COVID-19

 

  • ARGENTINE : ‘Nous devons mettre fin à la tentative de retour aux injustices de l’époque pré-pandémique

    Sebastien ArgentinaCIVICUS discute de la crise du COVID-19 et des réponses de la société civile avec Sebastián Pilo, co-directeur de l’Asociación Civil por la Igualdad y la Justicia (ACIJ), une organisation de la société civile (OSC) dédiée à la défense des droits des groupes les plus défavorisés et au renforcement de la démocratie en Argentine. Fondée en 2002, l’ACIJ a pour objectif de défendre l’application effective de la Constitution nationale et des principes de l’État de droit, de promouvoir l’application des lois qui protègent les groupes défavorisés et l’éradication de toutes les pratiques discriminatoires, et de contribuer au développement de pratiques démocratiques participatives et délibératives.

    Quel impact la pandémie de COVID-19 a-t-elle eu sur les droits des Argentins ?

    Sans préjuger des bons résultats des mesures d’isolement sur le plan sanitaire, la pandémie a touché de plein fouet les populations les plus vulnérables. Pour ne citer que quelques exemples, les habitants des quartiers informels ont subi l’impact de la contagion dans une proportion bien plus élevée. Les personnes âgées placées en institution ont aussi souffert de la pandémie d’une manière particulièrement cruelle, et il y a également une augmentation présumée des cas de violence domestique associés à l’enfermement.

    Le fait que les personnes dont le droit à un logement adéquat n’est pas satisfait soient priées de « rester chez elles » est un exemple clair du fossé entre les promesses constitutionnelles et la réalité, ainsi que de l’interrelation entre le droit à la santé et d’autres droits fondamentaux. Sur ce point précis, à la mi-mars, alors que la quarantaine obligatoire venait de commencer, nous avons présenté, en collaboration avec d’autres OSC, une note au gouvernement de la ville de Buenos Aires mettant en garde contre l’absence de politiques publiques adéquates pour les personnes vivant dans la rue, un groupe particulièrement vulnérable face à la pandémie. Bien que le gouvernement de la ville de Buenos Aires ait annoncé des mesures pour atténuer la propagation du COVID-19, les actions sont principalement orientées vers le contrôle des déplacements de cette population, mais aucune ne garantit son accès à des conditions d’hygiène et de santé adéquates. Les causes qui conduisent les personnes à devenir sans-abri sont structurelles et sont liées à l’absence de politiques publiques qui garantissent à tous l’accès à un logement décent. Les mesures prises dans cette situation d’urgence doivent être un point de départ pour construire une politique à long terme visant à inverser la précarité dans laquelle vivent des milliers de personnes dans la ville.

    Plus généralement, dans le contexte de la pandémie, l’initiative multisectorielle Habitar Argentina a exigé la mise en œuvre d’une politique nationale d’urgence en matière d’habitat qui vise non seulement à améliorer les conditions des personnes qui vivent déjà dans la rue, mais qui prévoit également la suspension - pendant six mois ou jusqu’à ce que la pandémie soit surmontée - de toutes les expulsions et exécutions judiciaires susceptibles d’accroître le nombre de personnes vivant dans la rue ou de détériorer leurs conditions sanitaires, ainsi que des politiques spécifiques pour les familles qui louent, ont des hypothèques ou vivent dans des logements précaires. Elle demande également la mise en œuvre de mécanismes de protection pour les femmes, les enfants, les adolescents et les minorités sexuelles ou les personnes non-conformes au genre qui se trouvent dans une situation de violence quel que soit le type de logement ou de territoire qu'ils habitent.

     

    Quels obstacles l’ACIJ a-t-il rencontrés pour continuer à fonctionner dans ce contexte, et comment les a-t-il surmontés ?

    Le plus grand obstacle est lié aux mesures de confinement et à l’impossibilité conséquente de maintenir, dans les mêmes conditions, notre présence territoriale dans les communautés avec lesquelles nous travaillons. Cela nous a amenés à redoubler d’efforts pour rester en contact -virtuellement ou par des présences autorisées sporadiques - avec les leaders de la communauté, et pour promouvoir des actions visant à fournir la protection spéciale requise par le contexte.

    Ainsi, par exemple, avec la Fundación Huésped et TECHO, nous avons organisé une série de formations pour les leaders populaires, qui ont historiquement joué un rôle clé dans les réseaux de solidarité dans leurs quartiers. À partir du 5 juin, nous avons organisé cinq réunions pour leur fournir des informations sur les mesures de prévention contre la COVID-19 et d’autres maladies présentes dans les quartiers, des informations juridiques dans le cadre de l’isolement social obligatoire, des conseils en cas de violence institutionnelle et/ou de genre et des mesures de prévention pour les cuisines communautaires et les soupes populaires, et pour les informer des programmes d’assistance de l’État qui ont vu le jour dans le contexte de la pandémie. Plus de 90 représentants des provinces de Buenos Aires, Chaco, Córdoba et Tucumán ont participé aux réunions.

    Ils ont également mis au point un assistant virtuel contenant des informations spécifiques pour répondre aux questions des habitants des quartiers populaires, ainsi qu’une série d’outils de communication distribués via les groupes WhatsApp et Facebook des communautés.

     

    Quelles autres actions avez-vous entreprises pour défendre les droits affectés par la pandémie, et quels ont été vos résultats ?

    Parmi les actions les plus pertinentes que nous avons menées au cours de ces mois, les suivantes méritent d’être mentionnées.

    Tout d’abord, en ce qui concerne les habitants des bidonvilles et des campements, nous avons promu un protocole spécial d’action contre la COVID-19, la création d’une plateforme web qui géo-référence les ressources et permet de détecter les urgences de cette population, ainsi qu’une mesure judiciaire visant à fournir un accès gratuit à Internet par l’État pendant la durée des mesures de confinement.

    Ce progrès en termes d’accès à l’internet répondait à une demande que nous avons initiée avec d’autres OSC, afin de permettre la continuité de l’enseignement pour tous les étudiants dans le cadre des mesures d’enseignement à distance ordonnées pendant l’urgence. L’injonction émise au début du mois de juin oblige le gouvernement de la ville de Buenos Aires à fournir à tous les élèves fréquentant des établissements d’enseignement publics ou privés sans frais d’inscription et se trouvant en situation de vulnérabilité sociale (bénéficiaires de plans, de bourses, de subventions ou de programmes sociaux de la ville ou du gouvernement national, ou résidents de bidonvilles), un appareil informatique adapté (ordinateur portable ou tablette) pour accéder à Internet et effectuer des travaux scolaires afin d’assurer leur continuité éducative. De même, le gouvernement est tenu d’installer dans tous les bidonvilles de la ville des équipements technologiques pour la transmission de l’Internet sans fil, semblables à ceux qui existent actuellement sur les places et dans les espaces publics, en quantité et en emplacement suffisants pour fournir un standard minimum de connectivité sans fil gratuite. En cas d’obstacles techniques, le gouvernement local doit fournir un dispositif mobile permettant l’accès à Internet à chaque groupe familial composé d’enfants et/ou d’adolescents fréquentant les écoles primaires.

    Cette mesure est fondamentale car elle vise non seulement à inverser l’inégalité existante en termes d’accès aux équipements éducatifs, mais aussi à reconnaître l’accès à Internet comme un droit fondamental qui est un instrument - et dans ce contexte essentiel - pour l’exercice d’autres droits tels que l’éducation, la santé, l’information ou l’accès à la justice.

    Deuxièmement, en ce qui concerne les personnes handicapées, nous avons, entre autres, dénoncé la réduction de la couverture des aides, nous avons mené une campagne pour montrer les effets de l’enfermement sur les personnes dans les résidences, et nous avons lancé une plateforme web pour faciliter l’accès aux droits.

    La plateforme discapacidadyderechos.org.ar a été lancée début juillet et vise à aider les personnes handicapées à exiger le respect de leurs droits à la santé, à l’éducation, au travail, à une vie indépendante et à la protection sociale. La plateforme centralise les informations sur les droits, les avantages et les services reconnus par la réglementation en vigueur ; les moyens existants pour réclamer en cas de non-respect par la sécurité sociale, les entreprises de médicaments prépayés et l’État ; et les endroits où vous pouvez vous rendre pour recevoir des conseils juridiques et un parrainage gratuits. La page comporte un total de 120 modèles de documents tels que des notes administratives et des lettres que chacun peut adapter à sa situation. Il comporte également une section spécifique fournissant des informations sur les droits des personnes handicapées dans le contexte de la pandémie de COVID-19.

    Il convient de souligner que le processus de développement du site a fait appel à la participation de personnes handicapées et de leurs familles, qui ont testé la plateforme et fait des suggestions d’amélioration. Il s’est également appuyé sur les conseils de spécialistes de l’accessibilité et de la facilité d’utilisation numériques.

    Troisièmement, pour les groupes vulnérables en général, avec un groupe d’institutions universitaires et de la société civile, nous avons créé une initiative visant à diffuser des informations juridiques afin de clarifier la portée et l’impact des règlements d’urgence, et de contribuer à l’autonomisation juridique de divers groupes défavorisés, et nous avons lancé un appel régional pour alerter sur le rôle de la justice face à la crise. Nous avons également préparé un document contenant des informations clés pour renverser les injustices fiscales et contribuer à une politique fiscale qui respecte les droits économiques, sociaux et culturels dans le contexte de la pandémie.

     

    Quel a été, selon vous, le facteur déterminant de ces réalisations ?

    Je crois que les résultats obtenus dans ce contexte s’expliquent fondamentalement par l’articulation de trois variables : premièrement, toute l’équipe de l’ACIJ a été particulièrement mobilisée par la nécessité d’apporter une contribution significative de la suite de notre rôle institutionnel, et a adopté la flexibilité nécessaire pour réagir à la crise de manière appropriée. Deuxièmement, notre proximité historique avec les communautés et les groupes concernés autour des questions sur lesquelles nous travaillons a été essentielle pour acquérir une connaissance de première main des obstacles auxquels les personnes vulnérables sont confrontées dans l’accès à leurs droits. Enfin, la combinaison des stratégies de plaidoyer relatif aux politiques publiques, d’action judiciaire en cas de conflits collectifs et d’autonomisation des communautés a permis d’obtenir des impacts plus importants que ceux qui auraient été obtenus en l’absence de cette articulation de stratégies.

     

    Quel rôle la société civile doit-elle jouer dans la sortie de la pandémie et dans la construction d’une meilleure « nouvelle normalité » post-pandémie ?

    La première chose que la société civile doit faire dans ce contexte est de montrer très clairement les injustices du monde que nous avions avant la pandémie : l’inégalité politique comme facteur structurant des démocraties de faible qualité ; l’inégalité économique comme facteur structurant de la violation des droits économiques, sociaux et culturels ; et un modèle de production de biens et d’organisation des territoires non durable du point de vue environnemental.

    Étant donné que la pandémie a creusé les inégalités préexistantes et a eu un impact plus important sur les personnes aux revenus les plus faibles, la priorité actuelle doit être de renforcer les systèmes publics de protection et de promotion des droits humains des groupes les plus touchés par la pandémie. Dans ce contexte, il est essentiel de garantir des ressources pour financer des politiques de santé et de protection sociale adéquates. C’est pourquoi, avec d’autres OSC de la région, nous avons produit une déclaration pour exhorter les États à mettre en œuvre des mécanismes permettant de parvenir à un système fiscal globalement progressif ; à évaluer les exonérations fiscales existantes pour déterminer celles qui doivent être éliminées car injustifiées et inéquitables ; accepter de ne pas approuver de nouveaux privilèges fiscaux, sauf dans des cas urgents d’efficacité prouvée et de préférence au profit des populations vulnérables et des petites entreprises ; et réformer et rationaliser le processus d’approbation et de révision des dépenses fiscales, en augmentant la transparence, en identifiant les bénéficiaires, en incluant des évaluations d’impact, et en les soumettant à un examen indépendant.

    Il est essentiel que la société civile contribue à imaginer de nouvelles orientations : le moment de la crise est aussi un contexte d’opportunité pour stimuler notre capacité à concevoir des modes de relation différents en tant que communauté politique, et de nouvelles valeurs pour la reconstruction de sociétés plus justes.

    Enfin, nous devrons accompagner ceux qui auront le plus de mal à trouver des stratégies de survie et à satisfaire leurs besoins fondamentaux, en même temps que nous chercherons des espaces de participation pour faire entendre nos voix dans les décisions publiques et faire face aux tentatives prévisibles de renouer, dans la phase post-pandémique, avec les injustices et les privilèges de l’époque précédente.

    L’espace civique en Argentine est classé comme « rétréci » par leCIVICUS Monitor.

    Contactez ACIJ via sonsite web ou sur son profilFacebook, et suivez@ACIJargentina et@piloofkors sur Twitter.

     

  • ASIA: ‘Durante la pandemia, el racismo hacia los pueblos Indígenas se ha intensificado’

    CIVICUS conversa con Gam Shimray, Secretario General del Pacto de Pueblos Indígenas de Asia (Asian Indigenous Peoples Pact, AIPP) sobre la situación de los grupos Indígenas en Asia durante la pandemia del COVID-19. AIPP es una federación regional de movimientos de pueblos Indígenas de Asia que trabaja para promover y defender los derechos humanos de los pueblos Indígenas, incluyendo derechos territoriales y culturales. Debido a su posición de subordinación y a su distancia respecto de la cultura y la política convencionales, lospueblos Indígenas padecen graves violaciones de derechos humanos, racismo sistémico, discriminación y exclusión. Como resultado de la constante negación de sus derechos a la tierra, el territorio y los recursos naturales, muchas comunidades Indígenas se cuentan entre los grupos más vulnerables y desfavorecidos.

     Gam Shimray

    ¿Qué nos puedes contar acerca del trabajo de AIPP?

    El trabajo de AIPP se guía por nuestra creencia en los derechos humanos universales y el derecho inherente a la autodeterminación de todos los pueblos, incluidos los pueblos Indígenas. Los derechos a la autodeterminación y el autogobierno son una necesidad social para lograr una continuidad de los procesos sociales el autodesarrollo Indígena.

    Mientras que nuestro trabajo de incidencia se centra principalmente en los niveles regional y global, a través de nuestros miembros y redes establecemos conexiones con procesos a nivel país. AIPP consolida una posición común de las organizaciones Indígenas para la incidencia global y regional. Para ello, nos enfocamos en el fortalecimiento de las capacidades de las comunidades, consolidando los movimientos Indígenas y programando una agenda común para campañas y actividades de incidencia colectivas a nivel nacional.

    AIPP también trabaja en la construcción de liderazgos y promueve un liderazgo distribuido a lo largo de Asia, incluyendo a mujeres, jóvenes y personas con discapacidades.

    ¿Cuál era la situación de los pueblos Indígenas en Asia antes de la pandemia del COVID-19?

    Antes de la pandemia causada por el COVID-19 la situación política en Asia se había ido deteriorando, particularmente en los últimos años. En muchos países asiáticos hemos experimentado ataques crecientes contra la sociedad civil y la restricción del espacio democrático necesario para el debate y la formación de la opinión pública. Algunos intelectuales atribuyeron esta tendencia a la existencia de liderazgos políticos cada vez más apartados de la democracia y los derechos humanos.

    Las transiciones de regímenes autoritarios hacia la democracia que algunos países han experimentado en las últimas décadas, como Filipinas en los años ‘80, Indonesia a finales de los ‘90 y Nepal a comienzos de los 2000, no han culminado. Otros países, como China, Laos y Vietnam, tienen sistemas de partido único de jure, mientras que Camboya tiene uno de facto. En Myanmar, los militares todavía controlan el gobierno, mientras que la tradición tailandesa de gran tolerancia todavía no ha producido un Estado democrático moderno y estable. A su vez, el ascenso del populismo constituye una seria amenaza para estas democracias. En India, la democracia más grande del mundo y probablemente una de las más fuertes en la región, bajo el gobierno populista del Primer Ministro Narendra Modi estamos viendo continuos ataques contra toda institución autónoma, desde la justicia hasta el banco central y la prensa independiente.

    El resultado es que, en los últimos años, la mayoría de los defensores de las personas defensoras de derechos humanos asesinadas han sido Indígenas. Ellas han perdido sus vidas defendiendo sus derechos, hogares, tierras, territorios y recursos.

    Estos problemas también evidencian la existencia de problemas subyacentes más profundos, referidos a la insuficiente capacidad política e institucional para abordar eficientemente los desafíos que presentan la democracia y los derechos humanos en los países asiáticos. Enfrentamos cuestiones morales y políticas que requieren una evaluación seria de la erosión de los estándares y prácticas de derechos humanos y el debilitamiento de la capacidad política e institucional para responder a los desafíos sociales y políticos del presente. La experiencia de sufrimiento de las personas más pobres durante la pandemia del COVID-19 es evidencia de ello.

    ¿Qué desafíos han enfrentado los grupos y activistas Indígenas durante la pandemia?

    Los problemas y desafíos varían según las diferentes situaciones de los países. Aún así, uno de los principales desafíos se relaciona con el hecho de que la mayoría de los gobiernos de Asia impusieron cuarentenas en sus países sin mucha preparación, lo cual desencadenó el caos. La situación fue abrumadora y no pudimos responder a las necesidades de activistas, comunidades y trabajadores migrantes.

    Las personas refugiadas, trabajadoras migrantes y apátridas fueron las que más sufrieron. Las que carecían de documentos identidad tuvieron problemas para demostrar su ciudadanía, lo cual debían hacer para recibir ayuda gubernamental. La mayoría de las personas migrantes y refugiadas carecen de la documentación necesaria y también abundan los errores de registro, y quienes no figuran en el registro nacional no pueden recibir un documento de identidad.

    Durante la pandemia, el racismo hacia los pueblos Indígenas se ha intensificado. Esta situación ha sido peor en India, donde gente del noreste del país fue expulsada de sus hoteles o de las casas que alquilaban, no podían comprar comida, ir a los mercados o usar transporte público. Hubo gente que les escupió y se les detenía sin ningún tipo de explicación. Muchas de estas personas, entre ellas mujeres, fueron golpeadas sin ninguna razón, por lo que mucha gente en ciudades de toda India vive en un estado de temor permanente.

    En algunos países, los gobiernos están aprovechando la situación actual como excusa para emprender campañas militares, acaparar tierras, autorizar grandes proyectos de infraestructura, denegar derechos y debilitar regulaciones y protecciones medioambientales. Muchos activistas y miembros de las comunidades en países como Bangladesh, India, Filipinas y Myanmar fueron asesinados o encarcelados a raíz de acusaciones inventadas. La policía y las fuerzas de seguridad también han impedido que los líderes de las comunidades realizaran tareas de emergencia y ayudaran a comunidades en emergencia alimentaria.

    Estos incidentes son graves y hay muy poco que podamos hacer al respecto, ya que la gente no puede salir a protestar o hacer campaña, y apenas pueden tener acceso a la justicia. En India están permitidas las peticiones electrónicas y los tribunales siguen atendiendo los temas más urgentes mediante videoconferencia, pero muchas comunidades no están familiarizadas con procesos tan complicados y tampoco tienen acceso adecuado a internet.

    ¿Como han respondido ante esta situación AIPP y otras organizaciones de derechos Indígenas?

    Lo primero que hicimos fue comunicarnos con nuestros miembros y redes para juntar información de las bases. También les respondimos a quienes se comunicaron con nosotros en busca de ayuda y apoyo. Nuestra primera acción fue proveer o movilizar asistencia, y en particular alimentos para las personas en situación crítica en diferentes áreas, por intermedio de nuestros miembros. Nuestra ayuda también se concentró en compartir información relativa a las comunidades Indígenas. Esto ha sido necesario porque los niveles de desinformación han sido abrumadores, y han desencadenado reacciones impulsadas por el pánico. Hemos compartido con las comunidades solicitudes y llamamientos solidarios para impulsar respuestas humanitarias y difundir buenas prácticas que las comunidades pueden implementar.

    La situación es complicada porque no se trata solamente de responder a la pandemia. Las comunidades indígenas padecen de muchos problemas subyacentes. Lo mínimo que podíamos hacer era dejar constancia de nuestra protesta y llevar a cabo campañas a través de medios digitales.

    La pandemia del COVID-19 ha desenmascarado muchos problemas y nos plantea nuevos desafíos. Por lo tanto, estamos evaluando y haciendo esfuerzos para dar pasos adicionales para afrontar el impacto de la pandemia en el largo plazo. Con respecto a esto, también hemos formado una alianza regional en respuesta al COVID-19, que se encuentra en proceso de expansión. Pronto tendremos listo nuestro informe preliminar de evaluación regional, que nos va a ayudar a planificar mejor. Ya sabemos que el fortalecimiento de las capacidades de las comunidades va a ser crucial en el proceso de adaptación a lo que se ha dado en llamar “la nueva normalidad”.

    ¿Qué otros apoyos necesitarían los grupos Indígenas en este momento?

    El apoyo que las comunidades Indígenas necesitan es enorme, porque los impactos se seguirán sintiendo en el largo plazo. Pero algunas de las necesidades principales son las siguientes.

    En primer lugar, necesitamos establecer grupos locales de respuesta rápida a la pandemia con fondos asignados y con un equipo de funcionarios designados para coordinar con autoridades provinciales o estaduales y organizaciones de la sociedad civil para monitorear la situación en las comunidades Indígenas y proveerles el apoyo que necesiten. El equipo de respuesta también debe coordinar con las autoridades correspondientes para atender las necesidades especiales de las mujeres, los niños, los adultos mayores y las personas con discapacidades en las comunidades Indígenas.

    En segundo lugar, necesitamos asegurar que las autoridades locales y provinciales reciban pautas e instrucciones apropiadas en relación con las medidas que deben tomarse para que los pueblos Indígenas puedan afrontar el COVID-19 y cumplir la cuarentena.

    El tercer lugar, es crucial crear conciencia y asegurar el acceso a los servicios de salud. Por eso es importante preparar materiales informativos en formatos amigables para las comunidades, que expliquen con claridad la naturaleza de la enfermedad, las medidas de cuarentena y contención y las pruebas virales, de modo de derribar los mitos acerca del virus. Se necesita coordinación entre los trabajadores del departamento de salud y los sanadores tradicionales para garantizar que los sistemas de conocimiento Indígenas estén integrados en los mecanismos de respuesta. Se deberían fomentar estrategias de cuarentena localizadas y separadas que promuevan un ambiente natural y de participación de la comunidad. También se pueden preparar centros de atención para casos de COVID-19 manejadas por sanadores y enfermeros de las comunidades.

    En áreas remotas se deberían desplegar unidades móviles de salud que incluyan a sanadores tradicionales y trabajadores de la salud. Se debería prestar particular atención a aquellas áreas donde hay más trabajadores migrantes que han retornado a sus hogares. También se debería facilitar el acceso al testeo y proveer instalaciones para que estas personas puedan hacer la cuarentena. También se debería proveer acceso a servicios de salud en caso de emergencia, incluido el transporte. El acceso al agua para limpiar y beber es otra necesidad crítica que se debería asegurar.

    Asegurar la seguridad alimentaria, el nivel de ingresos y el sustento económico también es crucial dados los niveles de desnutrición que existen en muchas regiones Indígenas. Por lo menos en los próximos seis meses va a ser sumamente necesario distribuir en forma gratuita raciones alimenticias para todas las personas, independientemente de si tienen cédula de identidad o son clasificadas como migrantes.

    Por último, es urgente fortalecer los medios de subsistencia basados en la producción forestal no maderable (PFNM) mediante la creación de mecanismos institucionales efectivos de recolección, almacenamiento, adquisición y venta. En Asia hay una alta dependencia de la PFNM. Se debería proveer apoyo financiero y logístico a las comunidades para que puedan generar una fuente de ingreso sustentable. Las comunidades que viven en áreas protegidas deben tener acceso a los bosques por motivos de subsistencia.

    ¿Que lecciones han aprendido sobre la situación de los pueblos Indígenas durante la pandemia?

    Durante la pandemia la situación ha sido abrumadora, y las medias impuestas por los gobiernos han desencadenado actos de violencia de la policía y las fuerzas de seguridad. Centenares de personas pobres han muerto de hambre, y las que se aventuraron a salir por efecto de la desesperación han sido atacadas brutalmente por la policía.

    El impacto potencial parecía bastante sombrío y si no hubiésemos puesto nuestra confianza en la gente y en las comunidades, nuestros esfuerzos no hubiesen sido muy exitosos. Los servicios de asistencia en emergencia debían ser eficientes y la clave de nuestro éxito en países como Malasia o Tailandia ha sido depositar nuestra confianza en el trabajo de los voluntarios de las comunidades. Todos los recursos que fue posible generar les fueron transferidos a ellos y ellos reportaron las acciones y actividades que llevaban a cabo por teléfono o por otros medios que tuvieran a disposición.

    Además, por lo que pudimos ver, muchas comunidades respondieron muy bien a la situación iniciando cuarentenas en los pueblos, regulando las visitas, poniendo a los retornados en cuarentena o implementando medidas de distanciamiento social aun con poca información o sin los recursos apropiados. También hubo miedo, pero las comunidades lo fueron superando y fueron mejorando sus respuestas. Las comunidades no solo recibieron asistencia de nuestra parte o de otras fuentes: algunas de ellas también aportaron alimentos para otras comunidades más necesitadas. La mayoría de estas comunidades han trabajado con nosotros en el pasado y han podido gestionar exitosamente sus sistemas de producción alimentaria y sus recursos naturales. No estaban preocupadas por escasez de alimentos; por el contrario, sus líderes aprovecharon esta oportunidad para crear conciencia de la importancia de mejorar la producción local y el manejo sustentable de los recursos. Personalmente, esto ha sido inspirador.

    También nos hemos sentido inspirados por comunidades que se organizaron y usaron prácticas curativas y medicinas locales para mejorar la inmunidad y la resistencia a la enfermedad o establecieron sistemas de intercambio de alimentos con poca o casi nada de ayuda de parte del Estado, cuando los programas estatales no funcionaban o no llegaban a tiempo. Lo que es más importante, esto demostró que la devolución de atribuciones y el empoderamiento de las comunidades pueden ser más efectivos a la hora de afrontar una crisis si se entrega a las instituciones locales autónomas los recursos y el apoyo necesarios.

    Las respuestas espontáneas de las comunidades se fueron dando de forma casi natural porque se trata de comunidades que históricamente se han autogobernado. De aquí en adelante, si confía en la gente y empodera a las comunidades el Estado podrá lidiar de forma más eficiente con cualquier crisis de salud pública y con sus impactos en el largo plazo.

    Contáctese con el Pacto de Pueblos Indígenas de Asia a través de susitio web o de su perfil deFacebook, y siga a@aippneten Twitter.

     

  • ASIA: ‘Under the pandemic, racism against Indigenous peoples has intensified’

    CIVICUS speaks to Gam Shimray, Secretary General of the Asian Indigenous Peoples Pact (AIPP), about the situation of Indigenous groups in Asia amid the COVID-19 pandemic. AIPP is a regional federation of Indigenous peoples’ movements in Asia that works to promote and defend Indigenous peoples’ human rights, including land rights and cultural rights. Because of their subordination and distinctiveness from mainstream culture and politics,Indigenous peoples are subjected to gross human rights violations, systematic racism, discrimination and dispossession. As a result of the denial of their rights to land, territory and resources, many Indigenous peoples are among the most disadvantaged and vulnerable groups.

    Gam Shimray

    Can you tell us about the work of AIPP?

    The work of AIPP is guided by our belief in universal human rights and the inherent right to self-determination of all peoples, including Indigenous peoples. The rights to self-determination and self-government are a social necessity for the continuity of Indigenous social processes and self-development.

    While our advocacy work is primarily focused on the regional and global levels, linkages with country-level processes are built through our members and networks. AIPP consolidates a common position of Indigenous organisations for regional and global advocacy. For this, we focus on building capacity in communities, consolidating Indigenous movements and setting a common agenda for collective campaigning and advocacy at the country level.

    AIPP also focuses on building leadership and promoting distributive leadership across Asia, including among women, young people and persons with disabilities.

    What was the situation of Indigenous peoples in Asia prior to the COVID-19 pandemic?

    Prior to the COVID-19 pandemic, the political situation in Asia had been deteriorating, particularly in the past few years. We have seen an increasing clampdown on civil society and the restriction of democratic space for public debate and opinion formation in several Asian countries. Some public intellectuals attribute this trend to the retreat of political leadership from democracy and human rights.

    The transitions to democracy from authoritarian governments in recent decades, such as the Philippines in the 1980s, Indonesia in the late 1990s and Nepal in the 2000s, have remained incomplete. Other countries, such as China, Laos and Vietnam, have de jure one-party systems, and Cambodia has a de facto one. In Myanmar, the military still holds a grip on the government, while Thailand’s tradition of high tolerance is yet to produce a stable democratic modern state. Further, rising populism is posing a serious threat to democracies. In India, the world’s largest democracy and arguably one of Asia’s strongest, we are seeing a continuous assault on autonomous institutions, from the judiciary to the central bank and the free press, under Prime Minister Narendra Modi’s populist government.

    The result is that in the last few years, most of the human rights defenders killed have been Indigenous peoples. They lost their lives defending their rights, homes, lands, territories and resources.

    These problems are also evidence of deeper and underlying issues that relate to the inadequacy of political and institutional capacity to address effectively the challenges of democracy and human rights in Asian countries. We are faced with moral and political questions that call for serious examination of the erosion of human rights standards and practices and the weakening of political and institutional capacity to respond to present social and political issues. The suffering experienced by poor people during the COVID-19 pandemic is evidence of this.

    What challenges have Indigenous groups and activists faced under the pandemic?

    Issues and challenges vary across countries as the situation differs. One of the main challenges relates to the fact that most governments in Asia initiated countrywide lockdowns without much preparation, leading to chaos. The situation was simply overwhelming, and we could not respond to the needs of activists, communities, or migrant labourers.

    Migrant workers, refugees and stateless persons suffered the most, and those without ID cards struggled to prove their citizenship, which they needed to receive government aid. Most migrants and refugees lack proper documentation and errors in registration abound. Those left out from national registries are denied national ID cards.

    Under the pandemic, racism against Indigenous peoples has intensified. The situation has been worst in India, where people from the north-eastern part of the country have been thrown out of their hotels and rented houses. They have been denied the ability to buy food from grocery shops and board public transport. They have been spat on and taken into custody without an explanation. Many people, including women, have been beaten up for no reason, and many in cities across India are living in fear.

    In some countries, governments are using the situation as a cover for conducting military campaigns, grabbing land, granting permission for large-scale development projects, rolling back protective rights and weakening environmental laws and safeguards. Several activists and community members have been killed or jailed under trumped-up charges in countries such as Bangladesh, India, Myanmar and the Philippines. Community leaders have also been stopped by police and security forces from carrying out relief work and helping starving communities.

    These incidents are grave in nature and there is extraordinarily little that we can do about them, as people cannot go out and protest or campaign, and can hardly access the courts. In India, e-petitions are allowed, and urgent matters are still heard by courts through video conferencing, but most communities are not familiar with such complicated processes and many do not even have proper internet access.

    How have AIPP and other Indigenous rights organisations responded to the situation? 

    The first thing we did was reach out to our members and networks to gather information from the ground. We also responded to those reaching out to us for support. Our first action was to provide or mobilise relief, and particularly food for those in critical need, in different areas through our members and networks. Our outreach also focused on sharing information concerning Indigenous communities. This was necessary because misinformation has been overwhelming, leading to panic-driven reactions from communities. We shared appeals to communities calling for humane responses and disseminating good practices that communities could implement.

    The situation is complicated because it is not just about responding to the pandemic. Indigenous peoples face multiple underlying issues. The least we could do was register our protest and conduct our campaigns through digital channels.

    The COVID-19 pandemic has unfolded many hidden issues and poses new challenges. So we are assessing and making efforts to take the next steps to cope with the longer-term impact of the pandemic. In this regard, we have also formed a regional network for COVID-19 response, which is in the process of expansion. We will be coming up with a preliminary regional assessment report soon, which will help us plan better. We can already see that capacity building will be crucial as we adapt to what is called the ‘new normal’.

    What further support do Indigenous groups need at this time?

    The support that Indigenous communities need is enormous as the impact is going to be long term. But few things that must be stressed are the following.

    First, we need to set up COVID-19 response cells with designated funds at the local level, with a team of designated nodal officers to coordinate with state or provincial authorities and civil society organisations to monitor Indigenous issues and provide the necessary support. The response team should also coordinate with the appropriate authorities to cater to the special needs of women, children, older people and persons with disabilities in Indigenous areas.

    Second, we need to ensure that appropriate guidelines and instructions are issued to provincial and local authorities on measures to be taken for Indigenous peoples to deal with COVID-19 and lockdown, including on ensuring compliance.

    Third, it is critical to raise awareness and ensure access to healthcare. It is important to prepare community-friendly information materials that clearly explain the nature of the disease, quarantine and containment measures and testing, helping dispel myths. Coordination between health department workers and traditional healers is needed to ensure that Indigenous knowledge systems are part of these response mechanisms. Localised and separate quarantine strategies encouraging natural environment and community participation should be promoted. COVID-19 care centres can be set up at the community level, managed by community healers and nurses. 

    In remote areas, mobile health units should be deployed involving community healers and health workers. Special attention should be given to areas with migrant workers who have returned home. Testing and quarantine facilities should be immediately provided to them. Access to health services in case of emergencies, including transportation, should also be provided. Access to safe water for cleaning and drinking is another critical need that should be ensured. 

    Ensuring food security and incomes and protecting livelihoods is also crucial given the known evidence of undernourishment in many Indigenous areas. Over at least the next six months it will be necessary to distribute free rations of nutritional food to everybody, irrespective of people’s migratory status or whether they have an ID card. 

    Lastly, it is urgent to strengthen non-timber forest produce (NTFP)-based livelihoods by urgently devising effective institutional mechanisms for collection, storage, procurement and sale. Dependence on NTFP is high across Asia. Financial and logistical support should be provided directly to the communities to help generate sustainable livelihoods. Communities living in protected areas must be allowed to have access to forests for livelihood purposes. 

    What lessons you have learned so far about the situation of Indigenous people under the pandemic?

    Under the pandemic, the situation has been overwhelming, and the measures imposed by governments have led to acts of brutality from police and security forces. We saw hundreds of poor people die of starvation and those venturing out in desperation brutalised by the police.

    The potential impact was looking grim, and had we not put our trust in the people and the communities, the efforts we made would have been far less successful. Relief work had to be efficient and putting our trust in community volunteers to do the job was the key to success, for instance in Malaysia and Thailand. Whatever resources were generated were transferred to them and they reported back on the actions carried out through phone or other means available to them.

    Further, in our observation, several communities responded very well to the situation by initiating village lockdowns, regulating visits, quarantining returnees, or self-isolating themselves despite having little information or no appropriate resources and equipment. There were fears too but communities were quick in overcoming them and improved their responses. Communities have not just received relief from us or others, but some of them also contributed food for other communities in need. Most of those communities had worked with us and had successfully managed their food production systems and natural resources. They were not worried about food shortages; rather, their leaders used the opportunity to create awareness about the importance of improving local production and sustainable resource management. Personally, this has been inspiring.

    We have also been inspired by communities organising themselves and using local healing practices and medicine to improve immunity and resistance to the disease, or establishing food exchange systems with little or no help  from the state, at a time when state-run programmes were not functional or did not arrive in time. Most importantly, this showed that devolution and community empowerment can be more effective in dealing with the crisis if resources and support are provided to such self-governing local institutions. 

    Spontaneous community responses came almost naturally because these are historically self-governing communities. Looking forward, trusting people and empowering communities will enable the state to deal more efficiently with public health crises and their long-term impacts.

    Get in touch with the Asian Indigenous Peoples Pact through itswebsite andFacebook page, and follow@aippneton Twitter.

     

  • ASIE : « Pendant la pandémie, le racisme envers les peuples autochtones s’est intensifié »

    CIVICUS s’entretient avec Gam Shimray, secrétaire général du Asian Indigenous Peoples Pact (AIPP) (Pacte asiatique des peuples autochtones), sur la situation des groupes autochtones en Asie pendant la pandémie de COVID-19. L’AIPP est une fédération régionale de mouvements de peuples autochtones d’Asie qui œuvre à la promotion et à la défense des droits humains des peuples autochtones, y compris des droits fonciers et culturels. En raison de leur position subordonnée et à l’écart de la culture et de la politique dominantes, lespeuples autochtones sont victimes de violations flagrantes des droits humains, de racisme systémique, de discrimination et d’expropriation. Étant donné que leurs droits à la terre, au territoire et aux ressources naturelles sont bafoués, de nombreuses communautés indigènes font partie des groupes les plus vulnérables et les plus défavorisés.

    Gam Shimray

    Quepouvez-vous nous dire sur le travail de l’AIPP ?

    Le travail de l’AIPP est guidé par notre conviction que les droits humains sont universels et que tous les peuples, y compris les peuples autochtones, ont un droit inhérent à l’autodétermination. Les droits à l’autodétermination et à l’autonomie gouvernementale sont une nécessité sociale pour assurer la continuité des processus sociaux et le développement personnel des autochtones.

    Bien que notre travail de plaidoyer ait une portée principalement régionale et mondiale, nous établissons, par l’intermédiaire de nos membres et de nos réseaux, des liens avec les processus développés au niveau des pays. L’AIPP consolide une position commune des organisations autochtones pour le plaidoyer à l’échelle mondiale et régionale. À cette fin, nous axons nos efforts sur le renforcement des capacités communautaires, la consolidation des mouvements indigènes et la mise au point d’un programme commun pour les campagnes collectives et les activités de plaidoyer au niveau national.

    L’AIPP s’efforce également de développer le leadership et de promouvoir le « leadership partagé » dans toute l’Asie, y compris parmi les femmes, les jeunes et les personnes handicapées.

    Quelle était la situation des peuples indigènes en Asie avant la pandémie de COVID-19 ?

    Avant la pandémie de COVID-19, la situation politique en Asie s’était dégradée, surtout ces dernières années. Dans de nombreux pays asiatiques, nous avons constaté une répression croissante de la société civile et une restriction de l’espace démocratique nécessaire au débat et à la formation de l’opinion publique. Certains intellectuels ont attribué cette tendance à l’existence de leaderships politiques de plus en plus détachés de la démocratie et des droits humains. 

    Les transitions des régimes autoritaires vers la démocratie qu’ont connues certains pays au cours des dernières décennies, comme les Philippines dans les années 1980, l’Indonésie à la fin des années 1990 et le Népal au début des années 2000, n’ont pas été menées à bien. D’autres pays, comme la Chine, le Laos et le Vietnam, ont des systèmes unipartites de jure, tandis que le Cambodge en a un de facto. Au Myanmar, l’armée a toujours une emprise sur le gouvernement, tandis que la grande tolérance dont la Thaïlande a traditionnellement fait preuve ne lui a pas encore permis de devenir un État démocratique moderne et stable. En outre, la montée du populisme constitue une menace sérieuse pour les démocraties. En Inde, qui est la plus grande démocratie du monde et probablement l’une des plus solides d’Asie, nous assistons sous le gouvernement populiste du Premier ministre Narendra Modi à des attaques continues contre chaque institution autonome, du système judiciaire à la banque centrale en passant par la presse indépendante.

    Il en résulte que, ces dernières années, la majorité des défenseurs des droits humains qui ont été tués sont des autochtones. Ils ont perdu la vie en défendant leurs droits, leurs maisons, leurs terres, leurs territoires et leurs ressources.

    Ces difficultés révèlent également des problèmes sous-jacents plus profonds de capacité politique et institutionnelle insuffisante pour relever efficacement les défis posés par la démocratie et les droits humains dans les pays asiatiques. Nous sommes confrontés à des questions morales et politiques qui exigent que nous évaluions sérieusement l’érosion des normes et des pratiques en matière de droits humains et l’amoindrissement de la capacité politique et institutionnelle à faire face aux défis sociaux et politiques du présent. La souffrance endurée par les personnes pauvres pendant la pandémie de COVID-19 en est la preuve.

    Quels défis ont dû relever les groupes et les militants autochtones pendant la pandémie ?

    Les problèmes et les défis varient en fonction de la situation de chaque pays. Néanmoins, l’un des principaux défis à relever est lié au fait que la plupart des gouvernements asiatiques ont imposé des quarantaines dans leur pays sans grande préparation, ce qui a entraîné le chaos. La situation était tout simplement presque ingérable et nous n’étions pas en mesure de répondre aux besoins des militants, des communautés et des travailleurs migrants.

    Les travailleurs migrants, les réfugiés et les apatrides ont le plus souffert. Ceux qui n’avaient pas de pièces d’identité rencontraient des difficultés à prouver leur citoyenneté, ce qui est pourtant indispensable à l’obtention d’une aide gouvernementale. La plupart des migrants et des réfugiés n’avaient pas les documents requis. Les erreurs d’enregistrement étaient également fréquentes et ceux qui ne figuraient pas sur le registre national ne pouvaient pas recevoir de document d’identité.

    Au cours de la pandémie, le racisme envers les peuples autochtones s’est intensifié, notamment en Inde, où les habitants du nord-est du pays ont été expulsés de leurs hôtels et des maisons qu’ils louaient, sans pouvoir acheter de la nourriture, se rendre sur les marchés ou utiliser les transports publics. Des personnes se sont fait cracher dessus et ont été arrêtées sans explication. Bon nombre d’entre elles, notamment des femmes, ont été battues sans raison apparente, et beaucoup d’Indiennes vivent constamment dans la peur.

    Dans certains pays, les gouvernements utilisent la situation actuelle comme alibi pour lancer des campagnes militaires, s’emparer de terres, autoriser des grands projets d’infrastructure, revenir sur des droits relatifs à la protection des autochtones et affaiblir les réglementations et les protections environnementales. De nombreux militants et membres de communautés dans des pays comme le Bangladesh, l’Inde, les Philippines et le Myanmar ont été tués ou emprisonnés sur des accusations forgées de toutes pièces. Les forces de police et de sécurité ont également empêché les dirigeants communautaires de mener des actions humanitaires et d’aider les communautés frappées par la famine.

    Ces évènements sont graves et nous ne pouvons pas y faire grand-chose, car les gens ne peuvent pas sortir pour manifester ou faire campagne, et accèdent difficilement à la justice. En Inde, les pétitions en ligne sont autorisées, et les affaires les plus urgentes sont encore examinées par les tribunaux par vidéoconférence, mais la plupart des communautés ne sont pas familiarisées avec des procédures aussi complexes et n’ont même pas accès à Internet de manière fiable.

    Comment l’AIPP et d’autres organisations de défense des droits des personnes autochtones ont-elles réagi à cette situation ?

    La première chose que nous avons faite a été de contacter nos membres et nos réseaux pour recueillir des informations sur le terrain. Nous avons également répondu à ceux qui nous ont contactés pour obtenir de l’aide. Nous avons en premier lieu fourni ou mobilisé de l’aide, notamment de la nourriture pour les personnes en situation critique dans différentes régions, par l’intermédiaire de nos membres et de nos réseaux. Nous avons également partagé des informations concernant les communautés indigènes, ce qui était indispensable étant donné qu’énormément de fausses informations circulaient, déclenchant des réactions de panique. Nous avons diffusé les appels à la solidarité pour encourager les réponses humanitaires et diffuser les bonnes pratiques que les communautés pourraient mettre en œuvre.

    La situation est compliquée car il ne s’agit pas seulement de faire face à la pandémie. Les communautés indigènes souffrent de nombreux problèmes sous-jacents. Nous tenions au moins à faire entendre nos protestations et à faire campagne par le biais des réseaux numériques.

    La pandémie de COVID-19 a mis en évidence de nombreux problèmes qui étaient jusque-là dissimulés, et soulève de nouveaux défis. Par conséquent, nous évaluons la situation et nous nous efforçons de prendre des mesures supplémentaires pour faire face aux effets à long terme de la pandémie. À cet égard, nous avons également créé un partenariat régional pour gérer la riposte à la COVID-19, lequel est en train de s’étendre. Notre rapport préliminaire d’évaluation à l’échelle régionale sera bientôt prêt, ce qui nous aidera à mieux planifier les prochaines étapes. Nous savons déjà que le renforcement des capacités des communautés sera essentiel à mesure que nous nous adaptons à « la nouvelle réalité ».

    De quel autre soutien les groupes indigènes auraient-ils besoin en ce moment ?

    Le soutien dont les communautés indigènes ont besoin est vraiment conséquent, car les répercussions de la pandémie continueront à se faire sentir à long terme. Toutefois, les principaux besoins sont les suivants.

    Premièrement, nous devons mettre en place des cellules d’intervention pour la COVID-19 dotées de fonds alloués à l’échelle locale et d’une équipe de correspondants désignés pour assurer la coordination avec les autorités provinciales ou étatiques et les organisations de la société civile, afin de faire le suivi des questions liées aux communautés indigènes et de leur apporter le soutien dont elles ont besoin. L’équipe d’intervention doit également se coordonner avec les autorités compétentes pour répondre aux besoins particuliers des femmes, des enfants, des personnes âgées et des personnes handicapées dans les communautés autochtones.

    Deuxièmement, nous devons veiller à ce que les autorités locales et provinciales reçoivent des conseils et des instructions appropriés concernant les mesures à prendre pour que les populations autochtones puissent faire face à la COVID-19 et respecter la quarantaine.

    Troisièmement, il est essentiel de sensibiliser le public et de garantir l’accès aux services de santé. Il est donc important de préparer des supports d’information adaptés à la communauté, qui expliquent clairement la nature de la maladie, les mesures de quarantaine et de confinement et les tests de dépistage, afin d’aider à dissiper les mythes autour du virus. Une coordination entre les agents des services de santé et les guérisseurs traditionnels est nécessaire pour garantir l’intégration des systèmes de connaissances indigènes dans les mécanismes d’intervention. Il faut encourager les stratégies de quarantaine localisées et séparées qui favorisent un environnement naturel et la participation de la communauté. Des centres de soins pour la COVID-19 gérés par des guérisseurs et des infirmiers communautaires peuvent également être préparés.

    Des unités sanitaires mobiles avec des guérisseurs traditionnels et des agents de santé devraient être déployées dans les zones reculées. Une attention particulière devrait être accordée aux zones où il y a plus de travailleurs migrants qui sont rentrés chez eux. L’accès au dépistage doit également être facilité et des installations doivent être prévues pour que ces personnes puissent être mises en quarantaine. L’accès aux services de santé doit également être assuré en cas d’urgence, y compris le transport. L’accès à l’eau à des fins d’hygiène et de consommation est un autre besoin essentiel qui doit être assuré.

    Il est également crucial de garantir la sécurité alimentaire, les niveaux de revenus et les moyens de subsistance économiques, étant donné les niveaux de malnutrition qui existent dans de nombreuses régions indigènes. Pendant les six prochains mois au moins, il sera absolument indispensable de distribuer des rations alimentaires nutritionnelles et gratuites de manière indiscriminée, indépendamment du statut migratoire des bénéficiaires de l’aide et du fait qu’ils aient une carte d’identité ou non.

    Enfin, il est urgent de renforcer les moyens de subsistance basés sur la production forestière non ligneuse, en concevant des mécanismes institutionnels efficaces pour la collecte, le stockage, l’approvisionnement et la vente. L’Asie est très dépendante de la production forestière non ligneuse. Un soutien financier et logistique devrait directement être apporté aux communautés pour leur permettre de générer une source de revenus durable. Les communautés vivant dans les zones protégées doivent avoir accès aux forêts à des fins de subsistance.

    Quels enseignements avez-vous tirés de la situation des peuples autochtones pendant la pandémie ?

    Pendant la pandémie, la situation était presque ingérable, et les mesures imposées par les gouvernements ont déclenché la violence de la police et des forces de sécurité. Des centaines de personnes pauvres sont mortes de faim, et celles qui se sont aventurées par désespoir en dehors de la zone de confinement ont été violemment agressées par la police.

    Les effets potentiels de la pandémie semblaient être très négatifs, et si nous n’avions pas fait confiance aux personnes et aux communautés, nos efforts auraient été beaucoup moins fructueux. Les opérations humanitaires se devaient d’être efficaces, et le fait d’avoir eu confiance en la capacité des bénévoles de chaque communauté à faire le travail a été la clé de notre succès, comme en Malaisie et en Thaïlande. Toutes les ressources que nous avons pu générer leur ont été transférées et ils ont rendu compte des actions et activités qu’ils menaient par téléphone ou par d’autres moyens à leur disposition.

    En outre, d’après ce que nous avons pu voir, de nombreuses communautés ont très bien réagi à la situation en instaurant des quarantaines dans les villages, en réglementant les visites, en mettant en quarantaine les rapatriés ou en appliquant de leur propre initiative des mesures de distanciation sociale, même avec peu d’informations ou de ressources appropriées. Il y avait des craintes, mais les communautés les ont surmontées et ont amélioré leurs ripostes à la pandémie. Les communautés n’ont pas seulement reçu une aide de notre part ou d’autres sources : certaines d’entre elles ont également fourni de la nourriture à d’autres communautés dans le besoin. La plupart de ces communautés ont travaillé avec nous dans le passé et ont pu gérer avec succès leurs systèmes de production alimentaire et leurs ressources naturelles. Elles ne s’inquiétaient pas des pénuries alimentaires ; au contraire, leurs dirigeants ont profité de cette occasion pour les sensibiliser à l’importance d’améliorer la production locale et la gestion durable des ressources. J’ai trouvé cela inspirant.

    Nous avons également été inspirés par des communautés qui se sont organisées et ont utilisé des méthodes de guérison et des médicaments locaux pour améliorer l’immunité et la résistance aux maladies, ou qui ont mis en place des systèmes d’échange de nourriture avec peu ou pas d’aide de l’État, lorsque les programmes de l’État ne fonctionnaient pas ou n’étaient pas accessibles pas à temps. Plus important encore, cela a démontré que la dévolution et l’autonomisation des communautés peuvent être plus efficaces pour faire face à une crise si les institutions autonomes locales reçoivent les ressources et le soutien nécessaires.

    Les ripostes spontanées des communautés sont venues presque naturellement, car il s’agit de communautés qui ont toujours été autonomes. À l’avenir, en faisant confiance à la population et en donnant des moyens aux communautés, l’État sera en mesure de faire face plus efficacement à toute crise de santé publique et à ses répercussions à long terme. 

    Contactez leAsia Indigenous Peoples Pact via sonsite web ou son profilFacebook, et suivez@aippnet sur Twitter.

     

  • Bahrain: Free Imprisoned Rights Defenders and Activists

    Extend Releases to Those at Special Risk of COVID-19

     

  • Bangladesh: Stifling expression using Digital Security Act must not be the norm to address COVID-19 pandemic

     
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    A Joint Statement by the Asian Human Rights Commission and CIVICUS

    The Bangladesh government has resorted once again to its notorious Digital Security Act-2018 to muzzle freedom of expression, arresting 11 individuals following criticism of the governments’ handling of the COVID-19 pandemic. 

    Four people have been detained since 5 May 2020 under the draconian digital law, including cartoonist Ahmed Kabir Kishore, writer Mushtaq Ahmed, IT specialist Md. Didarul Islam Bhuyan, and Dhaka Stock Exchange Director Minhaz Mannan Emon. A further seven people have been charged. 

    All four detainees were forcibly disappeared for hours after they were picked up by the Rapid Action Battalion (RAB) from different locations in Dhaka on 5 May 2020. Following a social media outcry, the RAB officially handed them over to the Metropolitan police on 6 May at around 7:45 PM, and a case under the Digital Security Act was filed against them by Abu Bakar Siddique, the Deputy Assistant Director of RAB. They remain in detention.

    The seven other individuals accused in the same case are Tasneem Khalil, Editor-in-Chief of Netra News, which the government has blocked in Bangladesh since it was launched last year from Sweden; Saer Zulkarnain; Shahed Alam; Ashik Imran; Shapan Wahed; Philip Schuhmacher; and Asif Mohiuddin, a blogger of Bangladeshi origin living in Germany.

    All 11 have been charged under various provisions of the Digital Security Act including ‘propaganda or campaign against liberation war’ and ‘publishing, sending of offensive, false or fear inducing data-information’. Authorities have confirmed that the charges relate to allegedly ‘spreading rumours’ over the coronavirus pandemic on social media. If convicted, they could each face up to seven years in jail. 

    The Digital Security Act, passed in October 2018 to replace the often-misused Information and Communication Technology Act, included harsher provisions that have been used to penalize criticism of the government. The law gives the power to security agencies to hold individuals indefinitely in pretrial detention. And, it has created a chilling effect among activists and journalists. Despite repeated calls to bring the law in line with Bangladesh’s international commitments to protect freedom of expression, the government has refused to revise the law.

    In times of crisis, people’s health depends at minimum on access to information both off and online. Silencing journalists and activists and blocking websites, is not an effective public health strategy. We urge the authorities to end its use of restrictive laws to silence critics and amid the pandemic ensure the right to seek, receive, and share information relevant to the COVID-19 outbreak.

    We further call on the government of Bangladesh to immediately release the detained critics and drop the charges brought against them and seven other individuals under repressive legislation. The COVID-19 pandemic is not an excuse to use state forces to stifle freedom of expression.

     

    Background:

    The pandemic has exposed failings by the government in addressing a public health emergency. Patients with symptoms of COVID-19 were denied access to public and private hospitals and died without treatment. The country’s healthcare system failed to provide adequate protective equipment and necessary infrastructures in hospitals to treat the pandemic. Within weeks, hundreds of doctors and nurses were infected with COVID-19, according to the Bangladesh Medical Association. 

    Persistent suppression of freedom of expression and censorship under the government of Sheikh Hasina has continued amid the pandemic. The authorities have blocked international news outlet Al-Jazeera and numerous other news portals and websites critical of the state. A monitoring body established by the Ministry of Information to monitor if private television channels were “running any propaganda or rumours about the novel coronavirus outbreak” was scrapped after public outcry.

    Due to the muzzling of the press by the authorities, social media has become the preferred platform for those critical of the regime. In response, the police and the RAB have started picking up people for their Facebook posts. On 10th of April 2020, it was reported that at least 50 people were arrested in the country for allegedly spreading rumors. The government has also blocked dozens of websites and Facebook profiles as of late March after the government officially acknowledged the COVID-19 outbreak. Healthcare workers, who spoke out about the problems they have been facing, have been barred from talking to media

    The CIVICUS Monitor, an online platform that tracks threats to civil society in countries across the globe, rates the space for civil society in Bangladesh as repressed.

     

     

  • BOLIVIA: ‘La pandemia se convirtió en un justificativo para estrechar el control informacional’

    CIVICUS conversa sobre el panorama político y el calendario electoral bolivianos en el contexto de la pandemia del COVID-19 con Cristian León, director programático de Asuntos del Sur y coordinador de Innovación Pública 360, un proyecto que persigue el fortalecimiento democrático de los gobiernos subnacionales y se implementa en tres países latinoamericanos.Asuntos del Sur es una organización de la sociedad civil de alcance regional, basada en Argentina, que diseña e implementa innovaciones políticas para desarrollar democracias paritarias, inclusivas y participativas. Cristian León es también uno de los fundadores, y actualmente también colaborador, de InternetBolivia.org, que defiende los derechos digitales en Bolivia.

     

  • BOLIVIA: ‘The pandemic became a justification for tightening information control’

    CIVICUS speaks about the Bolivian political landscape and upcoming elections in the context of the COVID-19 pandemic with Cristian León, programme director of Asuntos del Sur and coordinator of Public Innovation 360, a project focused on strengthening democracy at the subnational level which is currently being implemented in three Latin American countries. Asuntos del Sur is a regional civil society organisation (CSO) based in Argentina that designs and implements political innovations to develop democracies that are inclusive, participatory and based on gender parity. Cristian León is also a founder and current collaborator of InternetBolivia.org, which promotes digital rights in Bolivia.

     

  • BOLIVIE : « La pandémie est devenue une justification pour le renforcement du contrôle de l’information »

    CIVICUS s’entretien sur la situation politique bolivienne et le calendrier électoral dans le cadre de la pandémie de COVID-19 avec Cristian León, directeur des programmes d’Asuntos del Sur et coordinateur de Public Innovation 360, un projet qui poursuit le renforcement démocratique des gouvernements infranationaux et qui est mis en œuvre dans trois pays d’Amérique latine. Asuntos del Sur est une organisation régionale de la société civile basée en Argentine qui conçoit et met en œuvre des innovations politiques pour développer des démocraties paritaires, inclusives et participatives. Cristian León est également l’un des fondateurs, et actuellement un contributeur, d’InternetBolivia.org, qui défend les droits numériques en Bolivie.

     

  • BURUNDI: ‘Elegir nuevos líderes no es sinónimo de democracia’

    CIVICUS conversa sobre las recientes elecciones en Burundi con un activista de la sociedad civil que por razones de seguridad ha preferido conservar el anonimato.

    El 20 de mayo de 2020, en el contexto de la pandemia del COVID-19, se celebraron en Burundi elecciones presidenciales, parlamentarias y municipales. En marzo, dos meses antes de las elecciones, la Comisión de Investigación de las Naciones Unidas (ONU) sobre Burundi lanzó un llamamiento a la comunidad internacional, incluido el Consejo de Seguridad de las Naciones Unidas y las instituciones regionales, para que unieran fuerzas para alentar al gobierno de Burundi a reabrir los espacios democráticos, civiles y políticos. El día de las elecciones, el presidente de la Comisión de Investigación afirmó que no estaban dadas las condiciones para realizar elecciones libres y creíbles. Segúninformó el CIVICUS Monitor, miembros de la oposición recibieron amenazas de muerte y sufrieron agresiones físicas, además de enfrentar obstáculos administrativos, ya que varias candidaturas fueron rechazadas. El líder de un partido opositor fue asesinado y otros candidatos fueron arrestados bajo acusaciones falsas. El periodismo independiente enfrentó obstáculos sistemáticos, tales como el arresto de periodistas y el bloqueo de las plataformas de redes sociales.

    Burundi Elections

    Photo by Spencer Platt/Getty Images

    ¿Se han introducido mayores restricciones al espacio de la sociedad civil como resultado de la respuesta del gobierno de Burundi a la pandemia del COVID-19?

    El espacio cívico en Burundi se ha mantenido cerrado desde abril de 2015, tras los disturbios políticos provocados por la decisión del recientemente fallecido expresidente Pierre Nkurunziza de postularse para un controvertido tercer mandato. Esto provocó una violencia generalizada que dejó al menos 1.200 muertos y obligó a 400.000 personas a huir del país. Sorprendentemente, en marzo de 2020, mientras la pandemia del COVID-19 se propagaba en casi todos los países africanos, las autoridades de Burundi abrieron un espacio para que se llevaran a cabo campañas para las elecciones presidenciales, parlamentarias y municipales de mayo. Pero cabe concluir que el espacio cívico continúa estando cerrado en términos de las posibilidades de expresión de toda crítica abierta al modo en que se maneja políticamente el país, lo cual incluye las críticas a la forma en que el gobierno ha manejado la pandemia durante el período electoral.

    ¿Qué posición mantuvo la sociedad civil respecto de la decisión de celebrar elecciones durante la pandemia?

    La decisión de las autoridades de Burundi de habilitar la continuidad de las campañas electorales en un período en que muchos otros países africanos estaban tomando medidas de confinamiento para detener la propagación del COVID-19 fue interpretada como una negación de la realidad de la pandemia orientada a salvar los intereses políticos del partido gobernante, el CNDD-FDD (Consejo Nacional de Defensa de la Democracia-Fuerzas para la Defensa de la Democracia), en detrimento de la salud de la población.

    A pesar de los temores de un contagio masivo de COVID-19, una de las razones por las cuales el gobierno se apuró a realizar las elecciones fue la oportunidad de realizar un proceso electoral en ausencia de un número considerable de observadores independientes e internacionales que pudieran denunciar cualquier irregularidad. Dado que la Comisión Electoral Nacional Independiente estaba compuesta principalmente por miembros del partido gobernante, esta decisión puso al gobierno en posición de manipular los resultados de las elecciones tanto como lo quisiera.

    ¿Fue el resultado de las elecciones aceptado por la mayoría de la ciudadanía?

    El 20 de mayo de 2020 el candidato del CNDD-FDD, Évariste Ndayishimiye, fue elegido presidente con el 71% de los votos. El partido gobernante también ganó 72 de los 100 escaños en juego en la Asamblea Nacional.

    Tan pronto como la Comisión Electoral anunció estos resultados, partidos de oposición como el Consejo Nacional para la Liberación, que quedó en un distante segundo lugar, declararon a medios extranjeros que las cifras oficiales no eran creíbles y eran el resultado de un fraude masivo. Lo cierto es que las elecciones se realizaron en un contexto de permanente represión de la oposición política, los medios independientes y la sociedad civil. No hubo observadores internacionales porque el gobierno les había advertido que, a causa de la pandemia, quienes vinieran tendrían que permanecer en cuarentena durante 14 días a partir de su llegada.

    Algunos, como la Iglesia Católica, hicieron algunas críticas discretas en relación con los incidentes que marcaron el proceso electoral. Otros susurraron -ya que en Burundi no es fácil hacer críticas abiertas- que los resultados de las elecciones habían sido manipulados. Pero eso fue todo. Miembros poderosos de la comunidad internacional, como los gobiernos de Bélgica y los Estados Unidos, se apresuraron a saludar al presidente electo, y la Comunidad de África Oriental felicitó a Burundi por haber celebrado unas elecciones “pacíficas y exitosas”.

    En mi opinión, los resultados de las elecciones fueron finalmente aceptados porque se temió que habría derramamiento de sangre si el rechazo abierto de los resultados de las elecciones por parte de la oposición fuera seguido de protestas callejeras.

    ¿Qué posibilidades hay de que el resultado de las elecciones conduzca a un mejoramiento de la democracia y el espacio cívico?

    Hay quienes dicen creer que elegir nuevos líderes es sinónimo de democracia. El resultado de las elecciones de mayo de 2020 ayudó a Burundi a cambiar los rostros de los principales líderes y a mostrar que el dictador que nos había gobernado durante 15 años ya no dirige al país. Sin embargo, las violaciones de derechos humanos que tuvieron lugar durante la campaña electoral, el nombramiento de funcionarios bajo sanciones económicas europeas o estadounidenses por haber cometido abusos de derechos humanos y la retórica política utilizada para retratar a algunos países y a sus líderes como colonialistas muestran que la democracia en Burundi todavía tiene un largo camino por recorrer.

    Sin embargo, algunas medidas de lucha contra la corrupción y otros abusos que ha tomado el presidente Ndayishimiye desde que asumió el cargo nos llevan a creer que la impunidad de que gozaron algunas autoridades locales bajo el gobierno de Nkurunziza podría llegar a su fin.

    Muchos creían que el plan era que el expresidente Nkurunziza siguiera detentando el poder entre bastidores. ¿Han cambiado las perspectivas como resultado de su muerte?

    El expresidente Nkurunziza murió inesperadamente en junio, antes de que asumiera su sucesor. Como ya había un presidente electo, el Tribunal Constitucional decidió que éste debía prestar juramento con dos meses de anticipación.

    Muchos creyeron que la muerte de Nkurunziza permitiría al presidente Ndayishimiye gobernar con total independencia, y así pareció confirmarlo en su discurso inaugural, donde prometió entablar un diálogo amplio sobre todos los temas. Es demasiado pronto para asegurar que el hecho de que Nkurunziza haya quedado fuera de la ecuación permitirá que el nuevo gobierno abra el espacio cívico y para saber si el nuevo presidente aprovechará esta oportunidad. Sin embargo, resulta alentador ver que el nuevo presidente ya se ha reunido con los líderes de otros partidos políticos, con expresidentes de Burundi y con obispos de las iglesias católica y anglicana, y ha prometido promover el diálogo. Estamos ansiosos por corroborar si sus palabras se convertirán en acciones.

    Al mismo tiempo, sin embargo, recientemente el ministro del Interior ha emitido una resolución para suspender hasta nueva orden el registro de nuevas organizaciones de la sociedad civil e iglesias y el reconocimiento de las nuevas autoridades de las organizaciones. Esta decisión es inconsistente con el cambio que se busca. Si se mantiene, impedirá que la sociedad civil crezca y se convierta en un interlocutor legítimo y públicamente reconocido.

    ¿Qué debería hacer la comunidad internacional para contribuir a mejorar el espacio cívico en Burundi?

    Es difícil establecer unas pocas prioridades, ya que son muchas las cosas que es necesario poner en marcha para que Burundi se convierta en una tierra de libertades. Sin embargo, sería vital involucrar al gobierno de Burundi en un diálogo multidimensional. Es necesario relanzar la cooperación internacional de manera que ésta ayude al gobierno de Burundi a poner fin a la pobreza endémica. La comunidad internacional debe abogar por la repatriación de todas las personas refugiadas, incluidas las que tienen órdenes de arresto del gobierno de Burundi, y garantizar su protección. Y también debe ofrecer su mediación para resolver el conflicto entre Burundi y sus países vecinos, especialmente Ruanda, a fin de facilitar la circulación de personas y bienes y el restablecimiento de relaciones diplomáticas.

    Si se persiguen las prioridades sugeridas, las autoridades de Burundi podrían llegar a darse cuenta de que Burundi no está aislado y que la comunidad internacional no está actuando para sabotear sus intereses, sino en cambio para fortalecer los aspectos positivos de la globalización en todos los ámbitos.

    El espacio cívico en Burundi es calificado de “cerrado” por elCIVICUS Monitor.

     

  • BURUNDI: ‘The election of new leaders is not synonymous with democracy’

    CIVICUS speaks about the recent elections in Burundi with a civil society activist who asked to remain anonymous for security reasons.

    Presidential, parliamentary and municipal elections were held in Burundi on 20 May 2020, in the context of the COVID-19 pandemic. In March, two months before the elections, the United Nations (UN) Commission of Inquiry on Burundi launched an appeal to the international community, including the UN Security Council and regional institutions, to join forces to encourage the government of Burundi to reopen democratic, civil and political space. On the day of the elections, the president of the Commission of Inquiry stated that the conditions to perform credible and free elections were not met. Asreported by the CIVICUS Monitor, opposition members faced death threats and physical attacks, as well as administrative hurdles, as several candidacy applications were rejected. The leader of an opposition party was murdered and other candidates were arrested on bogus charges. Independent reporting was systematically impeded through the arrest of journalists and the blockage of social media platforms.

    Burundi Elections

     Photo by Spencer Platt/Getty Images

    Has the government of Burundi’s response to the COVID-19 pandemic further restricted the space for civil society?

    Civic space in Burundi has been closed since April 2015, due to the political unrest caused by the decision of former President Pierre Nkurunziza, recently deceased, to run for a controversial third term. This led to widespread violence that left at least 1,200 people dead and forced 400,000 to flee the country. Surprisingly, in March 2020, as the COVID-19 pandemic was spreading in almost all African countries, the Burundian authorities opened space for political campaigns to be held ahead of the May presidential, parliamentary and municipal elections. But one can conclude that civic space is still closed in terms of being able to express any open criticism about how the country is politically run, including criticism regarding the way the government handled the pandemic during the electoral period.

    What were the views of civil society about holding elections during the pandemic?

    The decision of the Burundian authorities to allow election campaigns to proceed during a period in which many other African countries were taking measures of confinement to stop the spread of COVID-19 was viewed as denial of the reality of the pandemic to save the political interests of the ruling party, the CNDD-FDD (National Council for the Defence of Democracy-Forces for the Defence of Democracy), to the detriment of the public’s health.

    Despite fears of mass COVID-19 contamination, the elections were rushed, at least in part, due to the opportunity to hold an electoral process in the absence of a sizeable number of independent and international observers who could denounce any irregularities. By doing so, given that the National Independent Electoral Commission was mostly composed of members of the ruling party, the government ensured that it could manipulate the election results as much as it wanted.

    Was the outcome of the election accepted by majority of Burundians?

    On 20 May 2020, CNDD-FDD candidate Évariste Ndayishimiye was elected president with 71 per cent of the vote. The ruling party also won 72 of the 100 seats at stake in the National Assembly.

    As soon as the Electoral Commission announced the results, opposition parties such as the National Council for Liberation, which came a distant second, stated in foreign media that the official numbers were not credible and were the result of massive fraud. The truth is that the elections were held in a context of continuing repression of the political opposition, independent media and civil society. No international observers were present because the government had warned that due to the pandemic they would have to be quarantined for 14 days after their arrival.

    Low-key criticisms were made by others, including the Catholic Church, regarding incidents that marked the election processes. Others whispered, as it’s not easy to make open criticisms, that election results were rigged. But that was it. Powerful members of the international community such as the governments of Belgium and the USA were fast to congratulate the elected president, and the East African Community congratulated Burundi for holding a “peaceful and successful” election.

    In my personal view, the outcomes of the elections were eventually accepted because many feared that bloodshed could follow if an open rejection of the election results by the opposition was followed by street protests.

    How likely is that the elections result will lead to an improvement of democracy and civic space?

    Some pretend to believe that the election of new leaders is synonymous with democracy. The outcome of the May 2020 elections helped Burundi change the faces of top leaders and show that the dictator who ruled us for 15 years is no longer leading the country. However, the human rights violations that took place during the electoral campaign, the appointment of officials under European or US economic sanctions for the human rights abuses they had committed and the political rhetoric describing some countries and their leaders as colonialists all show that democracy in Burundi still has a long way to go.

    However, some measures to fight against corruption and others abuses that President Ndayishimiye has taken since assuming office have allowed us to believe that the impunity that some local authorities enjoyed during Nkurunziza’s administration might come to an end.

    Many had argued that the plan was for former President Nkurunziza to remain the power behind the scenes. Have prospects changed as a result of his death?

    Former President Nkurunziza died unexpectedly in June, before his successor had even been inaugurated. As a new president had already been elected, the Constitutional Court decided that he should be sworn in two months early.

    Many believed that Nkurunziza’s passing would allow President Ndayishimiye to rule with total independence, and his inaugural speech seemed to confirm it, as he vowed to enter into dialogue with anyone, on any issue. It is too soon to say whether the fact that Nkurunziza is out of the equation will allow the new administration to open up civic space and whether the new president will seize this opportunity. However, it is encouraging to see that the new president has already met with the leaders of other political parties, former Burundi presidents and Anglican and Catholic bishops, and has promised to promote dialogue. We are expectant to find out whether his words will turn into actions.

    At the same time, however, the Minister of Home Affairs has recently issued a note to halt the registration of all new civil society organisations and churches and the recognition of newly elected authorities of organisations, pending a new order. Such decisions are inconsistent with the change that is being sought. If maintained, they will hinder civil society from growing and becoming a legitimate and publicly recognised sphere.

    What should the international community do to help improve civic space in Burundi?

    It is hard to set just a few priorities, as many things need to be put in place for Burundi to become a place of freedoms. However, it would be vital to engage the government of Burundi in multidimensional dialogue. International cooperation needs to be relaunched in a way that helps the Burundian government to end endemic poverty. The international community should advocate the repatriation of all refugees, including those who are under an arrest warrant from the Burundian government, and ensure their protection. And it also should offer its mediation to solve conflict between Burundi and its neighbouring countries, especially Rwanda, in order to facilitate the movement of people and goods and the reestablishment of diplomatic relations.

    If the suggested priorities are pursued, the Burundian authorities might come to realise that Burundi is not isolated and that the international community is not acting to sabotage its interests, but rather to strengthen the positive aspects of globalisation in all domains.

    Civic space in Burundi is rated as ‘closed’ by theCIVICUS Monitor.

     

  • BURUNDI: «Élire de nouveaux dirigeants n’est pas synonyme de démocratie»

    CIVICUS parle des récentes élections au Burundi avec un activiste de la société civile qui, pour des raisons de sécurité, a préféré rester anonyme.

    Le 20 mai 2020, dans le cadre de la pandémie COVID-19, des élections présidentielles, parlementaires et municipales ont eu lieu au Burundi. En mars, deux mois avant les élections, la Commission d'Enquête des Nations Unies sur le Burundi a lancé un appel à la communauté internationale, y compris le Conseil de Sécurité des Nations Unies et les institutions régionales, pour qu'elle unisse ses forces pour encourager le gouvernement du Burundi à rouvrir les espaces démocratiques, civils et politiques. Le jour des élections, le président de la Commission d'Enquête a déclaré que les conditions n'étaient pas réunies pour organiser des élections libres et crédibles. Commel'a rapporté le CIVICUS Monitor, de nombreux politiciens de l'opposition ont reçu des menaces de mort et ont subi des agressions physiques, et les partis d'opposition se sont heurtés à des obstacles administratifs, car plusieurs demandes d’inscription des candidatures ont été rejetées. Le chef d'un parti d'opposition a été assassiné et d'autres candidats ont été arrêtés sur la base de fausses accusations. Le journalisme indépendant s'est heurté à des obstacles systématiques, tels que l'arrestation de journalistes et le blocage des plateformes de réseaux sociaux.

    Burundi Elections

    Photo by Spencer Platt/Getty Images

    La réponse du gouvernement du Burundi à la pandémie de COVID-19 a-t-il amplifié les restrictions croissantes sur l'espace civique?

    L'espace civique au Burundi est fermé depuis avril 2015, à la suite de troubles politiques déclenchés par la décision de l'ancien président burundais récemment décédé, Pierre Nkurunziza, d’obtenir un troisième mandat malgré les controverses. Cela a déclenché une violence généralisée qui a fait au moins 1 200 morts et contraint 400 000 personnes à fuir le pays. Étonnamment, en mars 2020, alors que la pandémie de COVID-19 se propageait dans presque tous les pays africains, les autorités burundaises ont ouvert un espace pour que des campagnes aient lieu pour les élections présidentielles, parlementaires et municipales de mai. Mais on peut conclure que l'espace civique continue d'être fermé en ce qui concerne les possibilités d'expression de toute critique ouverte de la façon dont le pays est géré politiquement, ce qui inclut la critique de la façon dont le gouvernement a géré la pandémie au cours de la période électorale.

    Quelle a été la position de la société civile concernant la décision de tenir des élections pendant la pandémie?

    La décision des autorités burundaises de permettre le déroulement des campagnes électorales à une époque où de nombreux autres pays africains prenaient des mesures de confinement pour arrêter la propagation du COVID-19 a été interprétée comme un déni de la réalité de la pandémie visant à sauver les intérêts politiques du parti au pouvoir, le CNDD-FDD (Conseil National pour la Défense de la Démocratie - Forces pour la Défense de la Démocratie), au détriment de la santé de la population.

    Malgré les craintes d'une propagation massive du COVID-19, l'une des raisons pour lesquelles le gouvernement s'est précipité pour organiser les élections a été l'opportunité de mener un processus électoral en l'absence d'un nombre important d'observateurs indépendants et internationaux qui pourraient signaler tout acte répréhensible. La Commission Électorale Nationale Indépendante étant principalement composée de membres du parti au pouvoir, cette décision a mis le gouvernement en mesure de manipuler les résultats des élections autant qu'il le voulait.

     

    Le résultat des élections a-t-il été accepté par la majorité des gens?

    Le 20 mai 2020, Évariste Ndayishimiye, le candidat du parti au pouvoir, le CNDD-FDD, a été élu président avec 71% des voix. Le CNDD-FDD a également remporté 72 des 100 sièges à l'Assemblée Nationale.

    Dès l'annonce de ces résultats par la commission électorale, des partis d'opposition comme le Congrès National pour la Liberté, placé comme lointain second, ont déclaré aux médias étrangers que les chiffres officiels n'étaient pas crédibles et qu’ils étaient le résultat de fraude massive. La vérité est que les élections se sont déroulées dans un contexte de répression permanente de l'opposition politique, des médias indépendants et de la société civile. Il n'y avait pas d'observateurs internationaux car le gouvernement les avait avertis qu'en raison de la pandémie, ceux qui venaient devraient rester en quarantaine pendant 14 jours à compter de leur arrivée.

    Il y a eu quelques critiques discrètes, notamment de la part de l'Église catholique, à propos des incidents qui ont marqué le processus électoral. D'autres ont chuchoté (car il n'est pas facile de faire une critique ouverte au Burundi) que les résultats des élections avaient été truqués. Mais ce fut tout. Des membres puissants de la communauté internationale, comme le gouvernement de la Belgique et des États-Unis, se sont précipités pour saluer le président élu, et la Communauté de l'Afrique de l'Est a félicité le Burundi pour avoir organisé des élections «pacifiques et réussies».

    À mon avis, le résultat des élections a finalement été accepté car beaucoup craignaient l'effusion de sang qui pourrait se produire si le rejet ouvert des résultats des élections par l'opposition était suivi de manifestations de rue.

    Quelles sont les chances que les résultats des élections conduisent à une amélioration de la démocratie et de l'espace civique?

    Il y a ceux qui disent croire qu’élire de nouveaux dirigeants est synonyme de démocratie. Le résultat des élections de mai 2020 a aidé le Burundi à changer le visage des hauts dirigeants et à montrer que le dictateur qui nous gouvernait depuis 15 ans ne dirige plus le pays. Cependant, les violations des droits humains qui ont eu lieu pendant la campagne électorale, la nomination de responsables sous sanctions économiques américaines ou européennes pour avoir commis des violations des droits humains et la rhétorique politique utilisée pour dépeindre certains pays et leurs dirigeants comme des colonialistes montrent que la démocratie au Burundi a encore un long chemin à parcourir.

    Cependant, certaines mesures de lutte contre la corruption et autres abus que le président Ndayishimiye a prises depuis son entrée en fonction laissent penser que l'impunité dont jouissaient certaines autorités locales sous le gouvernement Nkurunziza pourrait prendre fin.

    Beaucoup pensaient que le plan pour l'ancien président Nkurunziza était de continuer à détenir le pouvoir en coulisse. Les perspectives ont-elles changé à la suite de son décès?

    L'ancien président Nkurunziza est décédé subitement en juin, avant que son successeur ne prenne ses fonctions. Comme il y avait déjà un président élu, la Cour Constitutionnelle a décidé qu'il devait prêter serment deux mois à l'avance.

    Beaucoup pensaient que la mort de Nkurunziza permettrait au président Ndayishimiye de gouverner en toute indépendance, et il a semblé le confirmer dans son discours inaugural, où il a promis d'engager un large dialogue sur toutes les questions. Il est trop tôt pour s'assurer que le fait que Nkurunziza ait été exclu de l'équation permettra au nouveau gouvernement d'ouvrir l'espace civique et que le nouveau président saisira cette opportunité. Cependant, il est encourageant de voir que le nouveau président a déjà rencontré les dirigeants d'autres partis politiques, les anciens présidents du Burundi, les évêques catholiques et anglicans, et a promis de promouvoir le dialogue. Nous sommes impatients de voir si ses paroles se traduiront en action.

    Au même temps, cependant, le Ministre de l’intérieur a récemment publié une résolution visant à suspendre jusqu’à nouvel ordre l’enregistrement des nouvelles organisations de la société civile et des églises et la reconnaissance des nouvelles autorités des organisations existantes. Cette décision est incompatible avec le changement qu’on désire. Si elle est maintenue, elle empêchera la société civile de se développer et de devenir un interlocuteur légitime et publiquement reconnu.

    Que devrait faire la communauté internationale pour contribuer à améliorer l'espace civique au Burundi?

    Il est difficile de fixer des priorités, car il y a beaucoup de choses à mettre en place si le Burundi veut devenir une terre de liberté. Cependant, il serait vital d'impliquer le gouvernement du Burundi dans un dialogue multidimensionnel. La coopération internationale doit être relancée afin d’aider le gouvernement burundais à mettre fin à la pauvreté endémique. La communauté internationale doit plaider pour le rapatriement de tous les réfugiés, y compris ceux qui ont des ordres d'arrêt du gouvernement burundais, et assurer leur protection. Et elle doit également offrir sa médiation pour résoudre le conflit entre le Burundi et ses pays voisins, notamment le Rwanda, afin de faciliter la circulation des personnes et des biens et la restauration des relations diplomatiques.

    Si les priorités suggérées sont poursuivies, les autorités burundaises pourraient se rendre compte que le Burundi n’est pas isolé et que la communauté internationale n’agit pas pour saboter ses intérêts, mais plutôt pour renforcer les aspects positifs de la mondialisation dans tous les domaines.

    L'espace civique au Burundi est classé comme «fermé» par leCIVICUS Monitor.

     

  • Cambodia: Stop silencing critical commentary on COVID-19

    We, the undersigned international human rights organisations, call on the Cambodian government to immediately stop its assault on freedom of expression in the context of theCOVID-19 pandemic. In recent months, the government has warned against public criticism of its actions, prevented independent journalists from reporting on the pandemic, prosecuted individuals for criticising the inoculation campaign, and threatened journalists and social media users with legal actions on the spurious grounds of provoking “turmoil in society.”

    While Cambodia was spared from high numbers of severe COVID-19 cases in 2020, beginning in February 2021 there has been a spike in cases to which the government responded with disproportionate and unnecessary measures in violation of Cambodia’s international human rights obligations. This includes a campaign against freedom of expression that further constricts media freedom and promotes fear and self-censorship in the country. These measures serve to undermine, not advance, efforts to stop the spread of COVID-19.

    The Cambodian authorities placed a de factoban on independent reporting in Phnom Penh’s red zones—areas deemed to be high risk for COVID-19 transmission. On 3 May 2021, the Ministry of Information announced that only state media or journalists invited by the government would be permitted to report from red zones. The next day, the Ministry of Information issued a letter warning journalists not to disseminate information that could “provoke turmoil in society” and threatening legal action against those who disobey. The letter followed viral livestream footage from multiple Facebook news outlets of long queues of COVID-19 patients outside government treatment centres.

    The government’s campaign to silence critical commentary has extended beyond journalists to ordinary people, in a manner incompatible with international human rights standards.

    In a press release dated 1 May 2021, the Government Spokesperson Unit demanded the immediate cessation of social media posts intended to “provoke and create chaos” in the context of the COVID-19 pandemic, referring to such posts as “acts of attack” that must be punished. The press release concluded by praising the efforts of government officials to curb the spread of COVID-19 but did not provide any legal justification for imposing these possible restrictions on the right to freedom of expression.

    On 30 April 2021, Kandal provincial authorities warned farmers in Sa’ang district not to post images of vegetables spoiling in their fields due to the closure of markets, stating that such communications are bad for morale. One farmer, Tai Song, was pressured by the provincial authorities to sign a document agreeing not to post such content again after he shared a photo on Facebook showing his vegetables rotting and stating that he had to clear and throw away his crops.

    The Cambodian authorities have arrested dozens of individuals for expressing critical opinions about the government’s COVID-19 response, including at least six individuals for their criticism of the government’s vaccination campaign. One Chinese journalist, Shen Kaidong, was subsequently deported for publishing a story deemed ‘fake news’ in which multiple Chinese nationals reported receiving a text offering them the Sinopharm vaccine for a service fee.

    Authorities have also prosecuted at least three individuals—Korng Sambath, Nov Kloem, and Pann Sophy—for posting TikTok videos criticising the use of Chinese-made vaccines under the new, overly broad and vague Law on Measures to Prevent the Spread of COVID-19 and other Serious, Dangerous and Contagious Diseases (the COVID-19 Law).

    These actions are consistent with the government’s systematic and relentless crackdown on freedom of expression and information spanning far beyond the beginning of the COVID-19 pandemic. This latest surge contributes to the government’s broader efforts to silence all critical voices in Cambodia.

    The right to freedom of expression is protected by Article 19 of the International Covenant on Civil and Political Rights, to which Cambodia acceded in 1992, and by Article 41 of Cambodia’s Constitution.

    Protecting public health is the grounds on which the government is purporting to restrict freedom of expression. While there is a legitimate need to counter the spread of misinformation online to protect public health during a pandemic, this objective must be provided by a clear and accessible law and pursued using the least intrusive means, rather than unnecessary and disproportionate measures like unwarranted arrests, detentions, and criminal prosecutions.

    In its General Comment 34, the UN Human Rights Committee emphasised the essential role of the media in informing the public and stated that “in circumstances of public debate concerning public figures … the value placed [on] uninhibited expression is particularly high.” A 2017 Joint Declaration of four independent experts on freedom of expression stressed that “general prohibitions on the dissemination of information based on vague and ambiguous ideas” are incompatible with international human rights standards.

    The UN Committee on Economic, Social and Cultural Rights emphasised in General Comment 14 that the protection of freedom of expression is a key component of the right to health—enshrined in Article 12 of the International Covenant on Economic, Social and Cultural Rights—enabling vital information collected by the public and journalists to reach policymakers. We therefore strongly condemn the Cambodian government’s efforts to inhibit the free flow of information relevant to the pandemic. Such actions will negatively impact the quality and reliability of news reporting and undermine the government’s own ability to respond to COVID-19.

    Open dialogue and robust investigative journalism are critical during times of crisis, including public health emergencies. The Special Rapporteur on the right to health has emphasised the crucial role of the media in ensuring accountability in health systems. During a pandemic, free and independent media can help identify viral hotspots or outbreaks, monitor national and international responses, and promote transparency and accountability in the delivery of necessary public health services.

    The Cambodian government’s clampdown on free speech is having a chilling effect on the exercise of freedom of expression in Cambodia. The authorities’ actions are reinforcing the already widespread atmosphere of self-censorship, preventing participation in governance and public affairs, and extinguishing an important safeguard for government accountability.

    We therefore call on the Cambodian government to end the harassment of independent journalists reporting on COVID-19 and individuals who voice critical opinions or fears about the pandemic on social media platforms and to take steps to ensure a free, independent, and diverse media environment. We urge the Cambodian authorities to substantially amend or repeal the new COVID-19 Law and other non-human rights compliant legislation that criminalise or unduly restrict freedom of expression and information. The Cambodian government should uphold the right to freedom of expression, including the freedom to seek, receive and impart information instead of using a public health crisis as an excuse to extinguish dissent.

    This statement is endorsed by:

    1. Access Now
    2. Amnesty International
    3. ARTICLE 19
    4. ASEAN Parliamentarians for Human Rights (APHR)
    5. Asian Forum for Human Rights and Development (FORUM-ASIA)
    6. CIVICUS: World Alliance for Citizen Participation
    7. Human Rights Watch
    8. International Commission of Jurists (ICJ)
    9. International Federation for Human Rights (FIDH)
    10. International Freedom of Expression Exchange (IFEX)
    11. Reporters Without Borders (RSF)
    12. World Organisation Against Torture (OMCT)

    Civic space in Cambodia is rated as Repressed by the CIVICUS Monitor.

     

  • Carta abierta: La “recuperación” del Covid-19 debe impulsar la lucha contra la desigualdad

    La “recuperación” del Covid-19 debe impulsar la lucha contra la desigualdad

     

  • Carta abierta: Los donantes y colaboradores deben actuar para asegurar la resiliencia de la sociedad civil frente a la pandemia del COVID-19

    Estimados donantes y colaboradores de la sociedad civil,

    A medida que evoluciona la respuesta mundial a la pandemia de COVID-19, organizaciones de la sociedad civil de todo el mundo están adoptando medidas proactivas para proteger la salud y el bienestar de su personal y el de sus colaboradores. Entre estas medidas se incluyen los cambios en la estrategia, la reordenación de prioridades y los ajustes en la programación y la divulgación. Al mismo tiempo, la infraestructura de la sociedad civil está sometida a una visible e inmensa presión financiera. Los proyectos se han aplazado, los resultados se han retrasado y las energías se han desviado a la elaboración de planes alternativos. Se han cancelado grandes eventos con importantes pérdidas financieras. Los fondos se han redirigido (acertadamente) de las actividades que se habían planificado a medidas de respuesta para el COVID-19.  Las provisiones - en caso de que existan - son limitadas y pronto se agotarán.

    Para responder a estos retos extraordinarios se requiere flexibilidad en la forma de utilizar nuestras subvenciones. Nos fortalecen e inspiran particularmente los mensajes de apoyo que han lanzado donantes y colaboradores reafirmando su compromiso para permitir la máxima flexibilidad a quienes apoyan. Es un importante signo de confianza y reconocimiento del papel crucial que la sociedad civil y la acción cívica ocupan en nuestras sociedades, ahora más que nunca. 

    Hacemos un llamamiento a todos los donantes e intermediarios que prestan un apoyo esencial a la sociedad civil para que adopten enfoques similares ofreciendo la mayor flexibilidad, certidumbre y estabilidad posible a quienes reciben sus subvenciones así como a sus asociados.

    Éstas son cinco formas concretas para lograrlo:

    1. Escuchar a sus socios beneficiarios y explorar juntos la mejor manera de ayudarles a afrontar la crisis, confiando en que ellos son los que mejor saben lo que se necesita en sus propios contextos.
    2. Fomentar el rediseño y la reprogramación de las actividades planificadas y los productos finales y proporcionar una orientación clara sobre cómo buscar la aprobación de estos cambios.
    3. Apoyar formas nuevas y creativas de crear una cultura de solidaridad e interacción, respetando al mismo tiempo el distanciamiento físico y otras medidas de precaución. 
    4. Ofrecer mayor flexibilidad replanteando las cuotas de pago en función de las necesidades reales, convirtiendo las subvenciones de proyectos existentes en fondos no restringidos o añadiendo fondos adicionales para ayudar a acumular reservas o cubrir gastos imprevistos.
    5. Simplificar los procedimientos y plazos de presentación de informes y solicitudes, de modo que los grupos de la sociedad civil puedan dedicar mejor su tiempo, energía y recursos a prestar apoyo a los más vulnerables en lugar de cumplir pesados requisitos de presentación de informes y mecanismos de auditoría.

    CIVICUS continuará luchando por un sólido espacio cívico, incluyendo medidas que permitan a la sociedad civil movilizarse con y para los grupos más afectados por la pandemia del Coronavirus. En estos tiempos críticos, debemos alimentar el espacio cívico y a sus actores con recursos incrementando su relevancia y capacidad de recuperación, no reduciéndolas. También debemos ser conscientes de que el momento actual también podría ser aprovechado por algunos actores para restringir aún más el espacio cívico.

    Imaginen lo que podría suceder si todos los grupos y movimientos de la sociedad civil detienen o reducen repentinamente sus esfuerzos por llevarnos hacia un mundo más justo, inclusivo y sostenible. Imagínese ahora una comunidad mundial de ciudadanos informados, inspirados y comprometidos que se dediquen colectivamente a hacer frente a los desafíos a los que se enfrenta la humanidad, incluida la actual pandemia.  Debemos hacer lo que sea necesario para mantener una sociedad civil viva, vibrante y resistente.

    La forma en que enfrentemos esta pandemia tendrá profundas y duraderas repercusiones en la forma en que construyamos el futuro de nuestro mundo.

    Esta crisis puede abordarse con éxito mediante una cultura mundial de solidaridad y acción cívica, sustentada en una intensa cooperación, confianza y reparto de la carga. Y su papel, como financiadores y colaboradores de la sociedad civil, es fundamental para alcanzarlo.

     

  • Censorship and surveillance could be the biggest rights challenges post Covid-19

    By Mandeep Tiwana, Chief Programmes Officer at CIVICUS & Marianna Belalba Barreto, Civic Space Researcher

    Significant public attention in relation to Covid-19 has focused on the economic dimensions of the virus resulting in joblessness and deprivation on a monumental scale. But something else is severely under threat — civic space — basically the right to freely organise, participate and communicate in public life.

    Over the past few months, while health and economic concerns have taken public stage, insidious power grabs have been taking place, prompting the United Nation’s special expert on the right to privacy to warn that “dictatorships and authoritarian societies often start in the face of a threat”.

    Read on Mail & Guardian

     

  • CHILE: ‘Este histórico momento constituyente es un logro de la ciudadanía’

    CIVICUS conversa con Marcela Guillibrand De la Jara, Directora Ejecutiva de la Red de Voluntarios de Chile y Coordinadora General de Ahora Nos Toca Participar. La Red de Voluntarios es una plataforma nacional que reúne a organizaciones de la sociedad civil (OSC) chilenas que promueven el voluntariado.Ahora Nos Toca Participar es una iniciativa de organizaciones sociales agrupadas en el Nuevo Pacto Social (NPS-Chile) que busca contribuir al fortalecimiento de la democracia y a cohesión social mediante la promoción de la participación ciudadana en el plebiscito sobre la reforma constitucional previsto para octubre de 2020 y en el proceso constituyente que se espera que se inicie con el plebiscito. La campaña se centra en la formación ciudadana, la creación de espacios de diálogo y la generación de propuestas para alimentar el proceso constituyente.

    Marcela Guillibrand

    A fines de 2019 se convocó a un referéndum para disparar un eventual proceso constituyente. ¿En qué medida se trató de una victoria de la sociedad movilizada?

    En octubre de 2019, Chile reactivó su vida política y social de manera colectiva a lo largo de todo su territorio. La ciudadanía salió a las calles para encontrarse, para hablar y hacer política, como hace mucho tiempo no lo hacía. Fue así como emergieron experiencias participativas propias y no convencionales, localmente enraizadas y con identidad local, cruzadas con expresiones de descontento y frustración por la desigualdad estructural que se venía gestando y manifestando en nuestro país desde largo tiempo atrás.

    Todo esto fue inicialmente motivado por el descontento de los jóvenes respecto de un alza de 30 pesos (0,33 USD) en el costo de la tarifa del sistema de transporte de la capital de Chile, el Metro. En reacción al aumento se produjeron manifestaciones que primero se tradujeron en la evasión del pago del pasaje pero que eventualmente se hicieron eco en consignas tales como “No son 30 pesos, son 30 años”, en referencia al tiempo que llevamos viviendo en democracia – desde la transición que se produjo en 1990 - y al sentimiento compartido por gran parte de la población de que no somos parte de las decisiones que se han venido tomando. Esto fue alimentado por elevados índices de desconfianza en las instituciones, una gran desafección política y la reacción contra un modelo que empujó a nuestro país a una mirada y a una participación más individualista en todos los ámbitos.

    Ante una movilización que no cedía, el 15 de noviembre de 2019 los partidos políticos de distintos sectores firmaron el “Acuerdo por la Paz Social y la Nueva Constitución”. Con ello se abrió a la ciudadanía la oportunidad de decidir a través de un plebiscito, que se realizará el próximo 25 de octubre, si desea una nueva constitución. Mediante el plebiscito la ciudadanía deberá pronunciarse además sobre el mecanismo que se utilizaría para redactar la nueva constitución: una convención constitucional, un órgano íntegramente elegido para ello, o por una convención mixta constitucional, que estaría compuesta por un 50% de congresistas actuales y un 50% de representantes elegidos para este cometido. Para un gran sector de la sociedad este proceso abre una oportunidad única de elegir de manera libre el Chile que queremos. Aunque técnicamente lo que le dio origen fue un acuerdo entre varios sectores políticos, este histórico momento constituyente es indudablemente un logro de la ciudadanía.

    En el marco de este proceso, la sociedad civil también ha logrado un avance histórico en materia de género. Diversas organizaciones sociales que vienen trabajando arduamente en la promoción y defensa de los derechos de las mujeres impulsaron la reivindicación de la paridad de género en el proceso constituyente, y lograron imponerla gracias a la buena recepción de distintos sectores políticos en el Congreso. De imponerse en el plebiscito la opción de redactar una nueva constitución, regirá para la elección de constituyentes la regla de la paridad de género. Sin embargo, ésta solo operará plenamente si se impone la opción de la convención constitucional, ya que todos los integrantes de este órgano serían elegidos en un acto eleccionario. En cambio, en el caso de la convención mixta constitucional, las reglas de paridad operarían para la mitad del cuerpo que será electo, pero no para la mitad constituida por parlamentarios que ya ocupan una banca legislativa.

    ¿Qué posición ha adoptado la sociedad civil chilena frente a la perspectiva de un proceso de reforma constitucional?

    A medida que se acerca la fecha del plebiscito ha aumentado el interés sobre el tema. Llevamos más de cinco meses con cuarentenas focalizadas debido a la pandemia de COVID-19, y las organizaciones con las que nos vinculamos han tenido la atención centrada mayormente en la supervivencia de sus programas y el apoyo a sus poblaciones objetivo, ya que económicamente la pandemia las ha golpeado muy fuerte. Así y todo, de a poco han manifestado un interés creciente en el tema constitucional. Por nuestra parte, hemos mantenido el vínculo con ellas y hemos trabajado en conjunto para ofrecerles una plataforma con contenidos de formación ciudadana de los cuales puedan disponer y articular distintos espacios formativos a través de plataformas digitales y de otros mecanismos para llegar a distintos territorios, tales como las radios o la mensajería de texto.

    En este contexto se lanzó Ahora Nos Toca Participar, una iniciativa de la red Nuevo Pacto Social, que agrupa a poco más de 700 OSC. La iniciativa busca garantizar la formación de la ciudadanía y la participación ciudadana en el contexto del posible proceso constituyente. Nuestro foco está en activar a la ciudadanía, en proveerle de herramientas de formación y en generar de manera conjunta espacios de participación y diálogo para recuperar el protagonismo en la toma de decisiones en nuestro país. Para esto, en una etapa previa al plebiscito, contamos con una serie de contenidos iniciales divididos en varios apartados - participación ciudadana, constitución e itinerario constituyente - que ponemos a disposición de la ciudadanía y las OSC a través de nuestra plataforma web, www.ahoranostocaparticipar.cl, de las redes sociales y de otros dispositivos. A partir de estos contenidos hemos desarrollado una oferta formativa con materiales accesibles en varias lenguas, tales como aymara, mapudungun y rapa nui, así como creole. La idea es que todas las personas que lo deseen puedan encontrar respuestas en estos materiales sobre la constitución y el posible proceso constituyente, de modo de poder participar en el plebiscito de manera libre e informada y así contribuir a lograr la votación más masiva de la historia de Chile.

    A causa de la pandemia, el plebiscito originalmente planeado para abril fue postergado para octubre. ¿Ha habido conflictos o desacuerdos en relación con la postergación y la fijación de la nueva fecha?

    El escenario sanitario motivado por la pandemia obligó a las instituciones pertinentes a mover la fecha del plebiscito para octubre. El sector de sociedad civil con el cual nos relacionamos entendió que el cambio era necesario en función de un bien común superior, la salud de las personas. Por el momento damos por hecho que el plebiscito tendrá lugar en octubre, ya que las instituciones que podrían tomar la decisión de moverlo aún no lo han hecho, por lo que seguimos trabajando en función de esa fecha. Actualmente se están discutiendo temas relativos a la implementación del plebiscito, en primer lugar sobre los resguardos sanitarios, pero también sobre cómo promover la participación de la ciudadanía en esta instancia que sin duda tendrá características muy distintas a lo que estamos acostumbrados. Se han conformado mesas de trabajo intersectoriales para trabajar en el tema. Primero el Senado formó una mesa para recibir recomendaciones y analizar experiencias comparadas con otros países que han estado en nuestra misma situación. Luego el Servicio Electoral dio continuidad a esta mesa, para seguir trabajando en la línea de garantizar un plebiscito seguro y participativo. A esta mesa han sido invitadas distintas OSC, entre ellas Ahora Nos Toca Participar. Junto a estas organizaciones produjimos un documento de recomendaciones que abarca desde los temas sanitarios hasta la regulación de las campañas, pasando por temas de acceso a información y formación ciudadana, que son nuestros temas. Actualmente, esta mesa continúa en funcionamiento.

    ¿Se están tomando medidas para que la participación ciudadana en la campaña y la votación no se vea menoscabada por efecto de la pandemia?

    El actual escenario de pandemia naturalmente nos obliga a tomar resguardos. Por de pronto, el pasado 26 de agosto, se dio inicio al periodo de propaganda electoral, esto es, a la posibilidad de hacer propaganda en lugares públicos que estén expresamente autorizados por el Servicio Electoral, así como también en los medios de comunicación. El debate está teniendo lugar con mucha fuerza en las redes sociales, que dada la necesidad de tomar recaudos, evitar las aglomeraciones y el contacto físico y respetar las restricciones sanitarias decretadas por la autoridad, constituyen hoy el principal espacio de visibilización.

    Cómo hacer para garantizar a todas las personas el derecho a participar el día del plebiscito es algo que ha estado en discusión. Como consecuencia de la pandemia de COVID-19, algunos lugares de nuestro país permanecen en confinamiento, múltiples sectores se encuentran en cuarentena por casos activos y hay comunas que habían iniciado un plan de desconfinamiento pero tuvieron que retroceder ante el rebrote del virus.

    ¿Cómo garantizamos el derecho a la participación de las personas contagiadas de COVID-19? ¿De qué alternativas disponemos? Estas son preguntas que hoy debate tanto la opinión pública como las autoridades pertinentes que están en condiciones de dar una respuesta a esta demanda. 

    En esta línea, en conjunto con diversas OSC estamos impulsando una serie de recomendaciones que atienden no solamente el aspecto sanitario - para que pacientes con COVID-19 puedan sufragar – sino también cuestiones tales como la garantía del acceso a información oportuna y de formación ciudadana para todas aquellas personas que históricamente han sido excluidas de la participación por múltiples razones, entre ellas por no contar con canales de información adecuados para recibir los contenidos o porque éstos no se disponibilizaban en diferentes lenguas. En ese sentido, es importante que se hagan los mayores esfuerzos para garantizar el derecho a la participación, no solo a quienes en este momento podrían no estar en condiciones de ejercerlo por razones de salud, sino también a quienes se han encontrado históricamente en una situación más vulnerable, tales como los adultos mayores, los miembros de pueblos originarios, las poblaciones rurales, las mujeres, las personas LGBTQI+ y las personas migrantes.

    El espacio cívico en Chile es clasificado como “estrecho” por elCIVICUS Monitor.

    Contáctese con Ahora Nos Toca Participar a través de susitio web,Instagram o su perfil deFacebook, y siga a@ahrnostoca y a@marbrandd en Twitter.

     

  • CHILE: ‘This historic constituent moment was achieved by citizens’

    CIVICUS speaks with Marcela Guillibrand De la Jara, Executive Director of the Chilean Volunteer Network (Red de Voluntarios de Chile) and General Coordinator of Now It’s Our Time to Participate (Ahora Nos Toca Participar). The Volunteer Network is a national platform that brings together Chilean civil society organisations (CSOs) that promote voluntary action. Now It's Our Time to Participate is an initiative of social organisations gathered in the New Social Pact (NPS-Chile) that seeks to contribute to strengthening democracy and social cohesion by promoting citizen participation in the plebiscite on a new constitution scheduled for October 2020 and in the constituent process that the plebiscite is expected to trigger. The campaign focuses on citizen training, the creation of spaces for dialogue and the generation of proposals to feed into the constituent process.

    Marcela Guillibrand

    In late 2019, a referendum was called in order to trigger a constituent process. To what extent was this the victory of a mobilised society?

    In October 2019, Chile reactivated its political and social life, collectively and throughout its territory. Citizens took to the streets to meet, to speak and take part in politics, as they had not done for a long time. This is how specific and unconventional participatory experiences emerged, locally rooted and with a local identity, mixed with expressions of discontent and frustration towards the structural inequality that had developed and manifested in our country for a long time.

    All this was initially motivated by young people’s dissatisfaction with an increase of 30 pesos (approx. US$0.33) on the price of the ticket used in the Chilean capital’s transportation system, the Metro. In reaction to the increase, demonstrations took place, initially in the form of fare evasion but eventually embracing slogans such as ‘It's not 30 pesos, it's 30 years’, a reference to the time that we have been living in a democracy – since our democratic transition took place in 1990 – and the feeling, shared by a large part of the population, that we have not been included in the decision-making process. This was fuelled by high levels of mistrust in institutions, great political disaffection and the reaction against a model that pushed our country towards more individualistic views and forms of participation in all areas.

    Faced with a level of mobilisation that did not relent, on 15 November 2019 political parties across the spectrum signed the ‘Agreement for Social Peace and a New Constitution’. As a result, citizens were given the opportunity to decide if they want a new constitution through a plebiscite that will be held on 25 October 2020. In the plebiscite, citizens must also select the mechanism that would be used to draft a new constitution: a constitutional convention, a body fully elected for the purpose of drafting the constitution; or a mixed constitutional convention, which would include both current Congress members, who would make up 50 per cent of the body, and representatives elected exclusively for this task, who would make up the other 50 per cent. A large part of society views this process as opening up a unique opportunity for us to choose freely the Chile we want. Although technically what gave rise to this opportunity was an agreement between various political groupings, this historic constituent moment was achieved by citizens.

    Within this process, civil society has also made historic progress on gender issues. Various social organisations that have long worked very hard to promote and defend women’s rights pushed the demand for gender parity in the constituent process, and managed to impose it thanks to the echo they found among various political groups represented in Congress. If the option in favour of drafting a new constitution wins in the plebiscite, the gender parity rule will apply in the election of constitutional delegates. The rule, however, will only be fully operational if the constitutional convention alternative prevails, since in that case all members of the constituent body would be elected in a single election. If the mixed constitutional convention alternative is chosen, the parity rule would apply to the half of the body that will be elected, but not to the half that will be made up of legislators who already occupy congressional seats.

    What stance has Chilean civil society taken regarding the prospect of a constitutional reform process?

    As the plebiscite date approaches, interest on the subject has increased. We have had localised quarantines for more than five months due to the COVID-19 pandemic, and the organisations with which we interact have had their attention focused mainly on the survival of their programmes and supporting their target populations, since economically the pandemic has hit them very hard. Even so, little by little they have shown growing interest in constitutional issues. For our part, we have stayed connected with them and we have worked together to offer them a platform that contains citizenship training materials that they can use and to coordinate various spaces to conduct training through digital platforms and other mechanisms suited to reach a variety of territories, such as radio and text messaging.

    It is in this context that we launched Now It’s Our Time to Participate, an initiative of the New Social Pact (Nuevo Pacto Social) network, which brings together just over 700 CSOs. The initiative seeks to guarantee the training of citizens and citizen participation in the context of the constituent process that will likely take place. Our focus is on activating citizens, providing them with training tools and jointly generating spaces for participation and dialogue to regain prominence in decision-making in our country. For this, in the run-up to the plebiscite, we have organised a range of key content in several sections – citizen participation, constitution and constituent process – that we have made available to citizens and CSOs through our web platform, www.ahoranostocaparticipar.cl, as well as on social media and through other means. On the basis of this content we have developed a range of training options that include accessible materials in various languages, such as Aymara, Mapudungun and Rapa Nui, as well as in Creole. The idea is that all the people who wish to can find answers in these materials about the constitution and the likely constituent process, in order to be able to take part in the plebiscite in a free and informed manner and thus contribute to achieving the most massive vote in Chilean history.

    The plebiscite had originally been planned for April before being postponed to October due to the pandemic. Have there been any conflicts or disagreements regarding the postponement and the new date?

    The health scenario created by the pandemic forced the relevant institutions to move the date of the plebiscite to October. The section of civil society with which we interact understood that this change was necessary based on a higher common good, people’s health. At the moment we take for granted that the plebiscite will take place in October, since the institutions that could make the decision to change the date have not yet done so, so we continue to work based on that date. Currently, issues related to the implementation of the plebiscite are being discussed. They focus firstly on health safeguards, but also on how to promote citizen participation in this process, which will undoubtedly have very different characteristics from what we are used to. Intersectoral working groups have been set up to work on the issue. First, the Senate set up a forum to receive recommendations and analyse the comparative experiences of other countries that have been in the same situation. Then the Electoral Service kept the forum to continue working along the lines of guaranteeing a safe and participatory plebiscite. Various CSOs have been invited to participate, including Now It's Our Time to Participate. Jointly with these organisations, we have produced a document with recommendations that range from health issues to campaign regulations, and also includes issues such as access to information and citizen capacity development, which is what we work on. This space continues in operation.

    Are measures being taken so that people’s participation in the campaign and vote is not undermined by the effects of the pandemic?

    The current pandemic scenario is naturally forcing us to adopt safeguards. The electoral advertising phase kicked off on 26 August, so now it is possible to disseminate campaign materials in public places that are expressly authorised by the Electoral Service, as well as on the media. Debate is taking place with great force on social media, which given the need to take precautions, avoid crowds and physical contact and respect sanitary restrictions decreed by the authorities, is currently the main space to gain visibility.

    What to do to guarantee everyone’s right to participate on the day of the plebiscite is something that has been under discussion. As a consequence of the COVID-19 pandemic, some places in our country remain under confinement, multiple sectors are quarantined due to the presence of active cases, and there are municipalities that had initiated a deconfinement plan but then had to back off due to new outbreaks of the virus.

    How do we guarantee the right to participation of those people who are infected with COVID-19? What alternatives do we have? These are the kind of questions that are being debated by both the public and the relevant authorities who are in a position to respond to these demands.

    Along these lines, alongside various CSOs we are promoting a series of recommendations that address not only the sanitary aspect – so that COVID-19 patients can vote – but also issues such as ensuring access to timely information and citizen capacity development to all those people who have historically been excluded from participation for multiple reasons, including due to not having adequate information channels to receive content, or content not being available in a variety of languages. In this sense, it is important that every effort be made to guarantee the right to participation, not only to those who at this particular time might not be in a position to exercise it for health reasons, but also to those who have historically found themselves in a more vulnerable situation, such as older adults, Indigenous peoples, rural populations, women, LGBTQI+ people and migrants.

    Civic space in Chile is rated as ‘narrowed’ by theCIVICUS Monitor.
    Get in touch with Now It’s Our Time to Participate through itswebsite,Instagram or itsFacebook page, and follow@ahrnostoca and@marbrandd on Twitter.

     

     

  • CHILI : « Ce moment historique est un accomplissement de la part des citoyens »

    CIVICUS s’entretient avec Marcela Guillibrand De la Jara, directrice exécutive du Réseau chilien de volontaires et coordinatrice générale de Ahora Nos Toca Participar. Le Réseau de volontaires est une plateforme nationale qui rassemble des organisations de la société civile (OSC) chilienne promouvant le volontariat. Ahora Nos Toca Participar est une initiative d’organisations sociales regroupées dans le Nouveau Pacte Social (NPS-Chili) qui cherche à contribuer au renforcement de la démocratie et de la cohésion sociale en promouvant la participation des citoyens au référendum sur la réforme constitutionnelle prévu pour octobre 2020 et au processus constituant qui devrait commencer avec lui. La campagne se concentre sur l’éducation des citoyens, la création d’espaces de dialogue et la génération de propositions pour alimenter le processus constituant.

     

  • Civic Freedoms and the COVID19 Pandemic: A snapshot of restrictions

    On 11 March 2020, the World Health Organization declared the COVID-19 coronavirus outbreak a pandemic. The spread of the pandemic, and the response of states to the crisis, have created unprecedented living conditions for much of the world’s population. A range of restrictions on freedoms has been introduced in attempts to curb the pandemic. However, some of these have had troubling impacts on human rights and the space for civil society. In many cases, they have patterned onto and reinforced existing restrictions of civic space.

    Civic space is the bedrock of any open and democratic society and is rooted in the fundamental freedoms of people to associate, assemble peacefully and freely express their views and opinions. Since 2016, the CIVICUS Monitor has documented and analysed the state of civic space in 196 countries.

    States have taken measures that include emergency laws, nationwide lockdowns and restrictions on movement. But one month after the declaration of the pandemic, CIVICUS has documented several alarming civic space trends that have resulted. These are:

    • Unjustified restrictions on access to information and censorship;
    • Detentions of activists for disseminating critical information;
    • Crackdowns on human rights defenders and media outlets;
    • Violations of the right to privacy and overly broad emergency powers.

    International human rights law recognises that in the context of officially proclaimed public emergencies, including in public health, which threaten the life of a country, restrictions on some rights can be justified, but they must have a legal basis and be strictly necessary, of limited duration, respectful of human dignity, subject to review, proportionate to achieving the objective, not involve discrimination and be used strictly to the extent required by the emergency in question. Even where an official proclamation of emergency has been made, non-derogable fundamental rights such as the right to life and freedom from torture and inhuman, cruel, or degrading treatment still must not be infringed. Where a proclamation of emergency has not officially been made, rights can only be restricted during a public health threat in accordance with the limitations allowed in normal times under the relevant provisions of the International Covenant on Civil and Political Rights.

    International law is clear, but there are concerns that some of the actions taken by some states may be exceeding justifiable restrictions and negatively affecting civic freedoms. CIVICUS has compiled information on key civic space issues that have surfaced due to the response by governments and some other groups to the COVID-19 pandemic, raising serious concerns about the state of civic space at this time. These reports are sourced from civil society groups and activists, credible news sources and official documents. The restrictions are happening in a range of countries with different civic space ratings. When a country is referenced the respective rating colour is also displayed:

       OPEN NARROWED OBSTRUCTED  REPRESSED CLOSED

    Censorship and restrictions on access to information

    In  China, the government initially  responded to the outbreak by withholding information from the public, under-reporting cases of infection and downplaying the severity of the infection. The authorities also censored numerous articles and social media posts about the pandemic, including those posted by families of infected people seeking help and by people living in cordoned-off cities documenting their daily life. In Brazil, President Jair Bolsonaro, through a ‘medida provisória’ (provisional measure), decreed that government officials were not obliged to answer any freedom of information requests during the outbreak. The Supreme Court subsequently suspended the decree.The CIVICUS Monitor has shown that in 2019, censorship was the most common tactic used by states to silence activists, journalists and government critics and suppress critical information. Human rights groups have documented attempts to censor or restrict information on the COVID-19 pandemic. These have potentially prevented people from accessing information about the pandemic that can help them protect themselves and their families and being able to ask informed questions about the decisions being taken by the authorities in response to the pandemic.

    In Turkmenistan, President Gurbanguly Berdymukhamedov’s government is limiting the use of the word ‘coronavirus’ as much as possible in order to deter the spread of information about the pandemic. It has ordered the word’s removal from health brochures distributed in hospitals, schools and workplaces. In El Salvador journalists have not been allowed to ask questions during press conferences related to the crisis and the government’s response.

    In Vietnam, where the state controls all conventional media and implements strict social media censorship, the authorities have been cracking down on people using Facebook and bloggers who are trying to deliver timely and valuable information about the pandemic. As of 17 March, at least 654 people who posted on Facebook about the outbreak had been summoned to police stations for interrogation about their posts, and 146 of them have been fined.

    During this crisis, internet shutdowns directly harm people’s health and lives, and undermine efforts to bring the pandemic under control. The shutdown in Indian-administered Kashmir is hampering the ability of doctors to obtain information about the virus and educate the public. Similar concerns have also been raised in Rakhine state in Myanmar, which is also subject to an internet shutdown.

    Threats and arrests for criticising state response

    There have also been reports of people being threatened or arrested for criticising their state’s response or disseminating information on the pandemic.

    In Iran, civil rights activists, journalists, a city councillor and a footballer have all been  detained or summoned for questioning after criticising the Iranian government’s management of the pandemic in social media posts. Some of those who were summoned were accused of portraying the country in a negative light and pressured to be supportive of the government’s response to the outbreak.

    In the Solomon Islands, the Ministry of Health has sent out a memo threatening ‘termination with immediate effect’ for staff who post comments online criticising the government’s response to the pandemic. It said the regulations were included under the State of Public Emergency declaration. In Sri Lanka, on 1 April, the Inspector General of Police instructed all police officers to take legal action against those who publish posts on social media criticising government officials.

    Police in Pakistan have arrested dozens of doctors and medical staff who protested about a lack of personal protective equipment in their fight against the pandemic. In Thailand, on 23 March, an artist was charged under the draconian Computer Crime Act for a Facebook post criticising the lack of airport COVID-19 screening.

    Restrictions on the media

    Journalists and the media have a key role to play in sharing timely information about the pandemic. However, some states are shutting down media outlets, restricting the media and criminalising journalists.

    On 17 March it was reported that decrees had been issued by the governments of Jordan, MoroccoOman and Yemen to suspend newspaper printing and distribution in response to the pandemic. This includes both independent and state-owned media outlets. Authorities reportedly imposed this to prevent the possible spread of the virus during the printing, delivery and distribution of papers.

    On 5 March, authorities in Niger arrested Kaka Touda Mamane Goni, an independent journalist who publishes news reports on his Facebook and Twitter pages, at his home in Niamey, Niger’s capital. His arrest stemmed from a complaint filed by the local General Reference Hospital, which alleged that his social media posts about a suspected COVID-19 case at the hospital posed a threat to public order.

    In Kenya, blogger Robert Alai was arrested on 20 March for posting false information about the virus. Alai had claimed that the government was concealing crucial information about the spread of the virus and that its impact was far greater than the government was acknowledging. He is accused of contravening the Computer Misuse and Cyber Crimes Act 2018.

    The house of journalist, Darvinson Rojas in Venezuela was raided and he was detained by agents of the Special Action Forces of the Bolivarian National Police on 21 March for his reporting on the pandemic in Venezuela. At the hearing on 23 March, Rojas was accused of ‘instigating hatred and public instigation’.

    On 26 March, the President of Vanuatu signed a declaration of a State of Emergency in response to the pandemic. As part of the declaration it was announced that all news articles on the virus had to be vetted by the National Disaster Management Office after consultation with the Ministry of Health.

    Journalists have at times also been subjected to physical assault or harassment while covering COVID-19 lockdowns. In the Democratic Republic of Congo, for example, journalist Tholi Totali Glody was reportedly chased by police officers and thrown off a motorcycle taxi on 22 March in Likasi, Haut-Katanga province, resulting in injuries that included a broken leg.

    Passage and use of restrictive laws to counter ‘fake news’

    The pandemic’s spread has been matched by the proliferation of misinformation about the virus. While misinformation is a serious problem, some states have resorted to unduly repressive laws on ‘fake news’ that could have wider impacts.

    On 18 March, the government of South Africa's new regulations criminalising statements intended to deceive any person about COVID-19 or the government's response to it. The regulations were published in the Government Gazette under the 2002 Disaster Management Act and carry penalties including fines, imprisonment, or both.

    The Philippines government declared a state of emergency in response to the pandemic on 25 March and passed a law that included provisions penalising the spreading of ‘false information’ on social media and other platforms. Those found violating this provision may face two months’ imprisonment or a fine of not less than P10,000 (approx. US$196). Courts may also impose a fine of up to P1 million (approx. US$19,642). On 28 March, Egypt's general prosecution said that those spreading ‘fake news’ and rumours about the virus may be imprisoned for five years and fined EGP 20,000 (approx. US$1,266).

    Turkey’s Ministry of Interior announced on 23 March that legal action had been taken against 316 social media account holders who had shared information about the virus ‘to cause worry among the public, incite them to fear and panic and target persons and institutions’. In Malaysia, the authorities reported on 11 March that they had opened 37 criminal investigations related to the spread of ‘fake news’ on the virus.

    Targeting of human rights defenders

    There is also evidence that governments and others are using the pandemic as an opportunity to target human rights defenders.

    In Honduras, on 24 March, police arbitrarily arrested Evelyn Johana Castillo for being on the street during the emergency, while she was returning home from buying food with her husband and older daughter. She is the Assistant Coordinator of the Ojojona Women’s Network and a member of the National Network of Women Human Rights Defenders in Honduras. Evelyn stated that this attack against her may have been a reprisal.

    A human rights defender in El Salvador has been the target of a smear campaign after posting on Facebook on 13 March about overcrowding and the lack of hygiene for people held in quarantine during the pandemic. She received messages containing harmful speech, intimidation and threats, including misogynistic insults and derision of her feminist activism.

    According to local civil society groups, death squads in Colombia are taking advantage of lockdowns to kill rural activists. Marco Rivadeneira, a high-profile activist, was murdered in the southern Putumayo province, Ángel Ovidio Quintero was shot dead in the western Antioquia region and Ivo Humberto Bracamonte was killed on the eastern border with Venezuela.

    Police abuses during lockdowns

    Civil society groups and journalists have raised concerns about the use of excessive force or inhumane and degrading treatment by law enforcement officials towards people who have violated lockdowns in various countries. The United Nations Special Rapporteur on Extrajudicial, Summary or Arbitrary Killings has raised concerns about this.

    According to Human Rights Watch, police and local officials in the Philippines have  confined those arrested for violating the government’s COVID-19 regulations in dog cages and forced them to sit in the midday sun as punishment, among other abuses. In Indiavideos have circulated of police officers violently caning those who do not respect the restrictions. Violators have also been publicly shamed in India by being forced to do squats, push-ups, crawl or roll around the streets.

    In South Africa numerous videos have emerged that appear to depict police officers and soldiers kicking, slapping, whipping and even shooting lockdown violators. On the first day of South Africa’s lockdown, police fired rubber bullets at News24 journalist Azarrah Karrim, despite her shouting ‘I’m media’, when she was covering the dispersal of people by security forces in Johannesburg.

    In Kenya, police in various locations were also recorded caning people who defied the curfew. Videos and photos also featured the police lobbing teargas canisters and clubbing people with batons in the city of Mombasa to clear the streets in advance of the curfew.

    Surveillance and violations of the right to privacy

    There have been numerous examples of states increasing intrusive surveillance measures. Any surveillance measures and restrictions on the rights to privacy introduced in response to the pandemic should be provided for by law and be necessary, proportionate, timebound and implemented with transparency and adequate oversight; they must be the least intrusive available to achieve the desired result. The reality has not lived up to these standards.

    China's authorities are notorious for using technology for surveillance, unconstrained by privacy legislation. Its universal street camera system, first deployed for the 2008 Beijing Olympics, has been expanded all over the country's main metropolitan areas and has been recently upgraded with facial recognition capabilities. The authorities have been using this system to catch, shame and fine citizens going outside without face masks and to identify and quarantine individuals who show symptoms.

    The move by the authorities in Israel to permit the security service to use mobile phone data of infected people has also raised privacy concerns. This system is apparently already operational, with 400 people having received text messages warning them of potential contact with infected people.

    On 31 March, Armenia's parliament passed amendments to broad surveillance powers to enable the use of mobile phone data for tracking COVID-19 cases. The amendments impose restrictions on the right to privacy and allow the authorities to access confidential medical information related to people exposed to the virus. In Fiji, civil society raised privacy concerns after the Ministry of Health disseminated private information that listed the names and addresses of passengers who were on the same flight as the country’s first confirmed COVID-19 patient. The list of 82 names included residential addresses.

    Overly broad emergency laws and new restrictive legislation

    International civil society has documented a number of countries that have declared a state of emergency or passed emergency laws or regulations to combat the virus that grant the state overly broad powers and endanger civic freedoms. International human rights law is clear that any measures introduced must be subject to sufficient oversight by both the legislature and the courts, should not be discriminatory and must be time bound.

    Among the emblematic cases highlighted by CIVICUS partners is Hungary. Its new law (Bill on Protection against the Coronavirus or Bill T/9790), adopted on 30 March, extends the government’s power to rule by decree by absolving it from parliamentary scrutiny and does so without providing a clear cut-off date. The new law also amends the Criminal Code concerning the crime of ‘imparting or conveying false information’: anyone who publicises false or distorted facts that interfere with the ‘successful protection’ of the public or might alarm or agitate the public could be punished by up to five years in prison.

    The government of Cambodia has drafted a state of emergency bill, containing many overly broad and vague provisions, which would empower Prime Minister Hun Sen to override fundamental human rights protections. This includes unlimited surveillance of telecommunications, control of the media and social media and complete authority to restrict the freedoms of movement and assembly. Articles 1 and 4 of the bill would allow the law to be used even after the crisis ends.

    Some states have also used the crisis to quietly pass restrictive legislation without adequate scrutiny. For example, amid the chaos of the pandemic in the USA, at least three states have passed  laws imposing new criminal penalties on protests against fossil fuel infrastructure.

    Recommendations to governments

    Given the concerns outlined above, it is clear that governments need to do more to respect civic freedoms when responding to the COVID-19 pandemic. Governments should implement the following recommendations to ensure that fundamental freedoms do not become another casualty of the virus:

    • Safeguard the freedom of expression in all forms while addressing the pandemic and refrain from censoring social and conventional media. Any restrictions should be pursuant to an order by an independent and impartial judicial authority, and in accordance with due process and standards of legality, necessity and legitimacy, in line with international law and standards.
    • Maintain reliable and unfettered access to the internet and cease internet shutdowns that prevent people from obtaining essential information and services during the crisis.
    • Address violations against human rights defenders and journalists during the pandemic, and ensure that those who commit violations are independently and promptly investigated and the perpetrators are brought to justice.
    • Respect and protect media freedom, as guaranteed under international human rights law, during the pandemic.
    • Replace approaches to misinformation on the pandemic that rely on censorship and criminal sanctions with those emphasising transparency and media freedom.
    • Ensure that surveillance measures adopted to address the pandemic are lawful, necessary and proportionate. As part of this, ensure that any expanded monitoring and surveillance powers are timebound, and only continue for as long as necessary to address the current crisis.
    • Ensure that increased collection, retention and aggregation of personal data, including health data, is only used for the purposes of responding to the pandemic.
    • Ensure that law enforcement officials respect the law and avoid abusive conduct while enforcing lockdowns and curfews, and investigate those suspected of such abuses and bring the perpetrators to justice.
    • Guarantee that any new emergency laws and decrees deployed to combat the pandemic do not in any circumstances restrict certain fundamental rights, including the right to life, prohibition of torture or other cruel, inhuman, or degrading punishment, recognition before the law and the presumption of innocence. Make sure that any such laws or decrees are not discriminatory in any way, including on the grounds of race, ethnicity, sex, sexual identity, language, religion and social origin, and are timebound and subject to sufficient oversight by both the legislature and courts. 

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