CIVICUS appelle les autorités camerounaises à faire preuve de retenue à l’approche des manifestations prévues

L'alliance mondiale de la société civile CIVICUS appelle les autorités camerounaises à éviter d'utiliser la violence pour freiner les manifestations antigouvernementales prévues par les membres de l'opposition politique le 22 septembre 2020.  Ces manifestations ont été convoquées par l'opposition politique dirigée par le Mouvement pour la Renaissance du Cameron (MRC) et certains groupes de la société civile.  En prévision de ces manifestations, les autorités ont déployé l'armée dans la capitale Yaoundé et fouillent les véhicules aux principaux points d'entrée.  

Le 17 septembre 2020, les forces de sécurité ont encerclé les locaux du groupe de la société civile "Stand Up for Cameroon" dans la capitale économique Douala et en ont arrêté quatre membres.  Les autorités ont menacé les manifestants de nouvelles arrestations et ont indiqué qu'ils seraient accusés de tentative de déstabilisation du Cameroun. Les autorités ont averti les manifestants qu'ils risquaient de longues peines de prison et d'être accusés d'insurrection s'ils se joignaient aux manifestations.

"Les autorités camerounaises ont fermé la plupart des canaux officiels par lesquels l'opposition politique et la société civile peuvent dialoguer avec le gouvernement sur des questions considérées comme sensibles par l'État. Le droit de participer aux assemblées publiques est garanti par la constitution, mais la réponse actuelle des autorités aux manifestations prévues montre que même ce droit leur est retiré," a déclaré Paul Mulindwa, responsable du plaidoyer et des campagnes de CIVICUS

Contexte

Les leaders de l'opposition exigent que le président Paul Biya, en poste depuis longtemps, se retire, et protestent contre les projets des autorités d'organiser des élections régionales en décembre, en disant que le gouvernement doit d'abord résoudre le conflit dans les régions anglophones. La MRC a dénoncé le scrutin de 2018, et son dirigeant Maurice Kamto ainsi que plusieurs de ses partisans ont été arrêtés en janvier 2019 après avoir appelé à une réorganisation des élections. Kamto a été accusé de rébellion et d'insurrection et a été emprisonné pendant neuf mois avant d'être libéré. À l'époque, les autorités ont violemment réprimé les manifestations antigouvernementales et ont interdit les rassemblements.  

Pour plus d'informations sur les violations de l'espace civique, visitez la page du Cameroun sur le CIVICUS Monitor.