la pandémie se poursuivait et le risque de contagion était toujours présent. Personne n’avait prévu une manifestation aussi massive, et pourtant elle a eu lieu. Les manifestations ont d’abord été pacifiques, mais déjà lors de la deuxième, il y a eu de la violence et de la répression. Un petit groupe a mis le feu au bâtiment du Congrès, un événement qui est toujours sous enquête. C’est sur cette base que la répression a été justifiée : gaz lacrymogènes, passages à tabac, arrestations et détentions, ce qui ne s’était pas produit depuis longtemps. Lors d’une autre manifestation, un bus a été brûlé. De notre point de vue, les actes de violence ont été instigués pour justifier la nécessité d’un contrôle policier accru des manifestations et d’une éventuelle répression.

    L’appel à la mobilisation a-t-il été lancé exclusivement par le biais des réseaux sociaux ? Qui s’est mobilisé ?

    Il y a eu une série d’appels à travers les réseaux sociaux qui s’adressaient avant tout aux classes moyennes, mais aussi aux mouvements sociaux et aux Autorités Indigènes. Ces derniers ont joué un rôle de plus en plus important ces dernières années et, dans le contexte de cette crise, ils ont publié une déclaration dans laquelle ils proposent un conseil de gouvernement des quatre peuples qui composent le Guatemala - Maya, Xinka, Garifuna et Mestizo - pour faire la transition vers une assemblée constituante. Ils ont visité des territoires et travaillé pour former des alliances, et c’est la première fois qu’ils se dirigent vers le gouvernement national, car ils n’ont d’autorité que sur leurs territoires. Le rôle qu'ils ont joué est important car l’oligarchie a toujours eu peur du soulèvement indigène ; cette peur les émeut. Tout comme ils ont été émus par le fait qu’en 2019, la candidate à la présidence du Mouvement populaire de libération, un parti fondé par le Comité pour le développement paysan (CODECA), est arrivée en quatrième position. Une femme maya, une paysanne, peu scolarisée, est arrivée en quatrième position, et cela les a secoués.

    Quatre acteurs ont été mobilisés : les peuples indigènes, les femmes, les jeunes et les communautés en résistance - des communautés locales, généralement dirigées par des femmes, qui résistent aux mégaprojets d’extraction sur leurs territoires. Lors des dernières manifestations, le résultat du processus d’unité du mouvement étudiant universitaire a été observé : à partir de 2015, les étudiants de l’Université San Carlos de Guatemala, l’université publique, ont défilé avec ceux des deux universités privées, Rafael Landívar, l’université de la classe moyenne, et l’Universidad del Valle, l’université de la classe plus riche. Le slogan avec lequel l’université publique défilait, « USAC, c’est le peuple » s’est donc transformé en « Le peuple, c’est nous » à partir de cette convergence. C’était un événement historique qui a représenté le retour de la jeunesse universitaire organisée aux luttes populaires.

    Le rôle de la jeunesse est également évident dans le mouvement féministe, car il y a beaucoup de mouvements des jeunes féministes. En particulier, le collectif Mujeres en Movimienta se distingue comme une expression très importante des féministes universitaires. La diversité sexuelle a également été présente, et a été très active dans la dénonciation des féminicides et des meurtres de personnes LGBTQI+.

    Ces groupes ont été rejoints par la classe moyenne appauvrie après le coup dur de la pandémie. Il y avait beaucoup de gens de classe moyenne dans les manifestations, beaucoup de professionnels. De nombreux citoyens qui n’appartenaient à aucune organisation ou collectif d’indigènes, d’étudiants ou de femmes sont sortis seuls, mus par le sentiment d’en avoir assez. Ainsi, les manifestations de novembre 2020 reflétaient à la fois l’organisation sociale et l’autonomie des citoyens.

    Que demandaient les citoyens mobilisés ?

    Malgré le fait que plusieurs secteurs se soient mobilisés et que de nombreuses demandes se soient accumulées, il y avait un ordre dans la pétition des protestations. Même si les différents secteurs avaient leurs propres exigences, tous ont accepté les grandes demandes. L’axe central était que le président oppose son veto au budget, car ce qui a déclenché la mobilisation, c’est l’impudence d’un Congrès qui a fait un budget qui n’était pas pour les citoyens du Guatemala mais pour eux-mêmes, pour alimenter la corruption. Les manifestations ont été un succès immédiat, puisque quelques jours après l’incendie du bâtiment du Congrès, celui-ci a fait marche arrière et a annulé le budget qu’il avait approuvé. Parallèlement au retrait du budget, la demande d’un budget répondant aux besoins de la population a été formulée, mais cette demande est toujours en suspens.

    Après la répression des protestations, une autre revendication centrale a été la démission du ministre de l’Intérieur, qui n’a pas eu lieu ; le fonctionnaire reste en fonction. Il y a eu également une demande de démission du président, qui n’a pas eu lieu non plus.

    Enfin, la demande d’une nouvelle constitution a été de nouveau soulevée, ce qui est à l’ordre du jour des mouvements sociaux depuis plusieurs années. En 2015, lors des grandes manifestations qui ont conduit à la démission du gouvernement entier, les mouvements sociaux ont évalué que la corruption n’était pas logée seulement dans des individus, mais que nous avions un système de corruption et que par conséquent un changement de système était nécessaire. Les organisations indigènes et paysannes ont élaboré une proposition de changement constitutionnel, basée sur leur demande de reconnaissance des peuples indigènes et de création d'un État plurinational qui leur donne l’autonomie et le pouvoir de décision.

    D’autres groupes ont des propositions plus embryonnaires. J’ai été membre du Congrès jusqu’en janvier 2020, et lorsque j’étais encore au Congrès, j’ai travaillé avec des organisations de femmes en pensant que cette situation pouvait se produire et que nous devions nous y préparer. Nous avons lancé le « Mouvement des femmes avec du pouvoir constituant » afin de formuler une proposition de constitution nouvelle dans une perspective des femmes dans toute leur diversité.

    Quels sont les principaux changements que vous proposez ?

    Nous avons une constitution qui a été rédigée en 1985 et qui a un contenu important en matière de droits humains ; elle inclut la figure de l’Ombudsman, qui était une innovation à l’époque. Mais les droits humains y sont abordés dans une perspective individuelle ; les droits collectifs et les droits des peuples sont absents, mais aussi les droits des femmes et de la diversité sexuelle, et bien sûr les droits les plus avancés en matière constitutionnelle qui sont ceux de la nature. Notre proposition est une proposition politique pour l’émancipation des peuples, des femmes et de la diversité. Elle repose sur l’idée d'une économie de la vie, qui place la communauté au centre, et sur une économie féministe qui réorganise le travail et les soins.

    Pensez-vous que les protestations vont continuer ?

    Oui, les protestations vont continuer. Avec les célébrations de fin d’année, il y a eu une démobilisation, mais ces jours-ci, on a su que le CODECA va de nouveau descendre dans la rue. Le CODECA est une organisation qui travaille normalement seule, elle ne se coordonne pas avec d’autres mouvements sociaux, mais elle a une grande capacité de mobilisation. S’ils retournent dans les rues, ils ouvriront une nouvelle étape de manifestations.

    En ce moment, le ministre des Finances prépare un nouveau budget qui, dans un mois, devra être à nouveau discuté au Congrès. Il reste à voir non seulement combien sera investi dans la santé, l’éducation et la réactivation économique, mais aussi ce qu’on considère comme la « réactivation économique ». Jusqu’à présent, l’accent a toujours été mis sur les investissements privés internationaux, ce qui ne fait que générer des espaces pour une plus grande exploitation et des mégaprojets. Il existe une loi visant à promouvoir l’agriculture familiale qu’il est impossible de faire adopter. La demande des populations rurales, paysannes et indigènes, va donc continuer à s’exprimer dans les rues.

    Pour l’instant, il s’agit d'un appel sectoriel, et pas d’un appel général aux citoyens. Mais il n’en faut pas beaucoup pour relancer la protestation citoyenne, car après les manifestations de novembre, le président a fait une série de promesses qu’il n’a pas tenues. Le 14 janvier 2021, une année de gouvernement a été achevée et les niveaux de soutien que le gouvernement reçoit sont très faibles. Le Congrès a également peu de légitimité, étant donné le nombre de députés qui composent le « pacte de corruption », suffisant pour former une majorité ordinaire pour adopter des lois.

    Cependant, les gens peuvent avoir peur de se mobiliser parce que nous avons un pic d’infections de COVID-19. Ainis, un autre obstacle à la continuité des mobilisations est l’absence d’un leadership unifié et le fait que la coordination soit limitée.

    L’espace civique au Guatemala est classé « obstrué » par leCIVICUS Monitor.
    Suivez@sandramorangt sur Twitter.

     

  • GUATEMALA: ‘The protests were a reflection of both social organisation and citizen autonomy’

    Sandra MoraenCIVICUS speaks about recent protests in Guatemala with Sandra Morán Reyes, an advocate of women’s and LGBTQI+ rights. With a long history of participation in social movements, Sandra was one of the co-founders of the first Guatemalan lesbian group and the organiser of the first pride march in Guatemala, held in 1998 in Guatemala City. In 2015, she was elected as a national congressional representative, becoming the first gay congresswoman and politician to be elected to popular office in the history of her country. From that position, she promoted various initiatives to advance the rights of women and sexual minorities.

    What was the background to the November 2020 protests and how did they begin?

    A new government was inaugurated in January 2020, and soon after that we found ourselves locked up because of the pandemic. But by May or June some of our colleagues started to take to the streets again, partly to criticise the government’s attitude towards the needs of the population as the effects of the crisis generated by the pandemic began to be clearly seen. Suddenly white flags started to appear on the streets, on house doors and in the hands of people and families walking the streets or sitting in doorways. With the white flag people indicated that they did not have enough to eat, and solidarity actions began to take place, for instance in the form of soup kitchens, which did not previously exist in Guatemala. There was a great movement of solidarity among people. While organisations were busy attending to their own members, citizens made great efforts to provide person-to-person support. It became common for people to go out into the streets to give a little of what they had to those who needed it most. This was then repeated regarding those who were affected when hurricanes hit and lost everything.

    At the state level, a lot of resources were approved to alleviate the effects of the pandemic, but these resources did not reach the people and the needs of the population remained unmet, so the question that people began to ask was, ‘where is the money?’

    From 2017 onwards, we started denouncing what we called the ‘corrupt pact’ that brought together public officials, businesspeople and even church representatives in defence of their own interests. In 2015, after six months of sustained mass demonstrations, the president and vice president ended up in prison, but the governments that succeeded them ended up reaffirming the same old system. The government of President Jimmy Morales unilaterally ended the agreement with the International Commission against Impunity in Guatemala, and the current government led by President Alejandro Giammattei, following on from its predecessor, has made progress in controlling the judiciary, Congress and all state institutions in order to sustain corruption as a form of government.

    The effects of the lack of attention to the impacts of the pandemic and of hurricanes Eta and Iota, which struck in October and November 2020, were compounded by attacks on the officials of the Public Prosecutor’s Office who continue to fight against corruption. Discontent continued to accumulate until the early hours of November 2020 when Congress approved the national budget for 2021. It was a very high budget – the highest in the country's history – and it included obvious pockets of corruption, especially in the area of infrastructure contracts, which is where the bulk of corruption takes place, but paid no attention to health and education, in the context of a pandemic. Budget cuts even affected the national nutrition programme, in a country that has a huge problem of child malnutrition. That was the last straw. People who are not normally prone to protest – a professional chef, an artist, many well-known people in different fields – started writing on social media and expressing anger against this decision. That’s how the first demonstration was organised, and suddenly we were about 25,000 people out there, in the middle of a pandemic.

    By that time all restrictions on movement and gatherings had been lifted, but the pandemic was still ongoing and the risk of contagion was still there. No one foresaw such a massive protest, and yet it happened. The demonstrations were initially peaceful, but already during the second one there was violence and repression. A small group set fire to the Congress building, an event that is still under investigation. This was used to justify the repression: teargas, beatings, arrests and detentions, something that had not happened for a long time. In another demonstration, people set fire to a bus. From our perspective, these acts of violence were instigated to justify the need for more police control over demonstrations and ultimately the repression of protests.

    Was the call for mobilisation made exclusively through social media? Who mobilised?

    There were a series of calls through social media that appealed above all to the middle classes, but social movements and Indigenous authorities also made their calls. Indigenous authorities have played an increasingly important role in recent years, and in the context of this crisis they published a statement in which they proposed a governing council of the four main groups of peoples who make up Guatemala - Maya, Xinka, Garífuna and Mestizo - to pave the way for a Constituent Assembly. They have been visiting territories and working to form alliances, and this was the first time that they have made steps towards the national government, as for now they have only had authority within their territories. The role they have played is important because the oligarchy has always been afraid of an Indigenous uprising; that fear is what moves them, just as they were moved by the fact that in 2019 the candidate for president of the People's Liberation Movement, a party founded by the Peasant Development Committee (CODECA), came in fourth place. A Mayan woman, a peasant, with little schooling, came in fourth place, and they found that very upsetting.

    Four main actors mobilised: Indigenous peoples, women, young people and what are called ‘communities in resistance’ – local communities, generally led by women, who are resisting extractive mega-projects in their territories. The latest demonstrations also evidenced the results of the newly achieved unity of the university student movement: from 2015 onwards, students from the public university of San Carlos de Guatemala marched together with those from the two private universities, Universidad Rafael Landívar, of middle-class students, and Universidad del Valle, which caters to the upper class. The motto under which the public university used to march, ‘USAC is the people’, turned into ‘We are the People’ as a result of this convergence. This was a historical event that marked the return of organised university students to popular struggles.

    The role of young people can also be seen within the feminist movement, as there are many young feminist movements. In particular, the Women in Movement collective, a very important expression of university-based feminists, stands out. Sexual diversity organisations have also been present, and have been very active in denouncing femicides and murders of LGBTQI+ people.

    These groups were joined by a middle class made impoverished by the severe impact of the pandemic. There were many middle-class people, many white-collar workers and professionals, in the demonstrations. Many people who did not belong to any Indigenous, student or women’s organisation or collective went out on their own, moved by the feeling of being fed up. Thus, the November 2020 protests were a reflection of both social organisation and citizen autonomy.

    What did the mobilised citizenry demand?

    Despite the fact that several sectors mobilised and many demands accumulated, there was an order to the protests’ petition list. Although each sector had its own demands, they all rallied around a few major ones. The key demand was that the president should veto the budget, since what triggered the mobilisation was the impudence of a Congress that made a budget that was clearly not to the benefit of the citizens of Guatemala but to their own, to feed corruption. The demonstrations were an immediate success in that regard, since a few days after the Congress building was burned, Congress backed down and annulled the budget it had previously approved. Along with the withdrawal of the budget, the protesters’ demand was the drafting of a new budget that would respond to the needs of the population, but this demand is still pending.

    Following the repression of the protests, the resignation of the Minister of the Interior became a key demand, but this did not happen and this public official remains in office. The president’s resignation was also demanded but did not take place.

    Finally, the demand for a new constitution, which has been on the agenda of social movements for several years, was raised again. In 2015, during the big demonstrations that led to the resignation of the entire government, social movements assessed that corruption was not only the fault of some individuals, as we had a corrupt system and therefore a change of system was needed. Indigenous and peasant organisations have their proposal for constitutional change, based on their demand of recognition of Indigenous peoples and the establishment of a plurinational state that would give them autonomy and decision-making power.

    Other groups have more embryonic proposals. I was a member of Congress until January 2020, and when I was still in Congress I worked with women’s organisations, thinking that this situation could arise and we had to be ready. We started the Movement of Women with Constituent Power to develop a proposal for a new constitution from the perspective of women in all our diversity.

    What are the main changes you propose?

    We have a constitution that was drafted in 1985 and it has an important human rights component; it includes the office of the Ombudsman, which at the time was an innovation. But human rights are approached from an individual perspective; collective rights and peoples’ rights are absent, as are the rights of women and LGBTQI+ people. And so are the most advanced innovations in constitutional matters, such as the rights of nature. Ours is a political proposal for the emancipation of peoples, women and sexual diversity. It is based on the idea of an economy for life, which puts the community at the centre, and on a feminist economy that reorganises work and care tasks.

    Do you think the protests will continue?

    Yes, the protests will continue. With the year-end celebrations came demobilisation, but in recent days it has become public that CODECA has decided to take to the streets again. CODECA is an organisation that normally goes out alone, it doesn’t coordinate with other social movements, but it has a great capacity for mobilisation. If they go back on the streets, they will open a new phase of demonstrations.

    Right now, the Minister of Finance is drawing up a new budget, which in a month’s time will have to be discussed again in Congress. It remains to be seen not only how much will be invested in health, education and economic revival, but also what they think ‘economic revival’ actually means. Until now the emphasis has always been on international private investment, which only generates opportunities for greater exploitation and mega-projects. A bill has been proposed to promote family farming; there is no way it can be passed. So the demands of rural populations, peasants and Indigenous peoples are going to continue to be expressed on the streets.

    For the time being, this is a sectoral call, not a broad call to citizens. But it will not take much to revive citizen protest, since after the November demonstrations the president made a series of promises that he has not kept. The first anniversary of his government was 14 January 2021 and the levels of support it receives are extremely low. Congress also has little legitimacy, given the number of representatives who are part of the ‘corrupt pact’, which is large enough to hold an ordinary majority to pass legislation.

    However, people may be afraid of mobilising because we are at a peak in COVID-19 infections. And another obstacle to the continuity of the protests is the absence of a unified leadership and the fact that coordination is quite limited.

    Civic space in Guatemala is rated as ‘obstructed’ by theCIVICUS Monitor.
    Follow@sandramorangt on Twitter.

     

     

  • Niger: CIVICUS welcomes release of human rights defenders

    Global civil society alliance CIVICUS welcomes the decision by Nigerien authorities to release three human rights defenders after six months in detention. We now call on the Nigerien authorities to drop all charges against them. Moudi Moussa, Halidou Mounkaila and Maïkoul Zodi were among civil society members who gathered peacefully in Niamey, on 15 March 2020, to protest about corruption in the Ministry of Defence.